Macron alerte sur une vraie menace russe et évoque la crise des carburants
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Lors d'une interview à France 2 et TF1, Emmanuel Macron a alerté sur une vraie menace russe contre la France, évoqué une possible mobilisation de 300 000 soldats russes, annoncé l'envoi de moyens militaires en Arabie saoudite pour protéger un site énergétique, et abordé la crise des carburants en privilégiant l'action diplomatique plutôt qu'une baisse de taxes, tout en défendant sa politique du 'quoi qu'il en coûte' et excluant une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale avant la présidentielle.
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Why It Matters
L'interview intervient moins d'une semaine après une conférence de presse surprise d'Emmanuel Macron, dans un contexte de hausse des prix des carburants et de tensions accrues avec la Russie suite à l'invasion de l'Ukraine.
Une deuxième prise de parole en quelques jours. Moins d'une semaine après une conférence de presse surprise, Emmanuel Macron a donné une longue interview à France 2 et TF1 depuis le palais de l'Elysée, dans laquelle il a notamment évoqué la crise des carburants, pour laquelle il mise sur la diplomatie mais n'a pas exclu une baisse des taxes si les prix devaient s'envoler.
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Le chef de l'Etat a aussi évoqué la menace russe qui s'amplifie en Europe : il a démenti l'existence d'une alerte de la CIA sur une possible attaque de drones russes visant le sud de la France, tout en estimant possible que la France soit ciblée par une tentative d'attaque russe, comme celle à l'aéroport de Leipzig. Enfin, il a dit ne pas regretter la politique du "quoi qu'il en coûte" pendant le Covid et écarté une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale en cas de blocage sur le budget. Voici ce qu'il faut retenir de son interview.
Emmanuel Macron alerte sur "une vraie menace" de la Russie sur la France
Une attaque russe pourrait-elle avoir lieu sur le sol français ? "Oui", a affirmé Emmanuel Macron, sans détour, lors de l'entretien sur TF1 et France 2. "La Russie multiplie les actes hostiles sur les pays européens", a-t-il précisé, en citant notamment l'attaque ratée de drones explosifs à Leipzig en Allemagne. "Si elle avait réussi, il y aurait eu des morts sur le sol allemand", selon le chef de l'Etat, qui a également rappelé que la Russie mène depuis plusieurs années des cyberattaques contre la France.
"La Russie considère que l'Europe, c'est la profondeur stratégique de l'Ukraine. Cela fait des années que nous sommes attaqués par la Russie."
Emmanuel Macron, chef de l'Etat
à France 2
Cependant, Emmanuel Macron a démenti que la CIA aurait informé les services français d'une possible attaque russe imminente dans le sud de la France, contrairement à des allégations publiées dans des médias étrangers. "Cette information, nous pouvons la démentir", a-t-il affirmé.
Une nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes, "un scénario qui nous paraît crédible"
"Il y a plusieurs indices qui montrent que la Russie est en train de s'organiser pour une nouvelle mobilisation, d'aller chercher des jeunes hommes pour les intégrer aux forces militaires pour faire la guerre", a dit le chef de l'Etat. Selon lui, une nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes est "un scénario qui nous paraît crédible".
Le président français a également évoqué les pertes russes. Il juge que le Kremlin envoie actuellement le signal qu'elle est "prête à faire encore plus de sacrifices pour prendre tout le Donbass". Tout en rappelant que la guerre a fait "1,2 million de morts".
Des "moyens militaires" français envoyés pour "protéger" un site énergétique en Arabie saoudite
"Le cœur de notre action va être d'essayer de baisser la tension dans le golfe Persique", a dit le chef de l'Etat, qui a annoncé l'envoi de "moyens militaires" pour protéger le site de Yanbu au niveau de la mer Rouge, en Arabie saoudite. "C'est la discussion que nous avons finalisée avec les Saoudiens. Nous allons envoyer des moyens militaires, c'est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense pour protéger ce site, pas nous engager dans quelque conflit."
Ce site énergétique est très important pour l'approvisionnement mondial, et permet l'acheminement de "plusieurs millions de barils" de pétrole. "On se met en situation de protéger ce site", a expliqué le chef de l'Etat, qui va réunir les pays du G7 pour libérer les stocks de pétrole.
"Agir diplomatiquement" pour faire baisser les prix des carburants
Comment faire baisser durablement les prix des carburants qui s'envolent depuis plusieurs semaines ? "Aujourd'hui, nous voulons d'abord agir diplomatiquement", a affirmé Emmanuel Macron. "Le cœur de notre action, c'est de faire baisser la tension dans le golfe Persique." Des efforts diplomatiques qui pourraient rapidement porter leurs fruits, selon le président de la République. "Si les choses s'améliorent dans les prochains jours, les prix baisseront vite", a assuré le chef de l'Etat.
