Plus de 3% des quarantenaires sont séropositifs : en Russie, le VIH se propage au sein de la population
Un rapport de Rospotrebnadzor révèle que plus de 3 % des hommes russes âgés de 40 à 50 ans sont séropositifs, marquant une généralisation du virus au-delà des groupes à haut risque.
Quick Look
- Un rapport de l'agence sanitaire russe Rospotrebnadzor révèle une propagation préoccupante du VIH en Russie.
- Plus de 3 % des hommes de 40 à 50 ans sont infectés, et l'épidémie touche désormais largement la population générale, avec des lacunes persistantes dans les soins.
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Why It Matters
Le VIH en Russie se propage désormais au-delà des groupes à haut risque pour toucher la population générale. Le système de santé peine à atteindre les objectifs de suppression virale de l'OMS.
Plus de 3 % des hommes russes âgés de 40 à 50 ans sont séropositifs. Ces chiffres alarmants, dévoilés en début de semaine par un rapport de l’Institut central de recherche en épidémiologie de Rospotrebnadzor – l’agence sanitaire russe – à Moscou, témoignent d’une propagation importante du VIH en Russie. L’épidémie gagne du terrain. Elle ne vise plus uniquement les patients à haut risque, mais concerne désormais l’ensemble de la population, d’après le Moscow Times.
L’un des indicateurs clé de cette bascule est sa généralisation dans 27 régions russes où plus de 1% des femmes enceintes sont séropositives, selon Vassili Akimkine, le directeur de l’Institut central de recherche en épidémiologie de Rospotrebnadzor, cité par le journal moscovite. Les régions de Kemerovo, d’Irkoutsk et de Sverdlovsk situées dans l’Oural et la Sibérie, sont les plus touchées avec plus de 2 % des habitants infectés.
Le profil des personnes touchées s’est fortement modifié au cours des quinze dernières années. Natalia Ladnaïa, chercheuse principale au Département de prévention et de contrôle du sida de Rospotrebnadzor, souligne que l’âge moyen des personnes touchées par le VIH a progressé de 32 à 44 ans sur la période récente. Par ailleurs, environ deux tiers des nouvelles contaminations surviennent désormais chez des personnes hétérosexuelles.
La prise en charge médicale se heurte à certaines limites. Selon Natalia Ladnaïa, seule la moitié des personnes vivant avec le VIH en Russie présentent une charge virale indétectable. Au moins 600.000 personnes demeurent donc en situation de transmettre le virus. Chez les patients sous traitement, le taux de suppression virale se situe entre 77 % et 78 %, un niveau nettement inférieur au seuil de référence de 95 % que préconise l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Pour la première fois depuis six ans, les autorités sanitaires ont constaté des cas de transmission du VIH par transfusion sanguine directe. Les contaminations en milieu hospitalier explosent aussi avec au moins 104 patients contaminés au sein même d’établissements de santé à cause du réemploi ou du mauvais nettoyage d’instruments médicaux.
Open Questions
- Quelles mesures concrètes seront prises pour améliorer le taux de suppression virale ?
- Comment expliquer la recrudescence des contaminations en milieu hospitalier ?




