
Emmanuel Macron annonce une nouvelle doctrine limitant les rassemblements aux seuls cortèges syndicaux, tandis que plusieurs préfectures interdisent les manifestations ce week-end.
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Suite aux pillages et affrontements du 17 octobre, le gouvernement durcit les règles de maintien de l'ordre pour les manifestations à venir.
Emmanuel Macron a été clair, dans une prise de parole jeudi 22 octobre : "La recommandation générale, c'est pas de manifestations dans les jours à venir." Après les affrontements et les pillages qui ont émaillé le mouvement du 17 octobre dans plusieurs villes, les conditions se durcissent en vue des nouveaux appels à la mobilisation sociale, notamment à l'échelle nationale samedi. Plusieurs préfets ont pris des arrêtés limitant ou interdisant les rassemblements en cette fin de semaine.
À l'issue d'un conseil de sécurité à l'Elysée, jeudi matin, Emmanuel Macron a présenté une nouvelle "doctrine" arrêtée pour les prochains jours, selon laquelle seules les manifestations organisées à la demande des syndicats pourront être autorisées, tandis que celles demandées "par des gens qui n'ont aucune légitimité pour le faire (…) seront interdites par les préfets". Les cortèges jugés légitimes se verront proposer des circuits alternatifs pour protéger "nos centres-villes et en particulier nos commerces et nos bâtiments", a ajouté le président de la République.
Mercredi, la préfecture de police de Paris avait déjà décrété l'interdiction de "tout rassemblement non déclaré dans certains secteurs" de la capitale pour la journée de jeudi, de 8 heures à 20 heures, en complément du couvre-feu partiel en vigueur depuis lundi. Les zones concernées, détaillées dans un arrêté et en bleu sur la carte ci-dessous, incluent un large périmètre autour de l'Elysée et des Champs-Elysées, les abords d'autres institutions et les six principales gares de la capitale.
La préfecture de police avait également interdit une manifestation prévue jeudi après-midi à l'appel de l'Interfac Ile-de-France, qui regroupe des étudiants d'assemblées générales d'universités. Mais jeudi, le tribunal administratif a annulé cette décision, permettant au rassemblement d'avoir lieu en début d'après-midi.
Mais c'est avant tout la journée de samedi qui est scrutée, alors que des organisateurs appellent à en faire un "acte 2" du mouvement du 17 octobre. A Paris, la préfecture de police a autorisé une manifestation à l'appel de la CGT entre Bastille et Nation, mais a interdit un autre cortège, déclaré par Interfac et des gilets jaunes, entre Bastille et Opéra.
Dans d'autres villes, aucun rassemblement ne sera autorisé. A Lyon, "le préfet a pris la décision d'interdire par arrêtés toute manifestation dans la ville" samedi, a communiqué la préfecture du Rhône, sans autre précision à ce stade. La troisième ville de France avait vu 150 et 200 commerces pillés totalement ou partiellement le 17 octobre, tandis que 20 000 manifestants avaient défilé selon la préfecture.
A Nice, la préfecture des Alpes-Maritimes a interdit "tous les regroupements, cortèges et manifestations" dans le centre-ville. A Rouen et au Havre, la préfecture de Seine-Maritime a interdit par arrêtés "tout rassemblement dans certains secteurs", samedi de 9 heures à 20 heures.
Les "manifestations, cortèges, défilés et rassemblements à caractère revendicatif sur la voie publique", qu'ils soient déclarés ou pas, seront également interdits dans une partie du centre-ville de Toulon, samedi de 11 heures à minuit, d'après un arrêté de la préfecture du Var.
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Interdiction de manifestations non syndiquées dans les grandes villes samedi.
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