Les seniors et la désinformation sur les réseaux sociaux : vulnérabilité et ateliers de sensibilisation
Quick Look
- Une retraitée de 83 ans partage quotidiennement des fausses informations sur les réseaux sociaux, malgré ses doutes.
- Les personnes de plus de 65 ans partagent sept fois plus de fausses informations que les jeunes, non pas en raison de capacités cognitives diminuées, mais par manque de familiarité avec les risques numériques.
- Des ateliers comme ceux du Club de la presse Occitanie visent à former les seniors à vérifier l'authenticité des contenus et à reconnaître les images générées par IA.
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Why It Matters
Les personnes de plus de 65 ans partagent sept fois plus de fausses informations que les jeunes, non pas en raison de capacités cognitives diminuées, mais parce qu'elles ne sont pas nées avec les réseaux sociaux et sont moins sensibilisées aux risques numériques.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
A 83 ans, une retraitée passe plusieurs heures par semaine sur les réseaux sociaux. Elle partage tous les jours sur son compte des publications sur ses passions, les Antilles ou le rugby, mais aussi de fausses informations. Exemple : ces stars françaises qui auraient pour point commun de quitter la France si le RN arrive au pouvoir. C'est faux. Autre exemple de publication qu'elle a relayé : "La France prévoit d'interdire la burqa et le niqab dans les lieux publics, en cas de non-respect, amende de 5 000 euros." Encore faux. L'image a été produite par intelligence artificielle, et la loi prévoit déjà une amende de 150 euros depuis 2010 pour dissimulation du visage dans l'espace public.
Sait-elle reconnaître si la photo de l'article est réelle ? "Peut-être, je ne sais pas. C'est possible", nous répond-elle, dubitative. Elle reconnaît ne pas connaître sa provenance. Quant à l'authenticité de l'information, elle admet avoir eu quelques doutes : "Ça m'amuse, c'est tout. Je ne suis pas convaincue de la chose, mais bon, je l'envoie, c'est tout", justifie encore l'octogénaire.
Les seniors "plus vulnérables à la prise de risques" sur les réseaux
Contrairement à une idée reçue, les personnes de plus de 65 ans partagent sept fois plus de fausses informations que les jeunes. Dans la région toulousaine, avant le tirage du loto, des amis consultent leur smartphone et n'hésitent pas à réagir aux différents contenus. "Il ne faut pas tout croire", assure l'une d'elles, mais elle admet bien vite ne pas savoir "comment on fait le tri". Cette méconnaissance des codes peut comporter des risques. L'une des retraités n'hésite pas à se fier aux conseils d'une internaute pour son diabète. "Elle nous expliquait ce qu'on pouvait manger, ce qu'on pouvait boire… C'était une dame qui était diabétique et qui parlait de ça, ce n'est pas une médecin du tout", nous dit-elle.
La vulnérabilité aux fausses informations n'a pourtant pas de lien direct avec l'âge. "Ce n'est pas du tout un problème de capacités cognitives. Les gens de 60 ans et plus ont d'excellentes capacités cognitives pour la majorité d'entre eux. Mais ce sont des gens qui ne sont pas nés avec les réseaux sociaux, comme peuvent l'être nos enfants aujourd'hui. Donc, ils sont moins sensibilisés aux risques des réseaux, et vulnérables à la prise de risque", explique Bertrand Fougere, gériatre au CHU Tours.
Le Club de la presse Occitanie propose des ateliers pour mieux se repérer
L'une des solutions est de mieux former les seniors, comme dans un atelier organisé par le Club de la presse, en Occitanie. Deux heures pour comprendre le fonctionnement des algorithmes et déjouer les images trompeuses sur les réseaux. "C'est une première photo de Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche du soleil. Qu'est-ce que vous en pensez ?", leur demande Axelle Szczygiel, intervenante de l’atelier "Esprit’Critik" du Club de la presse Occitanie. "On dirait une tranche de chorizo", réagit une participante. "C'était bien une tranche de chorizo, faites vous confiance !", leur apprend finalement Axelle.
"Il faut les outiller pour les aider, justement, à reprendre le pouvoir, quelque part. Qui me parle ? Pourquoi ? Quel est ce média ? Est-ce que c'est un média ? Est-ce que c'est un professionnel ? Est-ce que c'est amateur ? Voilà, se poser les bonnes questions", souligne l'intervenante.
"Il faut toujours vérifier plus ou moins et surtout ne pas partager", résume une retraitée. "Tout le monde peut se faire avoir, même ceux qui se targuent d'avoir beaucoup d'esprit critique", ajoute un autre. "On est obligé d'avoir de moins en moins de confiance, c'est ça qui est un peu gênant, en fait. Parce qu'on est né pour être confiant, pour vivre avec les autres et maintenant on est obligé de se méfier", regrette un troisième.
Ce dispositif ciblé sur les seniors reste encore marginal en France, malgré une demande en forte hausse.
Parmi nos sources :
Digital report 2026 de l’agence We Are Social
Liste non exhaustive.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le nombre d'ateliers de sensibilisation aux fausses informations destinés aux seniors augmentera en France dans les prochains mois.
Likely · Within months
Open Questions
- Quel est l'impact réel de la désinformation partagée par les seniors sur la société française ?
- Les ateliers de sensibilisation comme ceux du Club de la presse Occitanie seront-ils étendus à l'échelle nationale ?
- Comment les plateformes de réseaux sociaux pourraient-elles mieux protéger les utilisateurs âgés contre la désinformation ?






