Selon Axios, Ryad a sollicité une intervention militaire directe américaine face à l'avancée des rebelles houthis au Yémen, une demande refusée par Washington.
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Après des années d'accalmie, le Yémen a replongé dans la guerre en juillet, entraîné dans le conflit régional déclenché fin février.
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a demandé jeudi au président américain Donald Trump d'ordonner des frappes contre les rebelles houthis au Yémen, alors que ces derniers progressaient vers le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, selon Axios qui cite des responsables américains.
Selon ce média américain, Donald Trump a refusé cette demande, formulée à deux reprises, tout en maintenant le soutien de Washington à l'Arabie saoudite sous forme de renseignement. Ces sollicitations saoudiennes, rapportées par Axios, marquent un changement de position de Ryad, qui affirmait en juillet pouvoir faire face seul aux Houthis malgré l'escalade du conflit.
Quelque 200 militaires américains sont déjà déployés en Arabie saoudite
D'après Axios, le prince héritier a téléphoné une première fois à Donald Trump jeudi pour l'informer de la détérioration rapide de la situation militaire au Yémen, alors que les forces houthies avançaient vers la ville côtière de Mokha et que les troupes yéménites soutenues par l'Arabie saoudite reculaient. Quelques heures plus tard, il aurait rappelé le président américain pour l'exhorter à lancer des frappes américaines contre le mouvement soutenu par l'Iran.
Un responsable américain cité par Axios a indiqué que l'administration Trump fournirait à Ryad des renseignements sur les Houthis ainsi que des données de ciblage, mais n'envisageait pas à ce stade d'intervention militaire directe. Quelque 200 militaires américains sont déjà déployés en Arabie saoudite pour fournir un soutien non combattant (logistique, renseignement...), selon cette même source, citée par Axios.
Les prix du pétrole ont bondi jeudi après que les Houthis ont pris le contrôle de Mokha, se rapprochant davantage du détroit de Bab el-Mandeb, par lequel transite une part importante du commerce maritime mondial et des exportations pétrolières saoudiennes. Selon Axios, Washington cherche à éviter l'ouverture d'un nouveau front militaire alors que les forces américaines restent concentrées sur l'Iran et sur la sécurité du détroit d'Ormuz.
Des dizaines de frappes depuis mercredi
Le chef du Commandement central américain (Centcom), Brad Cooper, s'est rendu jeudi en Arabie saoudite pour des réunions de coordination urgentes, toujours selon Axios. Un haut responsable de l'administration Trump a déclaré à Axios que les États-Unis restaient concentrés sur la protection de leurs intérêts fondamentaux, notamment la liberté de navigation en mer Rouge, laissant leurs partenaires régionaux jouer le premier rôle dans la gestion des défis sécuritaires de la région.
Après des années d'accalmie, le Yémen a replongé dans la guerre en juillet, entraîné dans le conflit régional déclenché fin février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran. Les Houthis, des combattants yéménites pro-iraniens, avaient annoncé dans la foulée un blocus maritime de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, pour qui le détroit de Bab el-Mandeb est devenu une voie de contournement vitale depuis le verrouillage du détroit d'Ormuz.
Pour repousser la nouvelle offensive houthie, l'Arabie saoudite, pays frontalier allié du gouvernement yéménite, a mené des dizaines de frappes depuis mercredi. Les affrontements au Yémen depuis la semaine dernière ont fait des centaines de morts dans les deux camps, principalement des combattants, et jeté sur les routes près de 20.000 personnes, selon l'Organisation internationale pour les migrations. Les Houthis ont également lancé une vaste attaque cette semaine contre l'Arabie saoudite, tirant mercredi plusieurs missiles balistiques et drones vers des villes du sud du pays voisin.
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Fourniture continue de renseignements américains à l'Arabie saoudite
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