
La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, alerte sur la situation budgétaire de la France alors que les taux d'emprunt atteignent des niveaux comparables à ceux de l'Italie.
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La France fait face à un déficit public important et à une hausse des taux d'emprunt obligataires. Le FMI souligne la difficulté de mettre en œuvre des mesures d'austérité dans un climat social tendu.
Vous chantiez ? J’en suis fort aise. Eh bien ! Dansez maintenant. La fourmi de Jean de La Fontaine s’appelle aujourd’hui Kristalina Georgieva et dirige le Fonds monétaire international. Elle a adressé ce mercredi 7 octobre à Paris un message sur la dette de la France, de ceux que l’institution réserve d’ordinaire à des capitales que les moldus considèrent comme plus lointaines. Que nenni. Remettons de l’ordre dans vos comptes.
Le moment est bien choisi. Lycéens et étudiants manifestent depuis trois semaines. Le Parlement entame l’examen d’un budget 2027 à 54 milliards d’euros d’efforts. Et la France emprunte désormais au même taux que l’Italie.
Au micro de CNBC, la directrice générale du FMI a décrit une France qui emprunte « choc après choc après choc » et gravit un « escalier qui ne mène pas au paradis ». Les amateurs de Led Zeppelin apprécieront la référence, les détenteurs d’OAT (les obligations de l’État français) un peu moins.
Les chiffres lui donnent raison. Le taux à 10 ans a touché début octobre son plus haut depuis 2002, tout près de 5 %. Reuters le relevait encore à 4,90 % ce mercredi en fin de matinée, en hausse de 15,6 points de base sur la séance. L’emprunt italien de même échéance affichait exactement le même rendement. L’écart avec l’Allemagne est remonté à 139 points de base. Il avait dépassé 158 points vendredi, son plus haut depuis fin 2011.
Le stock suit. L’Insee compte 3 595,5 milliards d’euros de dette publique fin juin, soit 119 % du PIB. Le déficit a atteint 5,1 % en 2025 et il est attendu à 5,4 % cette année. Le gouvernement de Sébastien Lecornu promet un retour à 5 % en 2027.
La facture arrive déjà, avec 59,3 milliards d’euros d’intérêts à régler en 2026.
C’est ici que l’affaire devient savoureuse. Le 1er octobre, six jours avant de sermonner Paris, le même FMI validait la revue du programme du Salvador et débloquait 138 millions de dollars. Il accordait au passage des dérogations pour des critères non respectés sur l’accumulation de bitcoins. Nayib Bukele avait pourtant derrière lui des années de bras de fer avec le Fonds.
Regardez la fiche du mauvais élève présumé, telle que la dresse le FMI lui-même : une croissance de 4,5 % attendue en 2026 et une dette publique projetée à 85 % du PIB. La France vise 1 % de croissance et porte 34 points de dette en plus, avec un déficit supérieur à 5 %. On a beaucoup ri du petit pays qui jouait ses finances sur le bitcoin.
Le rire passe moins bien côté européen. Athènes emprunte autour de 4,45 % sur dix ans d’après le relevé Boursorama du jour, soit nettement moins que Paris, et Rome fait désormais jeu égal. La Grèce que la zone euro sommait de se serrer la ceinture il y a quinze ans, avec la bénédiction appuyée de Paris, se finance à meilleur compte que son ancien professeur de rigueur.
La comparaison a ses limites. Kristalina Georgieva les pose elle-même quand on lui demande si le marché obligataire français rejoue la crise des dettes souveraines. « L’économie française croît », répond-elle, et l’Europe dispose d’un système « bien plus mature » qu’à l’époque, avec la puissance de la BCE en soutien.
Le Salvador, lui, pèse 39,4 milliards de dollars de PIB, à peine plus de 1 % de l’économie française. Il est dollarisé, n’a aucune banque centrale pour racheter sa dette, et c’est pour cela qu’il accepte les conditions du FMI contre 1,4 milliard de dollars. Personne n’exigera de Paris une liste de réformes en échange d’un chèque.
Voilà pour l’honnêteté. Mais les créanciers regardent la trajectoire d’une dette avant le rang de celui qui la porte, et celle de la France monte. Kristalina Georgieva ne cache pas que la marche sera haute. Depuis le Covid, explique-t-elle, les citoyens ont pris l’habitude de voir l’État « courir à la rescousse » des ménages et des entreprises à chaque crise. Leur demander des économies sera donc « difficile, cela ne fait aucun doute ». Elle souhaite que le gouvernement ne soit pas seul à défendre cet effort, et que syndicats et patronat expliquent eux aussi ce que le pays a à y gagner.
AI outlook — possibilities, not facts
Poursuite des efforts budgétaires pour réduire le déficit à 5 % en 2027.
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