Primaire de la gauche : débats sur l'Ukraine, les retraites, la jeunesse et les accusations contre Bardella
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Lors de la primaire de la gauche, les candidats débattent de l'aide à l'Ukraine, de la réforme des retraites, de la crise lycéenne et des accusations d'antisémitisme contre Jordan Bardella, tout en abordant leurs visions pour la France et les tensions internes au parti socialiste.
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Why It Matters
La primaire de la gauche oppose plusieurs candidats du PS et de Place publique dans un contexte de montée du RN, de crise budgétaire et de tensions sociales autour des retraites et de l'éducation.
Sur la question de l’Ukraine, Raphaël Glucksmann estime que «ce qui s’y joue, ce n’est pas juste l’avenir de l’Ukraine, c’est l’avenir de l’ensemble de l’Europe, parce que nous sommes tous ciblés.» Face à la multiplication d’agressions russes sur le sol européen, le social-démocrate plaide pour «qu’on construise cette défense européenne, souveraine, autonome.»
Olivier Faure, lui, considère que Vladimir Poutine ne souhaite pas négocier. «Il est même en train de renforcer ses positions sur le front. Et on parle de 300 000 hommes qui viendraient maintenant à la conquête du Donbass. Et c’est vrai aussi que ça pèse sur les finances de la France, de l’Europe, parce que, aujourd’hui, nous sommes les seuls à financer l’effort ukrainien», a détaillé le patron du PS.
Ségolène Royal veut «maintenir la défense de l’Ukraine, mais en même temps faire le même effort pour arrêter cette guerre», plaidant pour «un lieu de diplomatie où le dialogue n’est jamais interrompu» avec Vladimir Poutine. Un «discours évidemment louable mais un peu sirupeux», a taclé Jérôme Guedj.
Lancés par une question de la patronne de la CGT, Sophie Binet, les cinq candidats à la primaire débattent désormais de la question des retraites. Jérôme Guedj souhaite «en finir avec cette réforme injuste et inégalitaire d’un 64 ans appliquée de manière totalement indifférenciée pour les uns et les autres», défendant l’idée d’une «capitalisation collective», loin d’un système qui viendrait se substituer au «principe de répartition».
Olivier Faure, lui, veut une «abrogation immédiate de la réforme Borne», quand Ségolène Royal refuse de «continuer à faire peur aux retraités.» «Les retraites, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas et ce sont des gens qui ont cotisé. Et je ne veux pas qu’on diminue les retraites tant que l’on n’a pas réglé la question de la justice fiscale, tant que l’on n’a pas remis l’impôt de solidarité sur la fortune», tonne l’ancienne ministre, exhortant à «arrêter de faire peur aux retraités parce que ça aggrave la crise économique et en plus, c’est très injuste.»
Si Raphaël Glucksmann souhaite un âge pivot autour de 62 ans, «vouloir fixer un âge de départ universel, c’est profondément injuste», selon lui. «Parce que nous ne sommes pas égaux face à l’existence. Nous ne sommes pas égaux face au travail», rappelle-t-il, appelant à prendre en compte des critères de pénibilité.
Après les débats sur la stratégie, place à la crise lycéenne, à deux jours de la grande journée de mobilisation et au terme d’une semaine marquée par des violences et des dégradations.
Si Jérôme Guedj appelle à écouter les «revendications légitimes» des lycéens, le député de l’Essonne souhaite «faire de la question la jeunesse et de l’école la priorité du prochain quinquennat.» Pour cela, Emmanuel Maurel veut «abroger ParcourSup parce que c’est une source d’angoisse et pour les parents, et pour les élèves et pour les profs, que ça crée un sentiment de frustration et d’injustice.»
Olivier Faure, lui, sera mardi dans la rue, assurait qu’il aurait reçu les lycéens s’il avait été à l’Élysée. «Ces jeunes-là, ils ne demandent pas à casser, ils demandent à pouvoir étudier», affirme le premier secrétaire du PS, plaidant pour un meilleur maintien de l’ordre : «Ce sont des enfants et donc on ne tire pas à bout portant sur des enfants, point barre.»
