
À l'approche de la rentrée, trouver un logement à Paris relève du parcours du combattant pour les étudiants, confrontés à une concurrence féroce et à des prix astronomiques.
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La crise du logement étudiant à Paris se caractérise par une forte tension locative, des prix élevés et une pénurie d'offres abordables à chaque rentrée.
Ils étaient plus de 700 candidats : ils ne sont plus que neuf. Neuf étudiants finalistes pour décrocher le Graal : un logement dans Paris. Dans cet appartement situé à côté du Père-Lachaise, Marie, la propriétaire, a reçu un nombre de demandes exceptionnel : 766 locataires lui ont adressé un email. "Là, c'est trois fois plus que d'habitude où j'ai à peu près 250 demandes, ce qui est déjà énorme. C'est tellement triste", se désole-t-elle.
Elle constate aussi que les candidats viennent désormais davantage sur place : "Par exemple, en juillet, j'avais presque la moitié qui me demandait des visios. Là, ils viennent tous, signe qu'ils sont déjà à Paris et sans logement. Franchement, ça ne me fait pas plaisir. Moi, ça m'irait d'avoir 50 personnes."
"Ça fait un mois que je cherche"
Le premier à se présenter est Élie. À 22 ans, l'étudiant en photographie arrive pile à l’heure, avec un sourire crispé. La rentrée approche et il n'a toujours rien trouvé. C'est sa vingtième visite. "Là, ça fait un mois que je cherche, raconte-t-il. Je passe ma journée à faire ça et je pense que je suis à au moins dix heures d'écran à cause de ça, parce que je passe ma journée à répondre à des annonces. Dès que j'ai une notification, je fonce dessus et je veux être le premier à envoyer un message pour espérer avoir une visite."
Mais, même en étant rapide, la concurrence reste très forte. "Généralement, il y a 20 candidats et même plus. Du coup, on doit attendre son tour pendant une heure dans les escaliers." Ce n'est pas l'appartement de ses rêves, mais Élie a déjà vu pire. "J'ai vu un appart avec des cafards, donc j'ai dû dire non."
Marie doit encore voir d’autres candidats. Elle choisira à l’affect.
200 dossiers envoyés pour une seule visite
Si trouver un appartement est difficile, certains étudiants n'arrivent même pas à décrocher une visite. Natalia travaille dans un café très chic du 1er arrondissement. Étudiante tirée à quatre épingles, elle a envoyé 200 dossiers dans toute la ville. Elle n'a obtenu qu'une seule réponse pour une visite la semaine prochaine.
"Dès que je reçois une notification, je clique dessus, je postule, je ne prends même pas le temps de regarder l'annonce en fait"
Natalia, étudiante à la recherche d'un logement
à franceinfo
Elle est prête à mettre 1 000 euros maximum pour son loyer. "Pour Paris, c'est vraiment très peu, regrette-t-elle, mais pour un étudiant c'est énormément. Je ne comprends pas qu'on arrive à des sommes astronomiques pour aussi peu de mètres carrés, et que ça soit aussi compliqué de trouver un logement pour un étudiant. C'est complètement démotivant pour les étudiants."
En attendant, Natalia est retournée vivre chez ses parents, dans l'Oise. Deux heures de trajet le matin et deux heures le soir. Une situation qui la stresse à l'approche de la rentrée. "J'angoisse à l'idée de me dire : 'Comment je vais faire pour tenir toute l'année si je ne trouve pas ?' Moi-même, je ne sais pas, ça m'angoisse."
"Le privilège d'avoir une petite vue sur le Sacré-Cœur"
Chams, 22 ans, nous accueille chez lui, la mine souriante et l'esprit libéré, comme tous ceux qui ont trouvé à se loger. "Et on a le privilège d'avoir une petite vue sur le Sacré-Cœur. Le tout pour 450 €." Il vit dans 80 mètres carrés,qu'il partage avec deux autres étudiants. Il s'agit d’une colocation KAPS, financée par l’État et les bailleurs sociaux. "Les colocations KAPS, explique-t-il, ce sont des colocations à projets solidaires où on propose des loyers modérés à prix réduit pour des étudiants en échange de deux heures de mentorat avec un enfant. Et à côté de ça, on a aussi des projets citoyens à hauteur de trois heures par semaine."
Chams a été pris sur dossier et a enfin pu quitter son précédent logement, où les propriétaires ne respectaient pas l'encadrement des loyers. Avec ce nouveau logement, il gagne 300 euros sur son budget. "Tout d'un coup, on se retrouve avec 300 € en plus. Je me suis vu et perçu comme riche, plaisante-t-il. Non, en réalité, ça va surtout permettre une meilleure qualité de vie l'année prochaine. Du coup, cela va me permettre de pouvoir moins travailler."
Assis sur son balcon, Chams a bien conscience d’être un privilégié. À Paris, il n’y a qu’une cinquantaine de places dans les colocations KAPS.

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