
Un documentaire diffusé sur France 5 explore les méthodes et les conséquences de la police fédérale de l'immigration américaine sous l'administration Trump.
Le documentaire « ICE, la chasse à l'homme » analyse l'élargissement des pouvoirs de la police de l'immigration américaine en 2025 et son impact violent à Minneapolis, où des descentes massives et des arrestations arbitraires ont provoqué la colère des habitants.
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L'ICE (Immigration and Customs Enforcement) a été créée en 2003 par George Bush. Ses pouvoirs et son budget ont été considérablement augmentés sous la présidence de Donald Trump en 2025.
Chasser les personnes en situation irrégulière du territoire américain est devenu la grande croisade de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche. Afin de mener à bien cette lutte, le président des Etats-Unis a utilisé l'ICE, la police de l'immigration, créée en 2003 par George Bush après les attentats du 11-Septembre. Lors du premier mandat de Donald Trump, sa mission était principalement de surveiller la frontière des Etats-Unis avec le Mexique, mais en 2025, les pouvoirs de ICE ont été élargis et son budget a été fortement augmenté.
Ses agents, recrutés en nombre, sont désormais chargés de sillonner tout le pays afin de traquer, arrêter et expulser des personnes en situation irrégulière. Une chasse aux clandestins qui divise les Américains et qui sème le chaos dans de nombreuses grandes villes. Le documentaire ICE, la chasse à l'homme, réalisé par Julie Peyrard et Christophe Astruc, diffusé dimanche 11 octobre à 21h05 sur France 5, tente de comprendre qui compose cette police fédérale, analyse sa violence décomplexée et se penche sur les intérêts politiques et financiers qui se cachent derrière ses missions.
Depuis que la police fédérale de l'immigration sévit, près de 400 000 migrants ont été arrêtés. En décembre 2025, une offensive d'ampleur d'ICE, nommée "Metro Surge", est lancée à Minneapolis et à Saint-Paul (Minnesota). Quelque 3 000 agents de la police de l'immigration et des douanes se déploient dans la ville afin de procéder à des arrestations massives. Rapidement, des manifestations de citoyens hostiles à ces rafles inondent les rues. En janvier 2026, deux Américains, qui militaient contre la présence de l'ICE, sont tués par des agents fédéraux. Ces meurtres embrasent la région, outrent une grande partie de l'Amérique et terrifient la population de Minneapolis.
"Elle était tellement terrorisée"
"La peur est palpable", rapporte Julia Baez, une habitante. "On regarde constamment au-dessus de notre épaule. Et je dis cela en tant que personne blanche." Choquée par la brutalité de cette police fédérale, elle décide d'entrer dans une forme de résistance avec certains de ses voisins en venant en aide aux personnes de son quartier visées par ICE.
Alors que les arrestations se multiplient dans la ville, une mère de famille d'origine étrangère la contacte et lui demande d'emmener ses enfants à l'école, car elle craint de sortir de chez elle. "Je me suis dit : 'Cette mère considère que sa meilleure option est de confier ses enfants à une inconnue, tellement elle est terrorisée'", s'émeut Julia Baez, qui voit au fil des jours, de nombreux parents d'élèves se mobiliser pour aider les familles de migrants. "Et maintenant, nous accompagnons plus de 300 élèves à l'école chaque jour", se félicite-t-elle.
Ces mouvements de solidarité des habitants de Minneapolis se multiplient, car ces arrestations violentes sont considérées comme arbitraires et surtout touchent des immigrés parfaitement intégrés dans la communauté. Car, si officiellement la police de l'immigration est censée cibler les migrants et les demandeurs d'asile ayant commis des exactions, la réalité du terrain est tout autre. Les traques concernent près de 70% de personnes en attente de régularisation, qui travaillent et qui n'ont aucune condamnation pénale, explique le documentaire.
C'est le cas d'Ingrid Cebeda qui vivait, avec son mari, depuis vingt ans à Minneapolis lorsqu'il a été arrêté. "Mon mari est parti au travail comme tous les jours, raconte-t-elle. Il était 8 heures du matin et, à deux rues d'ici, ils l'ont attrapé." Ce couple, parfaitement intégré, était à l'époque en attente de régularisation. Ingrid est enceinte de quatre mois de leur troisième enfant lorsque Ramon, son époux, est expulsé dans son pays d'origine, le Mexique.
"C'est du nettoyage ethnique"
Leur fils aîné, un jeune adolescent, est profondément bouleversé par l'absence de son père, qu'il ne voit plus que derrière un écran de téléphone. A l'évocation de son arrestation, il fond en larmes. "Quand je pense à tout cela, je ne sais pas quel sera mon futur. Qu'est-ce qui va se passer, si je dois partir ?" souffle-t-il. Selon le documentaire, plus de 140 000 enfants ont été séparés d'un de leurs parents depuis qu'ICE a commencé à procéder à des arrestations dans le pays. "C'est du nettoyage ethnique, se désole Julia Baez. Je déteste cette expression, cela semble archaïque et barbare, mais c'est bien ça."
Si la ville de Minneapolis a été le théâtre d'une si spectaculaire démonstration de force d'ICE, ce n'est pas le fruit du hasard, selon le maire démocrate Jacob Frey. "Ils ont voulu faire de Minneapolis un exemple, analyse l'élu américain. Ce n'était pas une question de sécurité, ni même une question d'immigration, c'était une décision politique." Jacob Frey est convaincu que l'administration Trump souhaitait se venger, car cette ville est depuis des décennies un solide bastion démocrate qui s'est toujours farouchement opposé aux républicains.
"Ils pensent que si vous avez le pouvoir et la force, alors vous êtes dans votre bon droit, ajoute Jacob Frey. Ils se trompent, car cela viole les principes fondamentaux de notre République, et nous avons tous le devoir de nous y opposer." Ce que le maire n'hésite pas à faire en contestant haut et fort la présence de la police fédérale dans sa ville, soutenu par des mouvements citoyens qui s'attellent à entraver quotidiennement les opérations anti-immigration. Face à cette forte opposition, la Maison Blanche a dû retirer ses troupes de Minneapolis début février 2026.
Le documentaire ICE, la chasse à l'homme, réalisé par Julie Peyrard et Christophe Astruc, est diffusé le 11 octobre à 21h05 sur France 5. Il est également visible sur la plateforme france.tv.

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At least 109 migrants died and 116 others are missing after their boat sank on the night of October 8 to 9 off the coast of Djibouti, according to the IOM.

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