Même son de cloche du côté de Ségolène Royal, qui «encourage les adultes bien sûr à être aux côtés des lycéens.» «Avec elle, il n’y aurait pas de mouvement social. C’est d’une tristesse infinie de voir la France au bord de la faillite financière et n’être pas capable d’anticiper, de régler les problèmes avant qu’ils n’éclatent», a déclaré l’ancienne ministre de l’Environnement, avant d’ajouter : «Quand on dirige un pays, il faut aimer les jeunes.»
Alors que des propos tirés de vidéos diffusés par la chaîne «Le Média», dans lesquels il dit «pisser» sur Jean-Luc Mélenchon et accuse Ségolène Royal d’avoir fait la «danse du ventre» devant Emmanuel Macron pour obtenir un poste, cette dernière dénonce des «agressions à connotations» sexistes et sexuelles. «Je n’ai jamais demandé de poste à Emmanuel Macron, jamais. J’ai même été viré par Emmanuel Macron quand j’ai défendu les gilets jaunes et quand j’ai défendu les manifestants pour les retraites», a répliqué la socialiste.
Raphaël Glucksmann, lui, s’est défendu affirmant que son propos était dans un cadre privé. «J’ai regardé dans le dictionnaire. C’est multiplier les gesticulations pour obtenir un poste», assure le cofondateur de Place publique. Tout en «assumant» cette déclaration, l’eurodéputé appelle à ne «pas utiliser» ce type de langage dans le débat public, pour lequel il s’est dit «désolé» à deux reprises.
Pourquoi les candidats à la primaire veulent-ils représenter le camp social-démocrate ? «Après dix années de macronisme et de ses illusions et face aux périls du RN, je vous propose un chemin de courage pour répondre aux besoins de dignité exprimés par les Français», quant au pouvoir d’achat, les salaires et les retraites, et la justice fiscale, a lâché Jérôme Guedj, qui s’oppose à «la possibilité d’alliance avec la France insoumise» promue par Olivier Faure.
Un Olivier Faure qui appelle au «rassemblement de la gauche», des écologistes aux syndicalistes, contre le «en même temps» macroniste «qui a donné l’opportunité à l’extrême droite de se présenter comme l’exclusive alternative.»
Dans une France «en état de chaos, de fracture et de déclin», Ségolène Royal promeut sa future présidence, celle du «sens de l’ordre et de la justice». Forte de son parcours, elle veut mettre son «expérience au service de mon pays». Pour ce faire, l’ex-finaliste de la présidentielle de 2007 promet de «déclencher un mouvement pouvant porter la gauche et ensuite élargir entre les deux tours».
Raphaël Glucksmann trouve, lui, «qu’on a tous mal en voyant l’état de notre pays». «Quand on se rend compte à quel point la voix de la France n’est plus écoutée, on a l’impression d’être face à un pays qui tombe. ça n’est pas la France. On doit et on va relever la tête», fait savoir le cofondateur de Place publique.
Emmanuel Maurel se porte candidat «parce qu’il veut servir la France et les Français. Notre pays, il est abîmé. Il est aussi miné par des fractures sociales territoriales entre les générations.» Son objectif ? «Réparer le pays» et de «recréer du commun».
Invité dimanche du «Grand Oral BFMTV-Le Figaro», Dominique de Villepin s’est engouffré dans la brèche ouverte par Mediapart, qui attribue depuis le début de la semaine dernière à Jordan Bardella, dans une enquête en deux volets, des écrits antisémites datant de 2013. Ce que l’intéressé dément en bloc.
Le RN a beau avoir engagé un travail de « normalisation » et de « dédiabolisation » depuis une quinzaine d’années, l’entreprise reste, aux yeux de Dominique de Villepin, loin d’être achevée. « Il faudra beaucoup d’années, de temps et de preuves pour que cette réalité puisse devenir admise par tous », estime le septuagénaire. Jordan Bardella doit-il, selon lui, démissionner, alors que Marine Le Pen vient de lui renouveler sa « totale confiance » ?
