Primaire socialiste 2026 : tensions autour des vidéos, de l'éducation et de l'Ukraine
Quick Look
Lors du débat télévisé de la primaire socialiste du 4 octobre 2026, les cinq candidats Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel se sont affrontés sur des sujets tels que les vidéos polémiques diffusées par 'Le Media', les réformes de l'éducation nationale, les alliances avec La France Insoumise, la réforme des retraites et la guerre en Ukraine, dans une atmosphère tendue avant le premier tour prévu les 9 et 10 octobre.
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Why It Matters
Le débat télévisé organisé par BFMTV le 4 octobre 2026 s'inscrit dans le cadre de la primaire du Parti socialiste et de ses alliés pour désigner le candidat à l'élection présidentielle de 2027, dans un contexte de tensions internes sur les alliances avec La France Insoumise et de défis nationaux tels que les réformes de l'éducation, les retraites et la guerre en Ukraine.
Jamais deux sans trois. Une nouvelle fois, les cinq candidats à la primaire du Parti socialiste et de ses alliés ont dialogué dans une atmosphère tendue, dimanche 4 octobre, à l'occasion d'un débat organisé par BFMTV. L'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, le patron du PS Olivier Faure, l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal, le député PS Jérôme Guedj et celui de la gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel, qui espèrent représenter la social-démocratie en 2027, se sont opposés sur plusieurs points... Et se sont souvent écharpés. Franceinfo vous résume les principaux points de ces échanges, avant le premier tour de la primaire, prévu les 9 et 10 octobre.
Passe d'armes autour des vidéos révélées par "Le Media"
Le dernier débat télévisé de la primaire socialiste a été l'occasion de régler quelques comptes. Amené dans les vingt premières minutes des discussions, par Olivier Faure, le sujet de la vidéo diffusée par le site "le Média" dans laquelle Raphaël Glucksmann accuse Ségolène Royal d'avoir fait "la danse du ventre" auprès d’Emmanuel Macron. Ségolène Royal, a été longuement évoqué. L’ancienne candidate à l’élection présidentielle a dénoncé "une agression à connotation sexuelle". "Je n’accepte pas qu’une fois de plus on puisse dégrader une femme", a-t-elle déclaré, avant d'ajouter, en s'adressant à Raphaël Glucksmann : "J'ai l'habitude des agressions verbales pendant les campagnes, mais venant de vous, ça m'a particulièrement choqué."
Le candidat Place publique s'est défendu, en expliquant que les images ont été filmées "dans un cadre privé" et en assurant qu'"il n'y avait aucune connotation sexiste". "Le plus simple, c'est de s'excuser", a alors souligné le patron du PS Olivier Faure, ajoutant que "ce n'était pas un cadre privé, c'était une réunion militante".
"Je suis vraiment désolé si ces propos ont été perçus comme étant sexistes. Ils n'avaient pas vocation à sortir. Je suis désolé", a-t-il fini par déclarer.
Le sort des lycéens au cœur des discussions
Après un long propos introductif, les cinq candidats ont été invités à s'exprimer sur les réformes nécessaires dans l'Education nationale, alors que le pays est traversé par une vague de blocages dans les lycées. Tous ont affiché leur soutien aux revendications des lycéens. Elles sont "absolument légitimes", a soutenu Jérôme Guedj, mais "la violence ne sert absolument à rien". "Moi président, je donnerai de nouvelles consignes aux forces de l'ordre" en matière de maintien de l'ordre, en n'utilisant pas l'usage de LBD par exemple, a-t-il poursuivi, tout en affirmant que "la jeunesse doit être protégée de la violence et des casseurs."
Emmanuel Maurel a quant à lui défendu "l'abrogation" de Parcoursup, qu'il estime être un facteur de stress pour les élèves et les parents. Il a précisé vouloir revenir sur la réforme du bac en 2019, qui a mis fin aux filières ES, S ou L. Raphaël Glucksmann, candidat Place publique, a dit vouloir "être inflexible avec les casseurs qui viennent voler la mobilisation des lycéens", et a promis, s'il arrive à l'Elysée, "une loi de programmation sur cinq ans" pour le bâti scolaire, l'augmentation du salaire des enseignants ou encore "la diminution du nombre d’élèves par classe".
