
Les avoirs japonais en OAT fondent face à la hausse des taux au Japon et aux inquiétudes sur la dette publique française.
Les investisseurs japonais réduisent leurs avoirs en obligations d'État françaises, pesant sur la dette publique sur fond de hausse des taux au Japon et de surcoûts de couverture de change.
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Les investisseurs japonais possèdent une part importante d'obligations d'État françaises, mais la remontée des taux au Japon incite au rapatriement des capitaux.
Partir, c’est mourir un peu. Sayonara, l’OAT. Les investisseurs japonais possèdent 23 000 milliards de yens d’obligations d’État françaises (145 milliards de dollars). Or ils en détiennent plus que leurs indices de référence ne le recommandent. Paris se serait passé de ce calcul. En effet, la dette publique atteint 119 % du PIB et le taux à 10 ans frôle 5 %.
Quel rapport avec vos bitcoins ? Le dernier grand rapatriement de capitaux japonais date d’août 2024. BTC était alors passé d’environ 65 000 à 49 000 dollars en une semaine.
Dette française : la surpondération japonaise en chiffres
Les chiffres viennent d’une analyse de Bloomberg publiée le 5 octobre. Les OAT (les emprunts d’État français) pèsent 6,6 % de la dette étrangère détenue par les Japonais. C’est donc un point de plus que la place de la France dans l’indice Bloomberg Global Aggregate hors Japon. Aucun autre pays de la zone euro n’est aussi surpondéré dans les portefeuilles japonais. En revanche, l’Allemagne y est sous-représentée de 2,34 points et l’Italie de 0,87.
Tokyo passait pour un créancier fidèle. Ses investisseurs ont gardé leurs titres français pendant chaque crise politique de ces dernières années. Pourtant, leurs avoirs ont déjà fondu de 2,5 % depuis fin 2025. En effet, le papier français a perdu 4,9 % cette année, la quatrième pire performance obligataire au monde. Par ailleurs, le taux à 10 ans est au plus haut depuis 2002.
Pourquoi Tokyo lâche les obligations françaises
Le premier motif est domestique. Les taux montent au Japon, la dette locale redevient rentable et l’incitation à rapatrier l’argent grandit. Un investisseur japonais qui achète une OAT se protège contre les variations de l’euro. Mais cette couverture de change lui coûte cher. Bloomberg a fait le compte. Une fois la protection payée, l’emprunt français à 10 ans rapporte environ 0,40 point de plus que l’emprunt japonais. Selon Masayuki Nakajima, stratégiste chez Mizuho Bank, l’écart est trop mince pour compenser la trajectoire budgétaire française.
Certains ont déjà tranché. Ainsi, les fonds mondiaux de Shinji Kunibe (Sumitomo Mitsui DS) ont vendu la totalité de leurs titres français. Hideo Shimomura, gérant chez Fivestar Asset Management, parie sur la poursuite de la baisse. « Ce n’est que le début », prévient-il auprès de Bloomberg. Il évoque même un rendement français jusqu’à 7 % si la Banque centrale européenne laisse faire. Antonio Del Favero (Macro Hive) redoute l’effet d’entraînement. Selon lui, les gérants américains, asiatiques et européens qui suivent les mêmes indices pourraient aussi refaire leurs comptes.
Bitcoin face au rapatriement des capitaux japonais
Souvenez-vous du 5 août 2024. La Banque du Japon venait alors de relever ses taux et le yen s’envolait. Le Nikkei perdait 12,4 % en une séance. Bitcoin cédait également environ 11 % ce jour-là. Sur la semaine, il était passé d’environ 65 000 à 49 000 dollars. Le coupable s’appelle le carry trade en yens. Cette pratique consiste à emprunter au Japon pour presque rien et à placer l’argent ailleurs. Quand le yen remonte, il faut rembourser vite, donc vendre ce qui se vend tout de suite. Or BTC cote jour et nuit.
Mais soyons honnêtes, le scénario de 2026 n’est pas encore celui-là. Vendre des OAT pour acheter des Bunds (les emprunts d’État allemands) laisse l’argent en euros. De plus, les 145 milliards de dollars en jeu représentent une fraction d’un portefeuille étranger d’environ 2 200 milliards. Le signal à surveiller est ailleurs. Mark Cranfield, stratégiste de Bloomberg, regarde la parité euro-yen. Sa baisse trahirait en effet un retour des capitaux vers Tokyo. D’ailleurs, l’euro a touché lundi son plus bas depuis mai 2025 face au dollar.
AI outlook — possibilities, not facts
Poursuite de la baisse des avoirs français dans les portefeuilles japonais
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