« La responsabilité personnelle, c’est une chose ; le problème est celui d’un parti qui hérite d’une tradition, c’est un problème de système, pas de personne », élude l’ancien chef de la diplomatie. Avant d’ajouter : « Si on lance la chasse aux sorcières au RN, on n’en finira pas. »
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«Le pire, c’est de vouloir prendre ce mouvement pour ce qu’il n’est pas. Nous devons reconnaître qu’il y a aujourd’hui un problème dans les lycées, dans beaucoup de lycées. C’est plus vrai dans les quartiers populaires. Nous avons tardé à apporter de bonnes réponses», a déclaré sur BFMTV l’ancien premier ministre.
«Aujourd’hui, j’ai mesuré à quel point il y avait un enjeu de dignité. Quand les conditions matérielles ne sont pas satisfaites, quand des professeurs sont absents depuis le début de l’année…», a-t-il ajouté.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a affirmé que l’effort demandé aux entreprises dans le cadre du projet de budget 2027 atteignait environ 10 milliards d’euros, soit moitié moins que le montant avancé par le Medef, dans un entretien à La Tribune Dimanche. «La somme avancée par le Medef de 20 milliards d’euros est inexacte. L’effort demandé aux entreprises est de l’ordre de 10 milliards en incluant une réduction à 5 milliards d’euros de surtaxe dans le cadre de l’impôt sur les sociétés et une contribution pour des grandes entreprises de fret maritime», a indiqué M. Lescure au surlendemain de la présentation par le gouvernement de son projet de budget pour 2027.
Première organisation patronale, le Medef a estimé jeudi à «près de 20 milliards d’euros» les prélèvements et taxes touchant les entreprises dans le projet de budget, jugeant «qu’affaiblir encore les entreprises, c’est affaiblir le pays».
Le Mouvement des entreprises de France (Medef) a dénoncé «la multiplication des taxes» sur différents secteurs figurant dans le projet du gouvernement : sur les autoroutes, les produits transformés sucrés, le transport maritime, les conventions d’assurance automobile ou les complémentaires santé.
Entre les salles et les moyens techniques, les coûts d’organisation d’un meeting pour cette présidentielle ont nettement augmenté en raison de l’inflation, obligeant les candidats à s’adapter, voire à réduire la voilure de ce type d’événement. Face à ces prix en hausse pour toute la partie événementielle, poste de dépense parmi les plus importants en campagne électorale, certains candidats remettent une nouvelle fois en cause le plafond, fixé depuis 2009 à 16,851 millions d’euros au premier tour et à 22,509 millions au second.
Éric Zemmour, qui s’apprête à se lancer pour la deuxième fois dans la course à l’Élysée, a d’ores et déjà prévu de faire moins de réunions publiques qu’en 2022, lui qui avait pourtant été l’un des seuls, avec Jean-Luc Mélenchon à l’époque, à enchaîner les impressionnantes démonstrations de force militantes. Officiellement, c’était « très et trop prenant » selon son entourage, mais en réalité se pose aussi une question financière, pour lui comme pour les autres prétendants.
L’INFLATION CONTRAINT LES MEETINGS
Au lendemain de la nouvelle charge de Mediapart contre Jordan Bardella, ce proche de Marine Le Pen, membre de la direction de campagne, ne bronche pas. Il se sent très bien. « Rien n’a changé pour moi. Je ne suis absolument pas convaincu par ce qu’apporte Mediapart. Leurs preuves ne sont pas convaincantes. Donc, maintenant, on fait campagne et on parle aux Français », affirme-t-il, absolument imperturbable. L’homme va encore plus loin en lâchant : « Franchement, tout va bien. » Et dit ne penser qu’à une chose : le rendez-vous du 6 octobre prochain, quand Marine Le Pen détaillera les 125 milliards d’euros d’économies qu’elle entend faire.
