Le douloureux périple des familles colombiennes en Ukraine pour retrouver leurs proches soldats
Plus de 7 000 volontaires colombiens se sont enrôlés dans l'armée ukrainienne, laissant leurs familles face au deuil et à un parcours difficile pour obtenir des indemnisations.
Quick Look
- Des milliers de volontaires colombiens combattent en Ukraine, attirés par des salaires élevés.
- Leurs familles, comme Carmenza Guerrero et Luz, font face à un douloureux périple à Kiev pour retrouver les corps de leurs proches tombés au combat et réclamer les indemnisations promises, souvent après des mois d'incertitude et de démarches éprouvantes.
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Why It Matters
Plus de 7 000 volontaires colombiens se sont enrôlés dans l'armée ukrainienne depuis l'invasion russe en 2022, souvent attirés par des promesses de salaires élevés pour aider leurs familles restées au pays.
Il n'est pas rare d'entendre parler espagnol sur le front ukrainien. Les Colombiens forment aujourd'hui le principal contingent de volontaires étrangers engagés aux côtés de l'armée ukrainienne. Ils seraient plus de 7 000 à s'être enrôlés depuis l'invasion russe à grande échelle en 2022, souvent attirés par des promesses de salaires élevés pour aider leurs familles restées au pays. Ces familles se retrouvent toutefois rattrapées par la guerre et le deuil lorsqu'elles apprennent la mort de leur proche. Un douloureux périple jusqu'en Ukraine s'ensuit pour les mères et les épouses, nourri par l'espoir d'y retrouver au moins un corps et ouvrant le droit à des indemnisations.
A Kiev, dans le mémorial des héros de la place Maïdan, au bord de l'océan jaune et bleu de drapeaux ukrainiens, se niche un espace dédié aux volontaires colombiens. Avant son retour en Colombie, Carmenza Guerrero s'agenouille une dernière fois devant le portrait de son fils de 26 ans, Efrain, aux traits encore juvéniles. La maman est inconsolable à l'idée de ce retour au pays, seule : "Ne pas rentrer avec lui, ça me déchire l'âme. Savoir que je dois partir sans rien pouvoir emporter de mon fils. Mon souhait le plus cher c'était de pouvoir l'emmener avec moi pour lui offrir une sépulture digne."
"C'est dur, ma petite maman. Je regrette d'être venu ici, ma petite maman, c'est ce qu’il m’a dit."
Carmenza Guerrero, mère d'Efrain, soldat colombien mort sur le front ukrainien
Carmenza a pourtant enchaîné les rendez-vous éprouvants auprès des autorités militaires dans la capitale ukrainienne. Un peu plus de huit mois se sont écoulés depuis la disparition de son fils sans que personne ne puisse lui apporter de réponse. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'il fallait qu'elle "attende, parce qu'ils devaient d'abord faire l'enquête pour voir à quel endroit il était tombé. Soi-disant, ils me disaient qu'il était à Zaporijjia", déplore la maman en sanglots. "Ensuite, ils m'ont dit qu'il était à Pokrovsk, puis qu'ils l'avaient déjà dans des congélateurs", poursuit-elle.
Cette infirmière à Bucaramanga s'est endettée à hauteur de 4 000 euros pour financer un périple en Ukraine, dont elle repart le cœur lesté d'amertume. Carmenza oscille entre chagrin et ressentiment, surtout lorsqu'elle se remémore la dernière fois qu'elle a pu lui parler, "c'était le 25 octobre, il avait froid. De la chair à canon, c'est pour ça qu'il est venu en Ukraine, de la chair à canon."
"Ce n'est pas juste"
Cette impression de sacrifice inutile est également partagée par Luz, arrivée d'un village du sud de la Colombie, exténuée. Sur le front ukrainien, elle a perdu le père de ses trois enfants, Juan Andrès. "Après un entraînement d'à peine 15 jours, il a été envoyé pour sa première mission. Alors qu'il pensait qu'il recevrait une formation de trois mois. Ce n'est pas juste."
À Kiev, tout l'intimide. Pourtant, elle doit prendre son courage à deux mains pour faire reconnaître la mort de son époux, toujours disparu, afin de réclamer les indemnités promises à sa famille. "C'est pour les enfants" qu'elle est ici, "afin d'honorer une promesse de leur père", rappelle-t-elle. Au moment de ses adieux, ce dernier lui glisse qu'elle va "devoir venir ici en Ukraine, 'il ne faut pas perdre ce qu'ils doivent me donner, c'est pour les enfants, c'est pour eux que je donne la vie'". Comme Carmenza et Luz, chaque mois, une dizaine de familles colombiennes font le voyage jusqu'à Kiev.
Open Questions
- Combien de volontaires colombiens sont morts en Ukraine ?
- Quels sont les délais moyens pour l'identification des corps ?
- Quelles sont les procédures exactes pour les indemnisations ?




