Le prix Nobel de littérature 2026 décerné à la Canadienne Anne Carson
L'Académie suédoise récompense l'auteure canadienne pour son œuvre hybride et ses explorations de la Grèce antique.
Quick Look
- L'Académie suédoise a attribué le prix Nobel de littérature 2026 à la poétesse canadienne Anne Carson.
- Doté de 12 millions de couronnes suédoises, ce prix distingue une œuvre kaléidoscopique mêlant poésie, philosophie et références à la Grèce antique.
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Why It Matters
Le prix Nobel de littérature est la plus haute distinction littéraire mondiale, dotée de 12 millions de couronnes suédoises. Anne Carson devient la deuxième Canadienne à recevoir ce prix après Alice Munro en 2013.
Le prix Nobel de littérature 2026 est décerné à la poétesse canadienne Anne Carson, a annoncé l’Académie suédoise ce jeudi, à 13 heures, heure française. Réunie à Stockholm, elle a désigné son 119e lauréat. C’est de la plus grande récompense littéraire au monde, et la plus dotée avec 12 millions de couronnes suédoises, soit plus d’un million d’euros. C’est la deuxième Canadienne récompensée par le Nobel. En 2013, c’était la nouvelliste Alice Munro qui avait eu les honneurs de l’Académie suédoise.
Anne Carson est née au Canada, en 1950. Elle a enseigné le grec ancien, discipline dont on trouve trace dans son œuvre. Elle est peu traduite en France, en rapport à sa production littéraire. Heureux hasard pour la petite maison Arche éditeur qui publie, le 6 novembre, le prochain essai du Nobel 2026: Éros doux-amer, présenté comme «une exploration philosophico-poétique du désir convoquant la littérature de la Grèce antique ainsi que Les vagues de Virginia Woolf.» Il est traduit de l’anglais (Canada) par Vanasay Khamphommala.
Arche éditeur a également publié l’an passé son dernier recueil de poésie, Les Hommes à leurs heures perdues, l’an passé. La traduction est cette fois signée par Fabienne Durand-Bogaert. Un texte qui entremêle des commentaires de Sapho, de Catulle ou d’Emily Dickinson, des visions, des épitaphes, ainsi que des réécritures contemporaines en tout genre, une œuvre kaléidoscopique et hybride dans laquelle l’auteure fait se croiser des figures telles que Catherine Deneuve, Sigmund Freud ou Jean-Luc Godard.
Margaret Atwood, l’oubliée de l’Académie suédoise
Le jury de l’Académie suédoise a l’art de surprendre. Nombre d’experts ne comprennent pas que s’il fallait choisir un écrivain femme et canadienne pourquoi n’avoir pas désigné la grande légende Margaret Atwood dont l’œuvre magistrale a traversé toute la planète, avec, notamment La Servante écarlate.
En 2025, le prix était revenu à Laszlo Krasznahorkai. Le Hongrois a écrit de nombreuses nouvelles et certains de ses livres sont adaptés au cinéma. En 2006, une de ces œuvres majeures (publiée en 1989 en Hongrie) est traduite en français et intitulée La Mélancolie de la résistance. Plusieurs de ses livres sont traduits en français : Guerre et guerre (1999) ; Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par les chemins, à l’est par un cours d’eau (2003) ; Seiobo est descendue sur terre (2008) ; Le dernier loup (2009) ; Le baron Wenckheim est de retour (2016) et enfin Petits travaux pour un palais (2018).
Bien qu’aucun critère autre que la qualité littéraire n’entre officiellement en compte dans le choix du Nobel, l’Académie a pris soin, ces dernières années, de couronner des femmes, des représentants de pays ou de continents pas ou peu distingués, des auteurs en langues autres que celles issues de l’Europe. Depuis sa création, le Nobel de littérature est dominé par les hommes et les lettres occidentales. Parmi les 121 lauréats désignés jusqu’à présent, seules 18 femmes ont obtenu le prix, dont la moitié depuis l’an 2000. Les écrivains de langue anglaise, française, allemande et espagnole ont cumulé les trois quarts des prix et le monde occidental une centaine de Nobel de littérature.
Open Questions
- Quelles seront les prochaines traductions de l'œuvre d'Anne Carson en France ?





