Marco Olmo, coureur italien atypique, a remporté l'UTMB en 2006 et 2007 à 57 et 58 ans, défiant les normes du trail élite avec son équipement modeste et son style singulier, devenant une légende malgré les soupçons de dopage liés à l'époque, avant d'être devancé par Kilian Jornet en 2008.
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L'UTMB, créé en 2003, est devenu une épreuve de référence du trail mondial. En 2006 et 2007, le trail élite était encore peu professionnalisé, ce qui rend les victoires de Marco Olmo à 57 et 58 ans d'autant plus remarquables dans un sport dominé par les jeunes athlètes.
De notre envoyé spécial à Chamonix,
Si 18 des 22 sacres suprêmes de l’ultra-trail ont été remportés par des coureurs de moins de 40 ans, un nom fascinera toujours dans le palmarès de l’UTMB : Marco Olmo. Cet Italien décrit comme « très discret » est en effet devenu le boss de Chamonix sur deux éditions consécutives, en 2006 et 2007… à 57 et 58 ans ! Une performance bluffante qui pousse 20 Minutes à revenir sur cette folle histoire, à l’occasion du 20e anniversaire de la première conquête de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc par l’atypique Piémontais.
Après avoir grandi dans une famille d’agriculteurs, il travaille dans une usine de ciment dès l’âge de 14 ans, avant de devenir conducteur d’engin sur des chantiers dans la province de Coni. Marco Olmo n’avait donc vraiment pas la vie professionnelle rêvée pour percer dans les compétitions de course à pied.
Un spécialiste du Marathon des Sables
C’est quasiment avec un statut de retraité que notre frêle gaillard de Robilante, tout près de la frontière française, se met pour de bon au trail running. On retrouve cet ex-fondeur vite accro au Marathon des Sables et son format de plus de 220 km, sur lequel il a concouru jusqu’en 2017 (oui oui, à 68 ans !), avec une douzaine de top 15 à son actif.
Sa grande première sur l’UTMB a lieu en 2005, avec une 3e place, pour la troisième édition d’une course qui n’a évidemment pas l’aura de 2026 (départ ce vendredi à 17h45). Marco Olmo va surtout vite régaler les foules avec un collant fuchsia qu’on imaginerait plus extrait d’une émission « Gym Tonic » avec Véronique et Davina (vous avez la ref ?) que d’une tête de course dans les Alpes dans les années 2000.
Le délire du compte des Genoux du Gif sur le style global de Marco Olmo lors de l’UTMB 2006 (ci-dessous) vaut clairement le coup d’œil. « Ce collant est légendaire, je l’adore, sourit Catherine Poletti, cofondatrice de l’UTMB en 2003. Il fallait oser, disons qu’il avait une certaine créativité. » Marco Olmo n’a guère apprécié qu’on lui ressorte vite ce dossier en l’interviewant au téléphone.
Il cite Woody Allen et largue la concurrence
« C’est dommage que vous vous souveniez de moi pour mon collant, s’agace-t-il. Il s’agissait simplement d’un pantalon masculin de ski nordique. Il était sorti une dizaine d’années plus tôt donc ça n’était plus trop à la mode, c’est vrai. Mais c’était encore en bon état et je suis du style Woody Allen : « Whatever works » [« peu importe tant que ça marche »]. »
Comme notre interlocuteur reste heureusement un bon chambreur, il enchaîne : « Je savais que mes adversaires rigolaient dans mon dos, mais j’ai rigolé à mon tour quand je les ai battus. » Car tenue fluo WTF ou pas, Marco Olmo a largué la concurrence deux années de suite, en l’emportant en 21h06 en 2006 (sur une version 158 km) puis en 21h31 en 2007 (sur 163 km).
« C’est vrai que ce collant était drôle, se remémore le Français Guillaume Millet, 5e en 2006 et 6e en 2007. Mais on disait avant tout que c’était le gars âgé qui gagnait, pas le type au collant fuchsia. » Il ne s’agit pas de la seule bizarrerie sur cette photo devenue culte.
