
Enquête sur les pratiques des courtiers en complémentaire santé et l'opacité des contrats pour les assurés.
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Les cotisations de complémentaire santé augmentent et les contrats sont difficiles à comprendre pour les assurés. Les comparateurs en ligne revendent les numéros de téléphone à des courtiers qui perçoivent des commissions sur les contrats vendus.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Georges, 78 ans, paie sa complémentaire santé 195 euros chaque mois. En dix ans, sa cotisation a doublé pour le même niveau de garantie. Comme beaucoup d'entre nous, lorsqu'il a un besoin de santé, il a du mal à comprendre ce que sa mutuelle va lui rembourser. Il admet ne pas savoir lire son tableau de garanties. "Des pages comme ça, on ne les lit jamais", assure-t-il.
Les contrats illisibles et les prix qui s'affolent poussent les Français à vouloir changer de mutuelle. Pour y voir plus clair, ils font de plus en plus souvent appel à des comparateurs en ligne. Leurs noms ? Assurland, LesFurets, Meilleurtaux ou encore HyperAssur. Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que lorsque vous inscrivez votre numéro de téléphone sur ces sites, il est revendu à des courtiers, des intermédiaires qui travaillent pour le compte des complémentaires santé. Ils sont censés vous conseiller pour choisir le contrat qui correspond le mieux à vos besoins. Mais ce service, sans le savoir, vous le payez très cher dans votre cotisation chaque mois.
"On a un devoir de conseil, mais parfois, la rentabilité était plus importante"
Jérémy a travaillé pour un cabinet de courtage spécialisé en santé. Il a accepté de témoigner des pratiques en cours dans ce secteur, de façon anonyme. "On recevait des fiches clients qui arrivaient de comparateurs. Le but, c'était d'appeler le plus de clients, d'appeler tout le temps. Il y a des chiffres à faire, on avait une pression très importante", explique-t-il.
D'après Jérémy, 80% de ses clients étaient des seniors, ceux qui paient le plus cher leur complémentaire santé. "Les seniors nous croient sur parole, donc on leur propose des contrats qui potentiellement ne sont pas utiles pour leurs besoins. Mais derrière, nous, on sait qu'on aura l'objectif de rempli. On a un devoir de conseil, on doit éviter tout ce qui est abus de faiblesse ou autre, mais parfois la rentabilité était plus importante", admet Jérémy.
Des commissions à 9% des cotisations en moyenne dans un contrat individuel
Un courtier n'est donc pas la garantie d'avoir de bons conseils. Mais quelles conséquences cela a-t-il vraiment sur le prix de notre cotisation ? Après plusieurs refus de la part de différents cabinets de courtiers, l'équipe de "Cash Investigation" se fait passer pour l'un d'entre eux et se rend au Salon du courtage, équipée d'une caméra cachée. Nous découvrons que la plupart des courtiers se rémunèrent grâce à des commissions qui peuvent faire flamber le tarif des contrats. Il y a, par exemple, la commission linéaire : "Au départ, c'est du linéaire, donc c'est 15, 18 ou 20%", nous indique-t-on.
Prenons cet exemple d'un courtier avec une commission à 15%. S'il arrive à vendre un contrat à 100 euros par mois hors taxes, il touchera 15 euros de commission chaque mois, durant toute la durée du contrat de l'assuré. "Ce commissionnement de 15% s'ajoute-t-il à la cotisation de l'assuré ?", demande "Cash Investigation", en caméra cachée. "C'est ça, tout à fait. Donc en fait, lui, il ne voit pas la commission", nous confirme-t-on.
L'existence d'une commission est obligatoirement écrite dans le contrat, mais son montant, lui, n'est jamais mentionné. Rien d'illégal, mais ces pratiques ont un impact direct sur les remboursements. Leur coût fait partie des frais d'acquisition des complémentaires santé. Dans un contrat individuel, cela représente en moyenne 9% de la cotisation.

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