
Un réseau international blanchissant plus de 337 millions de zlotys d'arnaques crypto a été démantelé en Pologne, avec neuf arrestations à la clé.
AI-generated summary
Le réseau utilisait des fausses plateformes d'investissement et des achats d'or fictifs via des bureaux de change pour blanchir l'argent.
Des lingots qui n’ont jamais existé. Lundi 19 octobre, la Pologne a annoncé le démantèlement d’un réseau de blanchiment. Les gardes-frontières ont agi avec l’agence de sécurité intérieure ABW et le bureau central de lutte contre la cybercriminalité. Le réseau a fait transiter plus de 337 millions de zlotys, soit près de 80 millions d’euros au cours actuel. L’argent provenait d’arnaques crypto : fausse plateforme d’investissement et faux placement en cryptomonnaies. Les services ont interpellé neuf personnes, dont sept sont en détention provisoire. Le coup de filet tombe cinq jours après la signature à Strasbourg du protocole européen. Ce texte étend aux cryptos les pouvoirs de gel et de confiscation.
Blanchiment crypto en Pologne : des kantors et de l’or sur le papier
Le mécanisme tient en deux étapes. Les victimes croient investir sur une plateforme de trading ou dans un produit crypto. Elles envoient leur argent. Le réseau doit ensuite lui donner une origine présentable. Il passe pour cela par des kantors, ces bureaux de change présents à chaque coin de rue en Pologne. Il s’appuie aussi sur des achats d’or qui n’ont existé que sur facture. Une transaction sur un métal que personne ne livre justifie un virement, puis un autre. La trace finit par s’effacer. Au total, le communiqué des gardes-frontières chiffre les transactions à plus de 337 millions de zlotys. Ce montant correspond au volume blanchi, pas aux sommes saisies.
Le groupe opérait à Varsovie, Lublin, Wrocław, Katowice et Gdańsk. Un Ukrainien de 34 ans en était le chef. Il donnait les ordres. Il décidait aussi de la réception du cash et de sa circulation en Pologne comme à l’étranger. Les enquêteurs ont retenu huit ressortissants ukrainiens (dont trois femmes) et une Biélorusse. Les perquisitions ont visé des logements, des bureaux et des kantors. Elles ont permis de saisir de l’or et des espèces pour plus d’un million de zlotys. Les enquêteurs ont aussi emporté des ordinateurs et des téléphones. Sur le lieu des arrestations, les communiqués divergent un peu. Les gardes-frontières parlent de Varsovie, l’ABW cite aussi Łódź et la voïvodie de Petite-Pologne. Le parquet régional de Łódź pilote l’enquête sur ce blanchiment crypto.
Neuf suspects, jusqu’à 15 ans de prison : ce que risque le réseau
Le tribunal a placé six suspects en détention provisoire pour trois mois et un septième pour deux mois. Les deux derniers restent libres sous caution. Ils ont interdiction de quitter le territoire et font l’objet d’un contrôle policier. Tous encourent jusqu’à quinze ans de prison, selon l’ABW. Les services n’ont publié aucun nom. Ils n’ont donné ni le nombre de victimes ni leur nationalité.
L’affaire est un cas d’école pour les enquêteurs crypto européens. Le réseau a blanchi hors blockchain, avec de l’or et du cash que les analystes on-chain ne voient jamais passer. Les 337 millions de zlotys représentent environ 1 100 bitcoins au cours de ce mardi. Aucun d’eux n’a eu besoin de transiter par un mixeur. Les gardes-frontières de Varmie-Mazurie, à la frontière avec Kaliningrad, ont mené l’opération. Ils ont travaillé avec le CBZC de Łódź et l’antenne ABW de Gdańsk.
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Procès des neuf suspects encoures jusqu'à 15 ans de prison
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