Législatives en Espagne : Après le tragique accident de train d’Urda, Pedro Sánchez obligé de « repartir de zéro »
Affaibli par la catastrophe ferroviaire d'Urda et les enquêtes touchant ses proches, le Premier ministre Pedro Sánchez aborde les élections du 29 novembre en position délicate.
Quick Look
- En Espagne, le Premier ministre Pedro Sánchez affronte une situation politique critique à l'approche des élections du 29 novembre.
- L'accident ferroviaire d'Urda et les affaires judiridiaires pesant sur ses proches font chuter le PSOE dans les sondages.
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Why It Matters
Pedro Sánchez, au pouvoir depuis 2018, avait réussi à se maintenir en 2023 malgré un scrutin difficile. De nouvelles élections générales sont prévues le 29 novembre.
Juillet 2023. Le PSOE, parti socialiste ouvrier de Pedro Sánchez, arrive en deuxième position des élections législatives anticipées en Espagne. Le Premier ministre, en place depuis 2018, est donné largement perdant, mais il est encore en vie. Mieux, il sera reconduit pour un nouveau mandat, le Parti Populaire (PP), formation d’opposition à droite, échouant à obtenir la majorité absolue au Parlement. La réputation de « phénix » est faite pour le quinquagénaire madrilène.
« Il excelle tout particulièrement durant les campagnes électorales, reconnait Jorge Resina, professeur de sciences politiques au sein de l’Universidad Complutense de Madrid et spécialiste de la gauche espagnole, rencontré par 20 Minutes. Il semble se transcender, prendre une nouvelle dimension. » Mais trois ans plus tard, le miracle peut-il avoir encore lieu ?
Alors que de nouvelles élections générales doivent avoir lieu le 29 novembre, Pedro Sánchez apparait en fâcheuse posture. Après une mandature difficile sans majorité parlementaire suffisante, l’homme d’État doit faire face aux conséquences du tragique accident de train d’Urda de la semaine passée, qui a fait 69 morts et plongé l’Espagne dans le deuil et la colère. « Il y a un avant et un après l’accident », analyse le professeur. Selon la moyenne des sondages publiée dans El Periódico, le PSOE était crédité de 28,2 % des intentions de vote avant l’accident. Depuis, ils sont tombés à 25,2 %. En face, le PP d’Alberto Núñez Feijóo pourrait obtenir 32,2 % des voix, gouvernant avec Vox, formation d’extrême droite autour des 20 %.
Des figures manquantes
L’accident ferroviaire mortel, le deuxième en moins d’un an sur la ligne historique Madrid-Séville, pèse sur le gouvernement socialiste. Mardi, le ministre des Transports, Óscar Puente, proche de Pedro Sánchez et figure du PSOE, a fini par démissionner, acculé par les critiques. Un coup dur pour le parti, qui perd l’un de ses visages. « Il était appelé à jouer un rôle très en vue durant la campagne mais il est devenu inutilisable, souligne Jorge Resina, auteur du livre La gauche après la gauche, d’où, à qui et comment parler (Ed. Comares, 2026). Il ne peut même plus apparaître lors d’un meeting car il ne constitue plus un atout, mais un handicap ».
D’autres incarnations vont manquer comme José Luis Rodríguez Zapatero, ancien président du parti et chef du gouvernement, acteur clé de la remontada de 2023. Il fait aujourd’hui l’objet d’une enquête pour trafic d’influence et corruption, comme d’autres proches du Premier ministre espagnol : José Luis Ábalos, son ex-bras droit, Koldo García, son ancien conseiller, Begoña Gómez, son épouse ou encore David Sánchez, son frère. « D’autres figures ayant siégé au gouvernement, qui ont depuis quitté l’exécutif ou ont été battues lors d’élections régionales, ne peuvent pas non plus être mises en avant », rappelle le chercheur. À l’image de María Jesús Montero, défaite en Andalousie.
« Repartir de zéro »
Pour Pedro Sánchez, il s’agit donc de « repartir de zéro », expose Jorge Resina. « Avant l’accident, la stratégie politique du PSOE consistait à multiplier les apparitions dans des émissions et des podcasts, en s’imposant tout particulièrement dans ce qu’on pourrait appeler le " politainment ", la fusion entre politique et divertissement », décrypte-t-il. Le ton de la campagne était optimiste, joyeux, vantant le progressisme face au conservatisme et à l’austérité d’une possible coalition du gouvernement de droite et d’extrême droite. « Tout s’effondre car, évidemment, on ne peut plus se rendre sur un plateau pour plaisanter ou danser ; on ne peut pas non plus adopter un discours ou une attitude trop optimistes, alors que l’on se retrouve en état de deuil », poursuit le professeur.
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Élections générales en Espagne le 29 novembre
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