Migrants: la durée de rétention double en 5 ans, le taux d'expulsion baisse
Quick Look
- Cinq associations dénoncent dans un rapport la durée de rétention des migrants en France, qui a doublé entre 2020 et 2025, atteignant plus de 33 jours.
- Le taux d'expulsion est cependant en baisse.
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Why It Matters
Cinq associations qui interviennent dans les centres de rétention administrative (CRA) en France publient leur rapport annuel. Elles y analysent la durée de rétention des migrants et les taux d'expulsion.
Les migrants enfermés dans les centres de rétention administrative (CRA) y passent deux fois plus de temps en 2025 qu'en 2020, alertent mardi 19 mai dans un rapport cinq associations (Forum Réfugiés, France Terre d'Asile, Groupe SOS Solidarités, la Cimade et Solidarité Mayotte) qui interviennent quotidiennement dans ces CRA. En 2025, la durée moyenne de rétention a atteint un peu plus de 33 jours, contre 16 jours en 2020, d'après ces structures.
"Ça peut s'expliquer par les relations entre la France et le pays en question", indique à franceinfo Justine Girard, responsable nationale rétention de la Cimade. "En tout cas, ces personnes continuent d'être placées en rétention, c'est ce que nous, nous dénonçons." Si cette durée d'enfermement augmente, le taux d'expulsion, lui, est en baisse par rapport à l'an dernier, selon ces associations. Il s'élève à 36,1% en 2025.
"Il y a un recours dévoyé à ces centres de rétention", estime Vincent Beaugrand, directeur général de France Terre d'Asile. "C'est une politique d'enfermement préventif aujourd'hui. On ne cible pas les profils qui permettraient un éloignement rapide." En tout, 16 467 personnes ont été enfermées dans les CRA l'année dernière, dont un peu plus de 5 000 ressortissants algériens (30,4%). À titre de comparaison, il y en avait 16 228 en 2024.
Open Questions
- Quelles sont les relations spécifiques entre la France et les pays d'origine des migrants qui expliquent l'allongement de la durée de rétention ?
- Quelles mesures les associations proposent-elles pour remédier à cette situation ?
- Quelle est la répartition des nationalités des migrants en rétention, au-delà des Algériens ?