Le spectre de Jean-Luc Mélenchon pèse sur le débat
Si plusieurs candidats ont déploré que la primaire tourne autour des alliances avec LFI, il n'a pas fallu longtemps pour que Jean-Luc Mélenchon revienne dans le débat. "Jean-Luc Mélenchon n'est pas Voldemort [celui dont il ne faut pas prononcer le nom], mais il est un boulet sur la perspective de victoire face à la perspective du RN", a lancé Jérôme Guedj.
Une petite phrase visant Olivier Faure et sa position "qui consiste à dire j’essaie d’être gentil avec tout le monde". Selon lui, le premier secrétaire du Parti socialiste, qui estime nécessaire le rassemblement de la gauche à l'Assemblée, les "fragilise" en laissant "entendre que nous aurions des passerelles possibles" avec LFI.
Alors que Raphaël Glucksmann a répété son hostilité à LFI, Ségolène Royal a dénoncé le "hold-up" que le candidat de Place publique mène sur le PS, l'accusant d'être venu dans la primaire car il "n'a pas réussi à créer une dynamique avec son parti politique", et d'accabler la formation de Jean-Luc Mélenchon pour "justifier l'alliance avec la droite". "Un pur procès d'intention", a-t-il déploré, affirmant qu'il n'avait aucune intention de diluer la famille sociale-démocrate, "ni dans le mélenchonisme ni dans la droite".
Des voix qui s'accordent sur les retraites
Les candidats ont été appelés à répondre à une question de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, sur le passage de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Tous ont affirmé vouloir abroger la réforme de 2023, qualifiée d''injuste", par Raphaël Glucksmann. Le candidat exclut cependant de revenir à un âge légal à 60 ans. Sur le sujet, Ségolène Royal est restée vague en affirmant surtout ne pas vouloir "qu'on continue à faire peur aux retraités". "Les retraites, c'est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas et ce sont des gens qui ont cotisé", a-t-elle tancé.
Emmanuel Maurel a affirmé quant à lui, vouloir "en rester à ce qu’on a obtenu, donc les 62 ans" et a précisé être "hostile" à la retraite par capitalisation.
La menace russe au menu des discussions
Comme lors du premier débat de la primaire, la guerre en Ukraine et la menace russe étaient au menu des discussions de la soirée. Interrogée sur la guerre en Ukraine, Ségolène Royal a dit vouloir "maintenir la défense de l'Ukraine" mais a assuré qu'il "faudra le même effort pour arrêter cette guerre", notamment avec un dialogue avec Vladimir Poutine. "Quand on veut agir, on trouve un moyen. Quand on ne veut pas agir, on trouve une excuse", a-t-elle affirmé. Un discours qualifié de "sirupeux" bien que "louable" par Jérôme Guedj. "Je ne suis pas sirupeuse", s'est indignée l'ex-candidate à la présidentielle, qui y a vu une remarque "sexiste".
Le député PS a poursuivi son propos en disant vouloir que l'Ukraine gagne "cette guerre et qu'elle puisse décider des conditions dans lesquelles elle demande le cessez-le-feu et la récupération de la souveraineté sur son territoire". Il a estimé que la France devra maintenir son aide financière et logistique à Kiev.
Raphaël Glucksmann a enfin appelé l'Europe à "être capable de se défendre, y compris seule" face à la menace russe qui pèse sur le continent.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le premier tour de la primaire socialiste aura lieu les 9 et 10 octobre 2026 comme prévu.
Very likely · Within days
Les tensions entre les candidats sur l'alliance avec La France Insoumise continueront de dominer la campagne jusqu'au second tour de la primaire.
Likely · Within weeks
Open Questions
- Quel sera l'impact de ce débat sur les résultats du premier tour de la primaire prévue les 9 et 10 octobre ?
- Les candidats parviendront-ils à dépasser leurs divergences sur l'alliance avec LFI pour présenter un front uni face au RN ?
- Quelles mesures concrètes seront proposées pour répondre aux revendications des lycéens sans recourir à la violence ?