Voilà l’ambiance qui règne parmi les stratèges de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, moins de vingt-quatre heures après le dernier article de Mediapart sur les propos antisémites qu’aurait écrits, en 2013, Jordan Bardella, alors âgé de 17 ou 18 ans et simple militant Front national. Dans ce nouvel article, publié jeudi à 18 heures, le journal en ligne a mis en scène ses « preuves ». Il publie des captures d’écran des messages qu’aurait envoyés Jordan Bardella à une autre personne sur la plateforme Messenger. L’interlocuteur du président du RN a demandé à Meta un téléchargement de cette conversation, dont l’extraction a été authentifiée par un huissier, selon Mediapart. Et puis il y a les éléments biographiques prouvant selon le média que l’auteur des messages était bien Jordan Bardella : une mère née en Italie, la mention d’une interview qu’il avait accordée au Parisien en 2013 ou encore l’échec au concours de Sciences Po.
FACE AUX ACCUSATIONS, LE RN FAIT BLOC
À la veille du dernier débat télévisé des candidats à la primaire, deux extraits de propos tenus par Raphaël Glucksmann, destinés à rester privés, ont été diffusés par Le Media, support en ligne proche de la gauche radicale. Ce dernier se trouve au côté du chef des députés socialistes Boris Vallaud et semble discuter avec des militants.
Dans un premier extrait, l’eurodéputé débriefe le débat du Medef fin août, auquel il avait participé avec six autres candidats à la présidentielle, dont Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. On l’entend dire que «sur les questions économiques», les deux candidats «étaient méga à la ramasse». «Je l’ai vu les yeux perdus Mélenchon, dans ce débat», insiste-t-il. «Le Pen a ramené (le sujet du) voile» dans le débat politique. «Et lui (Jean-Luc Mélenchon, ndlr), il a remis l’abaya. Ils ont réagi en symétrie. On leur pisse dessus, on va pas rentrer dedans», s’enflamme-t-il.
Dans une seconde vidéo, l’eurodéputé s’en prend à sa concurrente dans la primaire de la gauche, Ségolène Royal, l’accusant d’avoir fait «la danse du ventre à Macron» ces dernières années alors que lui siège «depuis sept ans et demi au Parlement européen».
Les deux intéressés ont vivement réagi. Jean-Luc Mélenchon s’est étonné sur X de cette vidéo où «R. Glucksmann prétend qu’il me “pisse dessus”. Il y a peu, il annonçait qu’il allait me “plier”», remarque-t-il. «On voit comment il adopte la “méthode de la nuance” qu’il recommande et le “refus de la brutalisation du débat” qu’il proclame», dit-il.
De son côté, Ségolène Royal a déploré sur X «le sexisme consternant de cette remarque immature» et «une contre-vérité», affirmant qu’elle avait été «révoquée» de son poste d’ambassadrice des pôles Arctique et Antarctique pour avoir «dénoncé la violence de la répression contre les gilets jaunes et refusé de (se) taire, comme le demandait Emmanuel Macron».
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«Je vais être élu ce soir. Tu vas l’apprendre à 20 heures, mais je te préviens», confie François Hollande à son père quelques minutes avant l’annonce officielle de sa victoire à l’élection présidentielle en 2012. «Je te plains quand même !», lâche aussitôt Georges Hollande, qui était d’un tout autre bord politique «à la droite de la droite». Il avait fait de ce point de vue «une bonne prophétie», s’amuse l’ancien président de la République. Pour lui, «agir n’était pas vain, mais douloureux.»
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What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Jordan Bardella devra s'expliquer davantage sur les accusations d'antisémitisme lors du prochain débat télévisé.
Likely
Les candidats à la primaire de la gauche continueront à diverger sur l'âge de départ à la retraite, empêchant un consensus rapide.
Likely
Olivier Faure participera effectivement à la manifestation lycéenne mardi prochain, comme il l'a annoncé.
Very likely
Open Questions
- Quel sera l'impact des accusations contre Jordan Bardella sur sa campagne ?
- Les candidats parviendront-ils à s'unir derrière un seul nom pour affronter le RN ?
- Quelles mesures concrètes seront proposées pour résoudre la crise lycéenne ?
- Comment sera financé l'effort demandé aux entreprises dans le budget 2027 ?