Le chef de l'Etat s'est également montré rassurant concernant les quantités de carburant et de gaz disponibles en France. "On sera à 80% de stocks pleins dans quelques semaines. On va continuer de sécuriser ces volumes", a-t-il martelé.
Une interdiction des exportations de gazole américain serait une "mauvaise" décision
Une interdiction des exportations de gazole américain, comme s'y est dit favorable Donald Trump, serait une "mauvaise" décision, a dénoncé Emmanuel Macron lors de son interview. "Cette décision serait mauvaise, pas simplement pour le reste du monde. Pour l'économie américaine aussi", a assuré le président français, en précisant : "Je pense que tous les experts qu'il a autour de lui et tous les raffineurs américains ne peuvent lui dire que la même chose."
Il vaudrait mieux "baisser les prix" que "baisser les taxes" sur les carburants, selon le chef de l'Etat
Pas de baisse de taxe en vue sur le carburant. "Sur un mois, baisser [les taxes sur le carburant] de 20 centimes, c'est un milliard d'euros qui financent des dépenses concrètes de l'Etat, des régions, des communes et de la Sécurité sociale", a expliqué Emmanuel Macron. Le président estime qu'il vaudrait mieux "baisser les prix" – via des actions diplomatiques – plutôt que "baisser les taxes" sur les carburants.
"Quand vous baissez les taxes, vous aidez tout le monde. Or, c'est plus intelligent d'aider ceux qui ont le plus besoin. Le gouvernement fera tout ce qu'il faut, sera pragmatique. On essaiera de continuer des choses intelligentes."
Emmanuel Macron, chef de l'Etat
à France 2
Emmanuel Macron a également critiqué le RN – sans le nommer – qui propose de baisser les taxes sur le carburant, proposition qu'il qualifie de "démagogie budgétaire", qui entraînerait des dépenses non financées. Cependant, Emmanuel Macron n'a pas n'exclut de baisser les taxes sur les carburants si l'envolée des tarifs se poursuivait.
Emmanuel Macron ne "regrette pas du tout le quoi qu'il en coûte" malgré la hausse de la dette
Emmanuel Macron a défendu son bilan et les mesures qu'il a mises en place durant le Covid pour relancer l'économie, puis durant la crise énergétique pour protéger les Français face à la flambée du gaz et de l'électricité. "Non, je ne regrette pas le 'quoi qu'il en coûte'. Quand on l'a fait, il n'y avait pas un responsable politique pour ne pas dire qu'il fallait le faire, ne pas aider les restaurateurs", a-t-il insisté.
Le chef de l'Etat a affirmé que les dépenses des "dix dernières années" se décomposaient en "un tiers pour protéger les Français des crises", "un tiers pour préparer la France à l'avenir", et "un tiers parce qu'on n'a pas assez réformé le modèle social". "Je ne regrette rien des deux premiers tiers. Je regrette de ne pas avoir été assez efficace et rapide sur le dernier", a-t-il dit, tout en reconnaissant son échec sur la réforme des retraites, finalement suspendue. "Je le prends pour moi. Je n'ai pas réussi à convaincre les forces" politiques.
Pas de nouvelle dissolution avant la présidentielle
L'Assemblée nationale restera en place dans les prochains mois. Emmanuel Macron a exclu l'idée d'une dissolution en cas de blocage sur le budget. "Ce ne serait pas bon pour le pays (...), à huit mois de la présidentielle", a affirmé le chef de l'Etat. Le président de la République a cependant défendu son choix de dissoudre l'Assemblée nationale en 2024. "La première a été faite en conscience, c'est ma responsabilité, après deux ans de majorité relative, où je n'avais pas réussi à convaincre de former une coalition. J'ai remis le pouvoir aux Français", a-t-il assumé.
"C'est normal qu'il y ait de la colère" dans le pays
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Les prix des carburants baisseront vite si la situation s'améliore dans le golfe Persique dans les prochains jours.
Possible · Within days
Une nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes restera un scénario crédible aux yeux des services de renseignement français.
Likely · Within weeks
Open Questions
- Quelles actions diplomatiques précises seront entreprises pour faire baisser la tension dans le golfe Persique ?
- Quel calendrier prévoit l'envoi des moyens militaires en Arabie saoudite ?
- À quel seuil de hausse des prix des carburants le gouvernement envisagerait-il une baisse de taxes ?




