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Les Rolling Stones lancent "Foreign Tongues" : un retour aux sources rock
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France Info6h agoCulture5 min readFrance

Les Rolling Stones lancent "Foreign Tongues" : un retour aux sources rock

Quick Look

  • Les Rolling Stones dévoilent "Foreign Tongues", leur 25e album studio, avec le single "Rough and Twisted".
  • Le groupe, formé il y a 64 ans, montre une vitalité surprenante, mêlant leurs classiques à des sonorités actuelles, et s'entoure de producteurs et d'invités prestigieux.

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Why It Matters

Les Rolling Stones, groupe de rock britannique formé il y a 64 ans, sortent leur 25e album studio, "Foreign Tongues", le 10 juillet. Le projet fait suite à "Hackney Diamonds" (2023) et inclut des collaborations notables.

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Comme au bon vieux temps, tout débute par un riff de guitare de Keith Richards. Pour l'ouverture du nouveau projet des Rolling Stones Foreign Tongues, qui sort vendredi 10 juillet, le single Rough and Twisted replonge les amateurs de rock au début des années 1960. Un retour aux sources pour le groupe britannique, né il y a 64 ans, connu pour ses titres et ses tournées mémorables. Composés par Mick Jagger et Keith Richards, 82 ans chacun et Ron Wood, 79 ans, les Stones semblent increvables à l'aube de leur 25e album studio. Jusqu'à présent, quatre morceaux ont déjà été dévoilés : Rough and Twisted, In the Stars, Jealous Lover et Divine Intervention.

Pour assurer la production de ce nouveau projet, le groupe s'est entouré du talentueux Américain de 35 ans, Andrew Watt. Il était déjà à la manœuvre pour Hackney Diamonds, sorti en 2023 après une longue pause de dix-huit ans, et récompensé aux Grammy Awards en 2025 pour le meilleur album rock. Le groupe britannique a amené pour l'occasion un casting XXL avec la présence de Paul McCartney, Robert Smith (The Cure) et Chad Smith des Red Hot Chili Peppers. Le batteur du groupe, Charlie Watts, mort en 2021, sera tout de même présent sur l'album, grâce à une session d'enregistrement réalisée avant sa disparition.

Thomas Ducrès, journaliste rock et rédacteur en chef du média Gonzaï revient sur les attentes autour de cet album qui attise toute la curiosité des amateurs de rock.

Franceinfo Culture : Avez-vous remarqué un engouement du public comparable à celui lors de leur retour en 2023 ?

Thomas Ducrès : Pour la sortie de Hackney Diamonds, on sentait une attente particulière du public. Le batteur Charlie Watts était décédé deux ans plus tôt, il y avait un sentiment d'album plus fort que la mort. Foreign Tongues sort un peu par surprise. Il donne l'impression d'un épisode deux au projet terminal de 2023. Je ne ressens pas le même engouement personnellement. Ça reste un grand événement qui attise la curiosité ce qui est, selon moi, la seule bonne chose de ce retour. Quand on regarde les grandes icônes et qu'on fait les comptes de ceux qui sont encore en vie, il y a McCartney, Bob Dylan, les Rolling Stones et Stevie Wonder. La question qui m'obsède est lequel des quatre mourra artistiquement le plus tard ?

Comment rester dans l'air du temps après soixante-quatre ans de carrière ?

Il y a une ambivalence humaine entre les deux têtes pensantes du groupe. D'un côté, Mick Jagger prône la jeunesse en conservant un bon état physique. Il doit cette rigueur de vie à son père, ancien professeur de sport. Ça l'obsède de rester dans la tendance et ça ne m'étonnerait pas de le voir faire des vidéos sur Instagram. De l'autre côté, Keith Richards a frôlé la mort des dizaines de fois, il a fait plusieurs overdoses qui auraient été létales pour le commun des mortels. Il a fumé deux paquets de cigarettes par jour pendant cinquante ans, mais a arrêté la clope à 75 ans. Cette dualité entre les deux, dans leur choix de vie, est la raison pour laquelle le groupe est encore en vie. Mick Jagger, c'est le côté commercial, il a capitalisé sur l'image de la langue et nuance le côté destructeur de Richards. Ils tiennent debout – en déambulateur, mais debout – grâce à ça. Le producteur américain Andrew Watt de 35 ans, apporte, lui aussi, une nouvelle énergie au groupe. Il les a motivés à ressortir du cimetière.

