
Malgré la persistance des tensions et le blocage du détroit d'Ormuz, les exportateurs de pétrole ont mis en place des solutions alternatives, ce qui n'empêche pas les prix de rester élevés à la pompe.
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Le détroit d'Ormuz est un point de passage stratégique pour le pétrole mondial, régulièrement soumis à des tensions géopolitiques avec l'Iran.
Face au blocage persistant du détroit d'Ormuz, les pays exportateurs de pétrole ont trouvé la parade. Les niveaux d'exportation ont retrouvé, voire dépassé, leurs niveaux d'avant la guerre en Iran. Par exemple, l'Arabie saoudite, le plus gros producteur, achemine désormais son pétrole par un oléoduc jusqu'au port de Yanbu, sur la mer Rouge, d'où il est ensuite exporté, jusqu'à sept millions de barils par jour.
L'autre méthode est plus audacieuse. Elle passe par le détroit d'Ormuz, contrôlé par l'Iran, qui attaque régulièrement les navires qui y transitent. Alors, pour échapper à la menace iranienne, les pays exportateurs chargent le brut dans des navires dits navettes, qui acceptent de prendre le risque de passer par Ormuz. Ces bateaux sortent ensuite du détroit le plus discrètement possible, sous la protection de l'armée américaine. "On a des convois de navires qui passent le détroit d'Ormuz la nuit avec une protection américaine. Tous les signaux des bateaux sont éteints", explique Homayoun Falakshahi, responsable de l'analyse pétrolière chez Kpler.
Une fois sortis du détroit, les navires transbordent leurs marchandises sur d'autres pétroliers, charge à eux d'acheminer le pétrole à destination. Sur des images satellites prises dimanche au large d'Oman, on voit une multitude de pétroliers pratiquer cette technique du transbordement. Grâce à ces nouvelles méthodes, le pétrole circule à nouveau abondamment au Moyen-Orient.
"Le goulot d'étranglement sur la production de diesel reste intact"
Et pourtant, à la pompe, la baisse des prix est à peine perceptible. Mais alors pourquoi les prix ne baissent-ils pas sur les marchés ? D'abord, parce qu'il faut distinguer le pétrole brut de ses produits raffinés. "Le goulot d'étranglement qui existe sur la production de diesel reste intact parce que les raffineries du Moyen-Orient ont été endommagées", précise Jean-Louis Schilansky, ancien Président de l’Union Française des Industrie Pétrolières.
L'instabilité dans la région pèse sur les prix. Le week-end dernier, l'oléoduc saoudien a été frappé et ce lundi soir encore des détonations ont été entendues à Riyad, la capitale du pays.
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Maintien des convois de navettes sous protection militaire dans le détroit d'Ormuz
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