Lena Metlege Diab : « Le Canada a fait le choix de reprendre le contrôle de son système d’immigration afin d’en rétablir l’équilibre et la durabilité »
La ministre détaille les nouvelles orientations migratoires du Canada pour 2026-2028 et l'accent mis sur l'intégration durable.
Quick Look
- Lena Metlege Diab, ministre de l'Immigration du Canada, explique les objectifs du Plan des niveaux d'immigration 2026-2028.
- Elle souligne la volonté de stabiliser les flux migratoires, de répondre aux besoins économiques et de soutenir l'immigration francophone.
AI-generated summary
Why It Matters
Le Canada a mis en place le Plan des niveaux d'immigration 2026-2028 pour mieux gérer les volumes d'arrivées. Cette stratégie vise à stabiliser la population de résidents permanents et non permanents.
Originaire de Halifax, Lena Metlege Diab a d’abord siégé à l’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse avant d’intégrer la Chambre des communes du Canada. C’est en mai 2025 qu’elle est nommée la ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada.
Cet article est extrait du Figaro hors-série « Vivre au Canada - D’est en ouest, les nouveautés pour s’installer ».
LE FIGARO. - Pouvez-vous, en quelques mots, expliquer aux Français le rôle du ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté canadienne ?
Lena METLEGE DIAB. - Chaque année, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) accompagne des millions de personnes souhaitant venir au Canada à titre temporaire ou permanent, s’y établir durablement ou obtenir la citoyenneté canadienne. Le ministère est également responsable des services de passeport et de la délivrance des documents de voyage essentiels. Notre rôle consiste à faciliter l’admission légitime de visiteurs, d’immigrants économiques, de membres de la famille parrainés et de personnes en quête de protection, tout en veillant à la sécurité, à la santé publique et à l’intégrité du système.
Un axe majeur de notre action est aussi de favoriser la réussite de l’intégration des nouveaux arrivants dans la société et l’économie canadiennes, en étroite collaboration avec les provinces, les territoires et de nombreux partenaires communautaires.
Comment abordez-vous votre mission ?
Au cours des dernières années, IRCC a été confronté à une augmentation importante des volumes de demandes, liée notamment à l’intérêt croissant pour le Canada et à la hausse du nombre de résidents permanents admissibles à la citoyenneté. Dans ce contexte, j’aborde ma mission avec un souci constant d’équilibre entre efficacité, rigueur et équité. Nous travaillons de manière proactive avec les différents intervenants afin de gérer ces demandes de façon responsable, tout en veillant à offrir aux nouveaux arrivants les meilleures conditions possibles pour réussir leur parcours d’établissement et contribuer pleinement à la société canadienne.
En France, la principale crainte est de ne plus être accepté au Canada, en tant qu’étudiant, travailleur ou entrepreneur. Que répondez-vous à ces doutes ?
Le gouvernement du Canada demeure ouvert à l’immigration, tout en accordant la priorité à un retour à des niveaux durables et bien gérés, conformément au Plan des niveaux d’immigration 2026-2028. Ce dernier précise clairement le nombre de nouveaux arrivants que le Canada prévoit d’accueillir chaque année, en fonction de la capacité. Toute personne admissible peut présenter une demande de résidence temporaire ou permanente, et plusieurs voies s’offrent aux candidats selon leur profil.
Les règles sont appliquées de manière équitable et transparente : chaque demande est évaluée individuellement par des agents, selon les critères prévus par la loi, indépendamment du pays d’origine. Par ailleurs, le plan prévoit des objectifs précis et progressifs pour l’immigration francophone hors Québec, afin de soutenir la vitalité des communautés francophones en situation minoritaire, tout en respectant les responsabilités propres du Québec en vertu de l’Accord Canada-Québec.
Quels sont les principaux changements cette année en termes d’immigration ?
Le Canada a fait le choix de reprendre le contrôle de son système d’immigration afin d’en rétablir l’équilibre et la durabilité. Dans le cadre du Plan des niveaux d’immigration 2026-2028, les admissions de résidents permanents resteront inférieures à 1 % de la population après 2027. Parallèlement, le gouvernement vise à réduire une proportion de résidents non permanents à moins de 5 % de la population d’ici la fin de 2027, afin de mieux aligner l’immigration sur la capacité d’accueil et les besoins à long terme du pays.
Quels sont les objectifs de cette politique ?
L’objectif principal est de concentrer l’immigration là où elle produit les retombées les plus positives : combler les pénuries de main-d’œuvre, renforcer les secteurs clés de l’économie et soutenir les collectivités partout au Canada. Cette approche équilibrée permet à la fois de soutenir la main-d’œuvre canadienne existante et d’attirer des talents possédant les compétences nécessaires à la croissance économique, tout en poursuivant les engagements humanitaires et la préservation de l’identité canadienne.
Comment la politique migratoire du Canada évoluera-t-elle dans les prochaines années ?
La politique migratoire du Canada évoluera vers une approche plus ciblée et stratégique. La Stratégie d’attraction des talents internationaux, annoncée dans le Budget de 2025, vise à attirer des travailleurs hautement qualifiés dans des secteurs prioritaires tels que l’intelligence artificielle, l’énergie, la fabrication de pointe, les soins de santé et la construction. Ces orientations répondent à des pénuries de main-d’œuvre bien identifiées, qui ont un impact concret sur la croissance économique et la productivité. L’immigration continuera ainsi de jouer un rôle complémentaire essentiel pour renforcer la main-d’œuvre canadienne.
Que dites-vous à ceux qui hésitent à franchir le pas ?
Le Canada reconnaît pleinement les contributions économiques, sociales et culturelles des nouveaux arrivants. Les organismes offrant des services d’établissement et de réinstallation jouent un rôle central pour accompagner les résidents permanents dès leur arrivée. Le gouvernement investit massivement dans ces services afin d’aider les immigrants à trouver un emploi, à s’intégrer dans leurs communautés et à bâtir une réussite durable, notamment dans les communautés francophones et les régions rurales. Investir dans l’établissement des nouveaux arrivants, c’est investir dans la prospérité et la cohésion sociale du Canada à long terme.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Réduction de la proportion de résidents non permanents à moins de 5% d'ici fin 2027.
Likely · Within years
Open Questions
- Quels seront les critères spécifiques pour les secteurs prioritaires ?




