Procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu : la personnalité des accusés scrutée
Deuxième jour d'audience à la cour d'assises de Paris pour le procès de l'assassinat du rugbyman argentin Federico Martin Aramburu en mars 2022.
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La cour d'assises de Paris examine la personnalité des accusés Loïk Le Priol et Romain Bouvier lors du deuxième jour du procès de l'assassinat de l'ancien rugbyman argentin Federico Martin Aramburu.
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Why It Matters
Le meurtre de l'ancien rugbyman argentin Federico Martin Aramburu a eu lieu en mars 2022 près du bar Le Mabillon à Paris.
• Direct Procès Aramburu : deuxième jour d'audience à la cour d'assises de Paris, la personnalité du co-accusée Loïk Le Priol abordée mardi après-midi
La cour avait commencé l'audience mardi matin par scruter le passé de Romain Bouvier.
Ce qu'il faut savoir
La salle Voltaire de la cour d'assises de Paris est encore pleine à craquer, mardi 8 septembre, à l'occasion du deuxième jour d'audience au procès de l'assassinat du rugbyman argentin Federico Martin Aramburu en mars 2022. Depuis 9h45, ce sont les personnalités de Loïk Le Priol et Romain Bouvier, respectivement jugés pour assassinat et tentative d'assassinat, qui sont abordées. On en apprendra aussi davantage sur les deux autres accusés, Lyson Rochemir, ancienne petite amie de Loïk Le Priol poursuivie pour complicité de tentative d’assassinat, et Anthony Sorrentino, à qui l’on reproche d'avoir aidé Romain Bouvier dans sa cavale. Suivez notre direct.
• Romain Bouvier s'explique sur la présence d'un exemplaire de "Mein Kampf" chez lui. A la barre, mardi matin, l'accusé a justifié la présence de cet ouvrage d'Adolf Hitler par le fait qu'il s'agissait d'une édition "très rare, en allemand et caractères gothiques". D'autres livres d'extrême droite se nichaient dans les étagères du haut de sa bibliothèque. Mais Romain Bouvier affirme qu'il possède également des ouvrages "d'extrême gauche", citant Mao et Marx. "Les ouvrages politiques ne représentent même pas 5% de ma bibliothèque", a-t-il assuré.
• "Quand je vois la personne que j’étais à l’époque, j’ai le vertige", déclare Romain Bouvier. A la barre, Romain Bouvier est revenu sur une autre affaire pour laquelle il a été condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, en juin 2022. Il s'agit de celle concernant les violences volontaires commises en 2015 sur Edouard Klein, chef du GUD, un groupe d'extrême droite aujourd'hui dissous. "J’ai eu un comportement lamentable, inexcusable (...) Quand je vois la personne que j’étais à l’époque, j’ai le vertige", a-t-il déclaré.
• Loïk Le Priol répète avoir "tiré" pour se "défendre". L'ouverture du procès, lundi, a été marquée par les premiers mots à la barre des accusés. Le militant d'ultradroite Loïk Le Priol a de nouveau plaidé la légitime défense. "Je suis l'auteur de la mort de Federico Martin Aramburu. J'ai toujours expliqué avoir tiré pour me défendre", a-t-il déclaré. "Je conteste totalement les faits", a lancé de son côté Romain Bouvier, debout, le torse tourné vers la cour.
Loïk Le Priol, qui a été commando marine par le passé, a trouvé dans l’armée un environnement qui lui correspondait "davantage que le cadre scolaire". Il trouve dans les forces spéciales des valeurs communes à celles "du scoutisme et du rugby", rapporte une enquêtrice de personnalité, qui a échangé avec lui à deux reprises.
Mais en juillet 2015, il est rapatrié de Djibouti, où se trouve un important contingent militaire français, "en raison d'un état de stress post-traumatique sévère". En octobre 2017, il est finalement radié "à titre disciplinaire". Loïk Le Priol a été impliqué dans des violences commises sur une femme lorsqu'il était à Djibouti.
"M. Le Priol, je ne m’en suis jamais caché, je le considérais comme un héros de guerre, un héros."
Alors que Loïk Le Priol et Romain Bouvier ne se lancent (presque) aucun regard depuis le début de l'audience, le deuxième lui fait quand même des éloges. Le président de la cour d'assises l'interroge sur l'équilibre de leur relation. "On était dans un rapport d’égal à égal (...) Je ne me suis jamais vu comme son subalterne", assure Romain Bouvier.
Celui qui est accusé de tentative d'assassinat sur Federico Martin Aramburu confirme par ailleurs sa passion pour les armes. Il en collectionnait certaines, celle du "XIXe siècle en particulier", et pratiquait le tir plusieurs fois par an "dans une propriété privée". "C’est un intérêt que j’avais mais que je n’aurai plus jamais", déclare-t-il. Lors de la tragique nuit près du bar Le Mabillon, le 19 mars 2022, Romain Bouvier a tiré quatre fois en direction de l'ancien rugbyman, et il l'a touché deux fois.
Romain Bouvier revient sur sa proximité avec le GUD "d’octobre 2011 à avril 2012" seulement, selon lui. Il souhaite d'abord dédiaboliser le groupuscule d'extrême droite qui, à l'époque, était "un syndicat étudiant légal qui se présentait aux élections du Crous". Le GUD a été dissous par le gouvernement en juin 2024, notamment à cause de son idéologie suprémaciste. "Je n’ai jamais participé à une action violente dans le cadre de ce syndicat étudiant", ajoute Romain Bouvier.
Dans ce passage à tabac en réunion, qui a été filmé et où Loïk Le Priol était également présent, Romain Bouvier assume avoir été "l’un des principaux agresseurs" d'Edouard Klein. "C’était un déferlement de violences et d’humiliations abjectes." Selon lui, l'ancien leader du GUD "violentait ses compagnes", mais "c’était à la justice de s’occuper de ça".
Une enquêtrice de personnalité décrit ce matin Romain Bouvier, qu'elle a rencontré au cours de sa détention, comme féru de littérature et très proche de sa mère. Il a été marqué par le décès de son père en 2008 d'une crise cardiaque. Il n'était pas son géniteur mais l'avait reconnu. D'ailleurs, lorsque Romain Bouvier se rapproche du GUD, groupe d'extrême droite, lors de ses études de droit à Assas, c'est en partie parce qu'il a appris que son père en aurait fait partie plus jeune.
"Il n’adhère pas à l’idéologie politique [du GUD], il insiste sur le fait qu’il n’a jamais été encarté", rapporte l'enquêtrice de personnalité. Romain Bouvier lui explique aussi qu'il appréciait fortement certains membres du GUD : Loïk Le Priol, qui est actuellement assis à côté de lui dans le box des accusés, et Edouard Klein, à l'époque chef du GUD. En 2022, Loïk Le Priol et Romain Bouvier ont été condamnés pour des violences en réunion commises en 2015 sur ce même Edouard Klein.
Open Questions
- Quelles seront les peines requises pour les accusés ?




