Les médias étrangers analysent la crise sociale et politique française après les violences du 17 octobre
Les médias internationaux et dirigeants étrangers commentent les émeutes du 17 octobre en France, y voyant le signe d'une crise sociale profonde, la fin du macronisme et une polarisation accrue entre les extrêmes politiques.
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La France a connu des émeutes le 17 octobre marquées par des pillages et des affrontements. Ce mouvement s'inscrit dans un contexte de mécontentement social et de fin de mandat présidentiel.
Les médias internationaux ont été frappés de stupeur face aux scènes de « chaos » qui ont émaillé la journée de mobilisation ce samedi. Photos et vidéos de pillages et d’affrontements avec les forces de l’ordre, mairie de la ville de Limoges ravagée par les flammes… Les images des « plus grandes émeutes depuis des années », comme les qualifie le New York Times, sont largement relayées par de nombreuses publications.
« Les manifestations dégénèrent souvent en chaos en marge des cortèges et se transforment en affrontements avec la police en France », pointe le Financial Times. Mais, cette fois, « le niveau de pillages et de violence inquiète de nombreuses personnes ». Pour le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, ce « chaos qui, en ce 17 octobre, a surtout gagné les grandes villes du pays restera sans doute une césure, un signal » et « le gouvernement y a aussi sa part de responsabilité ».
Une colère « longtemps contenue »
Malgré des marges de manœuvre étranglées par la situation financière du pays, nombre de publications pointent le « manque d’empathie » d’un exécutif qui n’a pas su répondre aux attentes des lycéens, mobilisés depuis un mois pour de meilleures conditions d’enseignement, ni aux inquiétudes des Français face au coût de la vie. Pour CNN, « les manifestations sont devenues le symbole d’une colère intergénérationnelle, longtemps contenue, parmi des personnes qui jugent que leurs appels à des changements sociaux et politiques restent sans réponse ».
En Iran, dont les autorités sont accusées d’avoir réprimé dans le sang l’hiver dernier un vaste mouvement de contestation, la télévision d’État n’a pas manqué de voir dans « la répression violente d’enfants dont la seule revendication est l’accès à l’école et le respect de leurs droits la véritable nature de ceux qui se réclament de la démocratie ».
« L’acte de décès du macronisme »
Les manifestations et leurs débordements consacrent aussi selon le New York Times la fin de règne d’Emmanuel Macron, qui ne peut pas se représenter « après une décennie au pouvoir qui a fini par être définie par la crise politique et la stagnation économique ». « À un sommet d’impopularité, Emmanuel Macron termine son second mandat sans majorité et sans relève », juge le quotidien suisse Le Temps, qui y voit un « crépuscule sans fin ».
Pour le quotidien espagnol El Pais, le 17 octobre « a signé l’acte de décès du macronisme » et « la disparition d’une idée politique qui entendait instaurer une centralité idéologique et contenir la montée des extrêmes ». Au lieu de cela, le duel entre la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen et le dirigeant de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, tous deux en tête des sondages au premier tour de la présidentielle, s’installe un peu plus.
Dans un pays « plus fracturé que jamais, "l’extrême droite se trouve aux portes de l’Élysée pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale », écrit El Pais. « Ces déchaînements de violence ne profitent qu’aux partis extrémistes », abonde le Süddeutsche Zeitung, selon qui « Jean-Luc Mélenchon estime avoir les meilleures chances si le pays est polarisé au maximum. De son côté, l’extrême droite de Marine Le Pen profite aussi de cette situation ».
Récupération politique
Certains dirigeants étrangers n’ont par ailleurs pas manqué de s’emparer des violences en France à des fins de politique intérieure. Le vice-président américain JD Vance a estimé samedi que l’immigration en était la cause et a accusé l’opposition démocrate de vouloir le même « avenir » pour les États-Unis, à deux semaines d’élections législatives mal engagées pour le Parti républicain. « Les progressistes occidentaux ont importé le tiers-monde en France et d’autres pays au nom de la diversité et de la compassion. Ils ont négligé les questions fondamentales d’assimilation et de compatibilité. On leur a dit que cela finirait comme cela et ils n’ont pas écouté », a-t-il écrit sur X.
« La France brûle ! L’immigration de personnes issues d’un monde totalement différent, des personnes qui ont la haine au cœur, a brisé ce pays autrefois grand », a renchéri dimanche Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. « Fermez vos frontières et reprenez le contrôle, avant qu’il ne soit trop tard ! », a-t-il ajouté.
Même tonalité pour le Premier ministre hongrois Peter Magyar, pour qui « à la lumière de cette destruction insensée et de cette violence injustifiable, il est désormais peut-être clair pour tout le monde pourquoi la Hongrie préconise les mesures les plus strictes possibles en matière de migrations ». Ils y voient le signe du crépuscule du macronisme et l’installation du duel entre les extrêmes à six mois de la présidentielle.
Five years after being an epicenter of the “yellow vests”, Bourges hosted a new demonstration. With 2,400 participants according to the CGT, the movement is struggling to regain the scale of 2019 and is being diluted in a broader convergence of struggles.
The international press highlights the scale of the riots in France, seeing them as a sign of deep social anger, the decline of Macronism and increased political polarization in the run-up to the presidential election.

The government is publishing for the first time the exact share of pensions of former public employees in the 2027 budget. At the same time, the National Assembly is examining thousands of amendments to the finance bill, including measures on pensions and work.

Following the violence, fires and looting that occurred during demonstrations against the high cost of living on Saturday, Emmanuel Macron will bring together his government before a solemn speech scheduled for this evening at 8 p.m.
Demonstrations against the “high cost of living” on October 17 degenerated into urban violence and looting across France. The results show 2,000 arrests, 600 injuries among law enforcement officers and major material damage, including the fire at Limoges town hall.

The executive reveals for the first time the weight of civil servants' pensions in the 2027 budget. At the same time, Emmanuel Macron spoke on TF1 and France 2 concerning the security and economic challenges and the end of his mandate.