Le Conseil d’État valide le plan de sauvegarde de l’emploi d’Auchan malgré l’opposition syndicale
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Le Conseil d’État a annulé deux décisions judiciaires qui invalidait le plan de sauvegarde de l’emploi d’Auchan prévoyant près de 2400 suppressions de postes, confirmant sa légalité au regard du code du travail et de la loi El Khomri, malgré l’opposition de la CGT et FO qui dénoncent une justice favorable aux Mulliez.
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Why It Matters
Le plan de sauvegarde de l’emploi d’Auchan, annoncé fin 2024, prévoyait près de 2400 suppressions de postes et avait été invalidé successivement par le tribunal administratif de Lille puis confirmé en appel par la cour administrative d’appel de Douai, avant que Auchan ne se pourvoie en cassation devant le Conseil d’État.
Le Conseil d’État a annulé vendredi deux décisions qui invalidaient le plan de sauvegarde de l’emploi géant annoncé fin 2024 par le distributeur Auchan, confirmant la légalité de ce PSE contestée par la CGT et FO, selon sa décision consultée par l’AFP, évoquée auparavant par le magazine LSA. En janvier, la cour administrative d’appel de Douai (Nord) avait confirmé l’invalidation de ce PSE prévoyant près de 2400 suppressions de postes, décidée quelques mois plus tôt par le tribunal administratif de Lille. Auchan s’était ensuite pourvu devant le Conseil d’État.
Le tribunal lillois avait notamment estimé que le PSE «aurait dû être signé par les représentants syndicaux de chacune des cinq composantes du groupe» Auchan Retail France, groupe de la famille Mulliez. Comme en appel, ce point a été écarté par la plus haute juridiction administrative française, qui invoque le code du travail et la loi El Khomri de 2016, selon lesquels les accords conclus au niveau d’une entreprise peuvent l’être au niveau du groupe.
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Un autre motif, cette fois retenu en appel, concernait la procédure d’information et consultation. À cette occasion, Auchan Retail France a fourni aux CSE (comités économiques et sociaux) des huit sociétés concernées par le PSE les chiffres à l’échelle de la société Suraumarché, qui contrôle ces huit entreprises. Suraumarché étant détenue en quasi-totalité par Acanthe, Valorest et Cimofat, trois des principales sociétés de la galaxie Mulliez, la cour d’appel de Douai a reproché à Auchan de ne pas avoir fourni aux CSE les données relatives à ces trois holdings. Mais ces sociétés ne relèvent pas du même champ d’activité (la distribution) qu’Auchan, a fait valoir le Conseil d’État, pointant «une erreur de droit» de la part de la cour d’appel.
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«Précarité à perpétuité»
Réagissant dans un communiqué, Auchan Retail a salué une décision qui «confirme la validité de la procédure engagée dans le cadre du PSE», rappelant qu’il avait fait l’objet «d’un accord collectif signé majoritairement par les organisations syndicales représentatives». «Pour 2090 emplois supprimés par le projet de réorganisation, 1415 collaborateurs ont aujourd’hui trouvé une solution» (reclassement interne, préretraite, emploi, reconversion, création d’entreprise), a-t-il ajouté. À l’inverse, la CGT Commerce et services a dénoncé «une justice à double vitesse», accusant le Conseil d’État d’être «sous la coupe des Mulliez» en infligeant «une double peine aux travailleurs de l’enseigne : licenciements et précarité à perpétuité».
Une invalidation définitive du PSE aurait ouvert a minima la voie à des indemnisations supplémentaires devant les prud’hommes pour les salariés qui les saisiraient. «Le plan de sauvegarde de l’emploi aujourd’hui fonctionne», a assuré à l’AFP Gilles Martin, délégué syndical CFDT Auchan, organisation signataire de l’accord collectif et qui ne s’est pas jointe à l’action en justice initiée par la CGT. «Tout ce qui a été négocié notamment par la CFDT sert à alimenter les salariés qui ont été victimes de ce plan de sauvegarde de l’emploi et surtout de sa suppression de postes» a-t-il fait valoir.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
La CGT et FO pourraient saisir les prud’hommes pour obtenir des indemnités supplémentaires pour les salariés licenciés malgré la validation du PSE.
Possible · Within months
Open Questions
- Quel sera l’impact réel du PSE sur l’emploi chez Auchan à moyen terme ?
- Les syndicats vont-ils poursuivre la lutte via d’autres voies légales ?
- Cette décision va-t-elle influencer d’autres PSE dans la grande distribution ?