De simples baskets font l’affaire pour survoler l’UTMB
Même si une marque comme Hoka n’existait pas encore il y a vingt ans, voir le Transalpin s’aventurer pour plus de vingt heures en montagne avec de simples baskets de route Mizuno pousse à sourire. « C’est sûr que son équipement dénotait, même à l’époque, avec ses chaussures qu’il avait limite achetées la veille au supermarché, confirme le taquin Guillaume Millet. Mais à partir du moment où il n’y a pas de boue sur l’UTMB, son choix n’était pas complètement déconnant. »
Là non plus, ne comptez pas sur Marco Olmo pour en faire toute une histoire : « J’ai utilisé ce modèle pendant une dizaine d’années et ça m’allait très bien ainsi. Les chaussures de trail ne font pas de miracles. » Non sponsorisé lors de ses deux sacres sur l’UTMB (coucou Vincent Bouillard), celui-ci apporte même une précision sur ses chaussettes typées tennis sur la fameuse photo : « J’avais tenu à acheter des chaussettes en coton toutes simples sur le marché car je ne voulais pas faire de pub gratuite. » Un personnage on vous dit, ce Marco…
Guillaume Millet nous livre un autre souvenir montrant à quel point l’ultra-traileur italien était à part lors de son back to back : « Il était l’un des rares à se passer de bâtons. » « J’avais de bonnes jambes mais pas de bons bras », répond l’intéressé sur ce point. Vainqueur de l’UTMB en 2004, Vincent Delebarre pensait remettre ça deux ans plus tard, jusqu’à ce qu’il ne se fasse rattraper puis lâcher par le quinqua de Robilante, dans la montée en direction de Trient. « C’est la première fois que je le rencontrais en course, confie-t-il. Il est arrivé avec ses mains dans le dos et il m’a sorti "Ciao va bene" en mâchant du pain et en enchaînant des grandes enjambées pour me doubler. »
Une posture de « surveillant de lycée » en montée
Vincent Delebarre ne le rattrapera jamais, et il finira 3e à 53 minutes du grand vainqueur du jour. Le mystère Marco Olmo tient justement aussi dans cette étonnante posture en montée. « C’est le seul traileur que j’ai vu ainsi en course, penché en avant avec ses mains dans le dos comme un surveillant de lycée, note Guillaume Millet. Je n’ai jamais su m’expliquer pourquoi il se positionnait ainsi. »
On tient en exclu la réponse du premier concerné : « C’était ma technique pour moins disperser mon énergie dans des moments de fatigue en montée, c’est tout. » Vincent Delebarre, qui a désormais à son tour 58 ans, a parfois pu côtoyer Marco Olmo et comprendre un peu mieux le secret de sa réussite.
« Déjà, c’est un gars simple, nature, qui ne boit pas une goutte d’alcool. C’est aussi un véritable métronome, habitué à prendre les devants avec sa foulée rasante comme il le montrait sur le Marathon des Sables. Tout ça n’est pas un hasard : dans sa vie, il partait courir deux ou trois fois par semaine seul en montagne, et sur toute la journée. Sa force a aussi toujours été de faire abstraction des autres sur une course. »
Comment juger ce doublé, en 2026, au vu de la métamorphose totale du trail élite, qui n’était encore qu’aux prémices de sa professionnalisation il y a vingt ans ? « Il ne faut pas considérer que l’UTMB était alors une course de village, rappelle Guillaume Millet. C’était déjà l’épreuve que tout le monde voulait gagner. »
Soupçonné de dopage par certains coureurs
Pour Vincent Delebarre, « avec ces performances de 2006 et 2007, Marco serait encore dans le Top 10 de l’UTMB aujourd’hui ». Deux décennies après la plus grande victoire de la carrière d’Olmo, Catherine Poletti est toujours aussi admirative : « Il est dans le top 10 des traileurs et traileuses qui ont marqué l’histoire de l’UTMB. Il a laissé une trace indélébile, celle d’un mythe. »
Car même l’inoxydable Ludovic Pommeret (51 ans), triple vainqueur en titre de la prestigieuse Hardrock 100 (Colorado), s’est au mieux classé 4e à Chamonix depuis qu’il a franchi la barre des 45 ans. Reste une zone d’ombre dans cette belle histoire, puisque des coureurs nous expliquent douter des performances de Marco Olmo au plus haut niveau, à une époque où les contrôles antidopage étaient (encore) plus rares qu’aujourd’hui dans le trail.
