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La loi interdisant le téléphone portable dans les écoles et collèges a été adoptée le 24 août dernier et s'applique désormais aux lycées. À la cité scolaire Maurice-Ravel, cette interdiction était déjà présente dans le règlement intérieur depuis fin juin.
Après les collèges, c'est au tour des lycées d'appliquer la loi qui interdit désormais le téléphone portable au sein des établissements. A la cité scolaire Maurice-Ravel, dans le 20e arrondissement de Paris, la mesure ne fait pas l'unanimité.
"Il va falloir ranger ça, au fond du sac ! Vous l’utiliserez dehors !" Ce matin, les élèves de Première arrivent au fur et à mesure dans la cour, parfois le téléphone à la main et le rappel à l'ordre de la proviseur Julie Bouvry ne tarde pas. Cette année, la rentrée des lycéens doit se faire sans portable, comme le prévoit désormais la loi adoptée le 24 août dernier.
Quelques minutes avant, elle les a accueillis avec un discours de rentrée. Des paroles encourageantes pour cette nouvelle année scolaire, mais fermes : "On est ravis de vous retrouver, juste quelques mots pour vous accueillir. Vous avez au moment de votre inscription signé un petit document pour nous assurer que vous aviez eu connaissance des nouveautés de cette rentrée, à savoir l'interdiction des téléphones portables. On va donc la mettre en place, et on compte sur vous évidemment pour appliquer cette loi. On ne souhaite pas que ce soit un sujet de tension avec les adultes de l'établissement et avec les surveillants. Faites donc en sorte que cette loi s'applique sobrement et simplement, en retrouvant ce que parfois nous avons perdu, c'est-à-dire ce temps d'échange commun."
Vient ensuite le moment de récupérer ses manuels scolaires. Inès, nouvelle élève de Première 4 attend avec son amie. Elle est aussi préoccupée par cette interdiction du téléphone, qu’elle considère comme inutile et infantilisante : "Ça me saoule parce que quand on arrive dans une classe, on ne connaît personne. Imaginons qu’on n’a pas d'amis : notre échappatoire c'est de regarder notre téléphone, sauf que là, on n’a pas de téléphone. C’est la honte", assure-t-elle. "On va avoir 17 ans. Dans un an, on passe le permis, et là on est sans téléphone. À un moment, on est assez grand pour gérer notre temps d'écran."
Juste à côté, assis à une table, Robin est en pleine consultation des réseaux sociaux sur son téléphone. Pour cet élève de 16 ans, lui aussi en Première 4, l’interdiction du portable semble poser beaucoup moins de problèmes... "C’est ‘relou’, mais ce n’est pas grave ! De toute façon, il y a des gens et on n’est pas tout seul au lycée." Même s’il nuance un peu son avis sur cette mesure : "Cela ne sert un peu à rien, si les gens veulent être sur leur téléphone, ils le seront. Personne n’est tout le temps sur son téléphone."
Les portables au fond du sac ou dans la pochette
Ces élèves seront suivis tout au long de l’année par leur professeur principal, Romain Labrousse. S’il note que cette interdiction du portable était déjà inscrite au règlement intérieur depuis fin juin, il se dit tout de même soulagé de l’adoption de cette mesure au niveau national. "Il nous fallait très régulièrement insister pour que les téléphones ne soient pas sortis de manière fréquente. On a vraiment l'impression que cette interdiction qui va être perçue comme contraignante par les élèves, va tout de même conforter nos gestes professionnels au quotidien. Les choses ne seront bien sûr pas miraculeuses, mais cette légitimation de nos gestes perçus comme coercitifs par les élèves va peut-être les faire accepter plus facilement", analyse ce professeur de français.
L'enseignant espère ne pas avoir à confisquer de téléphones cette année. Dans le cas contraire, les portables des élèves réfractaires sont enfermés dans une des pochettes achetées par l’établissement scolaire. Une nouveauté de cette rentrée dans l’établissement : elles seront scellées en cas de besoin, mais les élèves pourront les garder. Le contenant ne peut être rouvert que par un personnel du lycée, comme Océanne Thouret, l’une des quatre conseillères principales d’éducation (CPE) de l’établissement. Elle rappelle qu’il s’agit d’une mesure extrême, et confie miser plutôt sur la pédagogie.
"L’élève doit ranger son téléphone dans son sac ou sa poche, en mode silencieux ou éteint. Il ne doit pas le sortir, sauf au foyer des lycéens et dans une petite cour qui est dédiée. Dans les premières semaines, on va d’abord leur rappeler l’interdiction par la loi. Il y aura ces pochettes à disposition en classe pour les professeurs. S’ils ont besoin de ranger le téléphone pour le confisquer, la pochette sera remise à l’élève qui devra aller au bureau du CPE pour la faire déverrouiller. Si on note que ce sont toujours les mêmes élèves qui viennent faire déverrouiller son téléphone, on passera alors à une discussion avec les parents et à la sanction", précise Océanne Thouret.
Une ligne pédagogique que souhaite aussi tenir tout au long de l’année la proviseur. "L'objectif est effectivement de les sortir les jeunes de leurs écrans, et de retrouver une communication directe. Il est vrai que souvent, ils partageaient ce qu'ils avaient sur leur téléphone. Ce n'est pas uniquement un objet très enfermant, mais malgré tout, il faut qu'ils retrouvent peut-être la convivialité directe. Il y a donc quand même un côté très addictif, très réflexe, et il faut donc les accompagner dans la sortie de ce mouvement réflexe qui consiste à regarder son téléphone, en espérant qu'ils reviennent à des interactions plus interpersonnelles", conclut Julie Bouvry.
Un objectif assez important, d’autant que les élèves de Première et de Terminale seront confrontés en juin prochain aux épreuves du bac.
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Des discussions avec les parents et des sanctions seront appliquées si certains élèves répètent les tentatives de déverrouillage de leur téléphone
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