Les prisons françaises dépassent le seuil des 90 000 détenus, un triste record
La surpopulation carcérale atteint 142,1% au 1er septembre, avec plus de 8 300 matelas au sol, selon les chiffres officiels du ministère de la Justice.
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Les prisons françaises comptent 90 020 détenus pour 63 348 places au 1er septembre, établissant un record de surpopulation avec un taux global de 142,1% et plus de 8 300 matelas au sol, selon les statistiques du ministère de la Justice.
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Why It Matters
La France fait face à une surpopulation carcérale chronique et figure parmi les plus mauvais élèves en Europe en matière de densité carcérale.
Un triste record, dans un contexte de surpopulation carcérale chronique. Les prisons françaises comptaient 90 020 détenus au 1er septembre pour 63 348 places opérationnelles, selon les statistiques officielles du ministère de la Justice publiées samedi 3 octobre.
Le nombre de détenus a augmenté de 6,8% sur un an (84 311 détenus au 1er septembre 2025), alors que le nombre de places opérationnelles s'élevait au 1er septembre à 63 348 (+1,2% sur un an). Le taux de sur-occupation globale au 1er septembre est donc de 142,1%, et la densité carcérale atteint même 176,1% dans les maisons d'arrêt, où sont détenues les personnes condamnées à de courtes peines ou celles en attente de jugement et donc présumées innocentes. Face au manque de lits, le nombre de matelas posés au sol s'est établi à 8 347 au 1er septembre, soit une hausse de 51,8% par rapport au 1er septembre 2025.
"La construction de nouveaux établissements ne saurait constituer une réponse pertinente"
La France est l'un des plus mauvais élèves en Europe en matière de densité carcérale, ex-aequo avec la Turquie (131 personnes détenues pour 100 places), devant la Croatie (123) et l'Italie (121) notamment, selon les chiffres de 2025 du Conseil de l'Europe. L'institution avait dénoncé en début d'année l'état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d'une évolution vers un "entrepôt humain". La contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, avait déploré l'absence de "mesure d'envergure nationale" pour enrayer la surpopulation carcérale, dans un avis publié au Journal officiel début juillet.
Le ministère de la Justice entend ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, réputées moins chères et plus rapides à construire, dont la moitié dès 2027, alors que moins d'un tiers des 15 000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées. "La construction de nouveaux établissements ne saurait constituer une réponse pertinente : au regard du rythme actuel de progression de la surpopulation, il conviendrait, pour l'absorber, de mettre en service un centre pénitentiaire toutes les six semaines", avait cependant alerté Dominique Simonnot dans son avis. "Les dispositifs d'aménagement de peine et les alternatives à l'incarcération, bien qu'indispensables, demeurent sous-utilisés ou entravés par des conditions de mise en œuvre restrictives", avait-elle ajouté.
Open Questions
- Quelles mesures d'urgence seront prises face au manque de lits ?
- Le plan de construction de places modulaires sera-t-il accéléré ?