« C’est vrai qu’après ses victoires sur l’UTMB, on entendait des choses, vu qu’on était juste après les fameuses années du sport italien avec beaucoup de dopage, notamment dans le cyclisme et le ski de fond, indique Guillaume Millet, devenu physiologiste du sport. Et comme c’était lui-même un ancien du ski de fond… Alors oui on peut douter, mais je ne doute pas plus d’Olmo que des autres. Ça n’est pas parce qu’il est Italien qu’il faut tout de suite fabuler. »
Quand Kilian Jornet lui succède au palmarès… à 20 ans !
A ce sujet, dans une interview donnée en 2014 au site U-Run, Marco Olmo lançait de lui-même le sujet en affirmant : « Je ne me suis jamais dopé. » Lorsqu’on revient sur son invraisemblable prime sportif à 57 et 58 ans, il savoure : « Je sais que mon âge fascinait les gens. C’est toujours une fierté d’être le vainqueur le plus âgé ici, et ce record restera pour toujours. La clé, c’est que je me préparais bien dans mon coin, sans entraîneur, sans plan d’entraînement, et sans la pression des sponsors. »
Suivi pour le documentaire The Runner, à l’occasion de ce qui sera son dernier UTMB en 2008, Marco Olmo est contraint d’abandonner cette année-là au ravitaillement de Vallorcine (km 149), en raison de vives douleurs à la jambe droite. Plus de deux heures devant lui au moment de son abandon, un ultra-traileur de 20 ans, encore inconnu du grand public, s’envole vers le Graal. Vous l’aurez compris, il s’agit de Kilian Jornet, qui déclenche ce 30 août 2008 la véritable révolution d’une discipline jusque-là réservée aux quadras (a minima).
Notre dossier sur l'UTMB

Le PSG a obtenu un match nul 2-2 contre Lille lors de la deuxième journée de Ligue 1, après avoir été mené 2-0 jusqu'aux arrêts de jeu. Lille avait ouvert le score grâce à Hákon Arnar Haraldsson (21e) puis doublé par Dilane Bakwa (85e). Vitinha a réduit l'écart (90+1) et Marquinhos a égalisé dans les dernières secondes (90+5).
L'UTMB 2026 a débuté vendredi soir à Chamonix avec 174 km et 9900 m de D+. Ben Dhiman mène la course masculine, Courtney Dauwalter est 6e chez les femmes, Vincent Bouillard a chuté au classement, et l'Américain Jeff Browning est dans le coma après un arrêt cardiaque sur la TDS. La ministre des Sports Marina Ferrari donnera le départ à 19h45.

Menés 2-0 jusqu'aux dernières minutes, les Parisiens ont égalisé dans le temps additionnel grâce à Vitinha (90+1) et Marquinhos (90+5) pour obtenir un match nul 2-2 à Lille, leur deuxième nul consécutif en Ligue 1 cette saison.
Le tirage au sort de la Ligue Europa a eu lieu à Monaco ce vendredi. L'Olympique Lyonnais hérite d'un groupe difficile avec le Bayer Leverkusen, la Real Sociedad, Crystal Palace et l'Union Saint-Gilloise. L'Olympique de Marseille affrontera le Celtic Glasgow et le Besiktas Istanbul. Le Stade Rennais bénéficie d'un tirage plus clément avec un déplacement à Turin pour affronter la Juventus, ainsi que des matchs contre l'Olympiakos, le Dinamo Zagreb, le Sparta Prague, Omonia, Sturm Graz, OFI Crète et Nimègue.
Le départ de la 23e édition de l'UTMB a été décalé de 17h45 à 19h45 en raison des risques d'orages annoncés. La course de 174 km avec 9.900 m de dénivelé positif traversera trois pays. Des favoris comme Vincent Bouillard, Baptiste Chassagne et Zach Miller sont en tête au premier ravito, tandis que l'état de santé de Jeff Browning, victime d'un arrêt cardiaque sur la TDS, reste préoccupant. La ministre des Sports Marina Ferrari donnera le départ.
Le mercato estival s'intensifie avec plusieurs rumeurs : Rafael Leao pourrait rejoindre Galatasaray pour 45 millions d'euros selon Fabrizio Romano, Ollie Watkins devrait signer à Al-Hilal après son départ d'Aston Villa confirmé par Unai Emery, et Ibrahim Mbaye serait proche de rejoindre Aston Villa pour 55 millions d'euros selon The Athletic. D'autres mouvements concernent Bradley Barcola vers Liverpool, Leonardo Balerdi vers l'AS Roma, et Lamine Camara vers Chelsea.