Le PIB recule de 0,1 % au troisième trimestre 2026 en France, le ministre de l'Economie plaide pour "redonner confiance" en adoptant un budget
Alors que les manifestations contre la vie chère se multiplient, l'Insee annonce un recul du PIB de 0,1 % au troisième trimestre. Le gouvernement et les institutions révisent leurs attentes.
Quick Look
- Le PIB de la France a reculé de 0,1 % au troisième trimestre, selon l'Insee, compliqué par la contraction des exportations et de la production.
- La consommation des ménages progresse légèrement, mais l'économie reste à l'arrêt.
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Why It Matters
Le PIB français avait stagné au deuxième trimestre et reculé de 0,2 % au premier.
Alors que les manifestations contre la vie chère se multiplient depuis mi-octobre, le produit intérieur brut (PIB) de la France a reculé de 0,1% au troisième trimestre, après avoir stagné au deuxième trimestre et reculé de 0,2% au premier, annonce vendredi 30 octobre l'Institut national de la statistique (Insee).
Au total, "l'acquis de croissance" à la fin du troisième trimestre, c'est-à-dire ce que serait la croissance sur l'année si le PIB restait stable au quatrième trimestre, est de 0,2%. De quoi compliquer les 0,5% toujours pronostiqués par le gouvernement, et même les 0,4% anticipés par l'Institut national de la statistique lui-même et la Banque de France.
"En 2026, l'économie française est à l'arrêt sous la conjonction inédite de chocs externes et internes", a déploré vendredi sur franceinfo Roland Lescure, ministre de l'Economie et des Finances.
"Cela fait trois trimestres que la croissance n'est pas au rendez-vous", a souligné le ministre. Pour le ministre de l'Economie, ces performances décevantes sont liées "à la baisse de la production agricole à cause de la canicule et à la baisse de la production énergétique".
"Il faut que [la croissance] redémarre", a lancé Roland Lescure, selon qui "il faut redonner confiance et pour cela, avoir un budget est essentiel".
Le recul de l'activité s'explique principalement par une forte contraction des exportations – après une baisse de 1,7% malgré une hausse de 2,8% au deuxième trimestre –, en particulier dans les matériels de transport – avec une baisse de 9,1% en dépit de la hausse de 20,8% au deuxième trimestre –, notamment l'aéronautique.
Les importations sont pour leur part restées quasiment stables, avec une humble hausse de 0,1%, le tout se traduisant par une contribution négative de 0,6 point du commerce extérieur à la croissance du troisième trimestre.
La consommation des ménages progresse sur le trimestre à hauteur de 0,4% après une hausse de 0,2% au printemps, portée notamment par les achats de véhicules électriques, le rebond des dépenses d'énergie et la hausse de la consommation de services, en particulier dans l'hébergement-restauration et les loisirs.
La consommation des administrations publiques augmente également de 0,3%.
A l'inverse, l'investissement recule encore, marqué par une baisse de 0,6, en particulier du fait d'une baisse de l'investissement en construction (-0,5%), tandis que l'investissement en produits manufacturés chute de 1,9%, particulièrement l'investissement en matériels de transport.
Au total, la demande intérieure contribue à l'évolution du PIB pour +0,1 point au troisième trimestre.
Du côté de l'offre, la production manufacturière se contracte de 1,4%, avec une baisse marquée dans les matériels de transport (-3,5%) et l'agroalimentaire (-1,5%).
La construction recule également (-0,4%). Les services marchands continuent en revanche de progresser (+0,3%), grâce en particulier à l'information-communication, aux services aux ménages et aux services de transport.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Croissance annuelle potentiellement limitée à 0,2 %
Likely · Within months
Open Questions
- Quel sera l'impact exact des manifestations sur le quatrième trimestre ?
- Le gouvernement parviendra-t-il à maintenir un budget pour 2026 ?







