
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a reconnu une perte de contrôle après les événements du week-end qui ont touché au moins 3 000 commerces.
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Le 17 octobre a été marqué par des violences urbaines et des pillages à travers la France. Le gouvernement a annoncé des mesures de soutien pour les 3 000 commerces touchés.
Des pillages, des destructions et des policiers parfois impuissants. Laurent Nuñez le ministre de l'Intérieur a reconnu lundi 19 octobre sur France Inter que la police a "perdu le contrôle" après les violences du 17 octobre. Le gouvernement a annoncé lundi "qu'au moins 3 000 commerces" avaient été touchés par des dégradations ou des pillages ce week-end et qu'ils pourraient bénéficier de mesures de chômage partiel dès mardi ainsi que d'un "fonds de soutien spécifique".
1 À quel point s'agit-il d'un échec pour le gouvernement et les forces de l'ordre ?
Comme un aveu d'échec. Lors de son allocution, le président a demandé au ministre de l'Intérieur de déployer une nouvelle doctrine de maintien de l'ordre face aux casseurs. Sur France Inter, lundi matin, Laurent Nuñez a indiqué avoir remis sa démission au président. "J'ai un sens de l'intérêt général et, vu les dégâts qu'il y a eu, il était normal que je remette ma démission", a expliqué le ministre de l'Intérieur. Une démission refusée par le président de la République.
Un haut gradé fait une comparaison avec les pompiers en Gironde, cet été, face aux incendies gigantesques et incontrôlables. "C'est très difficile de lutter contre quelque chose de cette ampleur", explique-t-il. Un autre parle de "désastre", un mot qui mêle dans sa bouche le résultat, mais aussi l'incapacité des policiers à contenir les casseurs et les pilleurs, avec les moyens qui étaient disponibles.
2 Est-ce qu'il y a eu un manque d'anticipation sur le nombre de manifestants ?
Dimanche soir, le président de la République a pointé très clairement des "défaillances" venues des renseignements. Il y a d'abord le nombre de manifestants au sens large, qui a été amplement sous-estimé, à Paris comme en province. Les services de renseignement tablaient sur 200 000 personnes dans les rues samedi, il y en a eu au moins 550 000.
Mais si le delta est spectaculaire, pour de nombreux policiers ce n'est pas ça le vrai problème, car dans l'ensemble, une fois les cortèges élancés, il n'y a pas eu d'incident particulier dans les manifestations. A Paris par exemple, les heurts se sont cantonnés pendant plusieurs heures à la place de la République, le point de départ du défilé, avec des affrontements qui avaient été anticipés avec des militants identifiés comme d'ultragauche. Au moins 1 500 grenades lacrymogènes ont notamment été tirées par une seule compagnie de CRS.
3 Le nombre de personnes considérées comme casseurs a-t-il été sous-estimé ?
Oui, le manque d'anticipation préjudiciable concerne le nombre de casseurs-pilleurs. La préfecture des Bouches-du-Rhône parle de 30 000 pilleurs, un chiffre nuancé par le maire de Marseille, Benoît Payan. Dans certaines villes, on n'a pas vu venir l'heure à laquelle les exactions allaient commencer. A Marseille, les violences ont débuté dès 8h30 du matin.
Il semble, compte tenu de ce qui remonte à franceinfo, que l'anticipation pour Paris ait été plus juste. La direction du renseignement de la préfecture de police avait émis l'hypothèse de plusieurs milliers de pilleurs, susceptibles de déambuler en cortèges sauvages. En revanche, pour le reste du territoire, la direction nationale du renseignement territorial, une autre structure qui compile et analyse les remontées des policiers dans les départements, semble avoir été dépassée.
4 Le nombre de forces déployées était-il insuffisant ?
Le nombre de policiers et de gendarmes déployés était censé être dimensionné aux prévisions. Forcément, si l'anticipation n'est pas bonne, difficile d'avoir assez de monde pour prévenir et contenir les troubles. Sur France Inter, Laurent Nuñez a donné le nombre de forces de l'ordre engagées samedi : 60 000 en France. C'est nettement moins que les 80 000 mobilisés pour la journée "Bloquons Tout", le 10 septembre 2025, ou que les 89 000 engagés le 8 décembre 2018 pour l'acte 4 des gilets jaunes.
A Paris, une source policière indique que la demande en unités de forces mobiles, c'est-à-dire les compagnies de CRS, les escadrons de gendarmes mobiles, n'a pas été satisfaite. Sachant que, par exemple, pour la capitale, beaucoup de CRS ont été mobilisés afin de protéger certains sites stratégiques comme l'Elysée, l'Assemblée nationale ou l'Hôtel de Ville. Quand des cortèges de plusieurs centaines de personnes déambulent ensuite un peu partout dans Paris, il est plus difficile de les empêcher de nuire.
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Mise en place d'un fonds de soutien spécifique pour les commerçants.
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