Que pensez-vous du choix du groupe d'accueillir un nombre d'invités prestigieux sur l'album ?

McCartney, Robert Smith, Chad Smith, je trouve que ce sont des noms d'événement. Ça fait tache. Je n'étais pas habitué à cette formule avec les Stones. Je trouve que le son Divine Intervention avec Robert Smith de The Cure, déjà sorti, est assez faible. Ce qui m'intéresse, ce sont les musiques où il n'y a pas d'autres stars dessus. Pour moi, un bon morceau des Stones, c'est un bon riff d'entrée de Keith Richards comme on l'a sur le titre d'ouverture Rough and Twisted. C'est une révolution d'intérieure qui m'intéresserait plutôt qu'un effet d'annonce type Netflix.

Après un Grammy pour leur dernier projet en 2025, que pouvons-nous espérer de ce nouvel album ?

Je ne suis pas certain qu'ils iront décrocher un nouveau Grammy pour une raison marketing : il n'y a plus l'effet de surprise dans leur retour. Les sons déjà sortis sont sympas dans le côté Stones, mais je ne reste pas convaincu. Je pense qu'ils se foutent des récompenses. Ils n'ont plus rien à prouver. Que l'album soit bon ou mauvais, ce n'est même pas la question. Va-t-on écouter ? Oui, car personne ne veut rater le bon dernier son des Stones.

Les quatre singles déjà écoutés naviguent entre blues et pop rock, doit-on s'attendre à ce mélange sur le reste du projet ?

On est face à un public paradoxal qui est à la fois réactionnaire et conservateur. Faire des sons comme Rough and Twisted, c'est l'assurance vie des Stones pour toucher tout le monde. C'est la recette miracle grâce au riff de Keith Richards. Pour les autres morceaux déjà sortis, on est sur un entre-deux entre des sonorités soft rock de Los Angeles et de Londres. C'est de la soupe tiède plus plus avec un bon titre sur les quatre. J'en attends plus des autres morceaux.

Mike Jagger a indiqué avoir bouclé cet album en un mois. Après trois ans d'attente, ce rythme de production express doit-il inquiéter quant à la qualité du projet ?

Honnêtement, je ne crois pas. Ils auraient enregistré en un jour, ça aurait été un jour, plus soixante ans d'expérience. Ce sont des gens qui jouent à l'aveugle depuis des années. Leurs moyens de production sont incomparables à ceux de n'importe quel autre groupe de rock. On peut parler en revanche du temps réalisé sur la pochette qui est catastrophique. Je sais qu'il y a un hommage à Francis Bacon en mélangeant le visage des trois survivants mais graphiquement, c'est un meurtre organisé.

Au-delà de cet album, les Rolling Stones parviennent-ils encore à inspirer et à mobiliser un jeune public ?

C'est intéressant de venir les voir en concert car, physiquement, ils dépassent l'entendement. Dans les tribunes, il y a de tout, des enfants qui viennent avec leurs parents, des vieux… Ils touchent toutes les générations. Les Stones gardent leur image de groupe de rock increvable que ce soit pour les 25 ans ou les 55 ans.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Les Rolling Stones ne gagneront pas de Grammy pour ce nouvel album.

    Likely · Medium term

Open Questions

  • L'album recevra-t-il des récompenses ?
  • Quel sera l'accueil du public face à ce nouvel opus ?
  • Les Stones parviendront-ils à séduire un public jeune ?

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This article was originally published by France Info.

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