Relaxation dans une affaire de violences sexuelles périscolaires à Paris : la colère des parents
Quick Look
- Une centaine de parents d'élèves ont manifesté à Paris après la relaxe d'un animateur périscolaire accusé d'agressions sexuelles sur neuf enfants.
- Le parquet a fait appel.
- Les familles dénoncent une minimisation de la parole des enfants.
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Cette relaxe, la deuxième en trois semaines pour une affaire de violences sexuelles dans le périscolaire parisien, ne passe pas.
Devant l'école maternelle Alphonse-Baudin, dans le 11e arrondissement, un rassemblement d'une centaine de parents d'élèves s'est tenu, jeudi 9 juillet, en présence de conseillers de la Ville, entre autres les élus écologistes David Belliard et Laëtitia Vipard.
"Nous refusons que la parole des tout-petits soit minimisée", argue la mère d'un garçonnet de 3 ans et demi, le premier "lanceur d'alerte", comme elle le définit, de l'affaire, en septembre 2024, avant un déferlement de révélations au printemps 2025.
David G., animateur périscolaire de cet établissement, a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel "au bénéfice d'un doute très sérieux" des accusations d'agressions sexuelles sur neuf enfants.
"Des parents ont dû rentrer chez eux et regarder leurs enfants dans les yeux, des enfants à qui on avait dit : 'Parle, on te protégera'", déplore Barka Zerouali, cofondatrice du collectif #MeTooEcole.
Elle dénonce l'interprétation du tribunal concernant les auditions des enfants. Quand les propos sont "trop flous, on ne te croit pas", et lorsqu'ils sont "trop clairs, on ne te croit pas non plus", affirme-t-elle.
Mardi, le président du tribunal correctionnel a plusieurs fois suggéré que les témoignages des enfants avaient pu être "influencés" par leurs parents, évoquant "des phrases toutes faites" pour ceux qui avaient réussi à parler devant les policiers de la brigade de protection des mineurs (BPM).
David G. a en revanche été condamné à huit mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel sur deux collègues.
Des familles de l'école Titon, située dans le même arrondissement et où un animateur a également été relaxé mi-juin, sont venues soutenir les parents d'Alphonse-Baudin.
"Nous sommes confrontés à la même incapacité des lois (…) à protéger les enfants. Ces décisions traduisent une lâcheté", regrette Pénélope, une mère d'élève.
"La justice envoie un signal d'une immense gravité. Une telle impunité est une invitation pour les auteurs de violences."
Pénélope, mère d'un enfant de l'école Titon
devant les journalistes
Hannah Kopp, avocate qui représente six familles de l'école Alphonse-Baudin, souligne que "personne n'avait demandé la relaxe", "même l'avocat [de David G.] s'était rallié au procureur".
Lors de l'audience du 26 mai, le ministère public avait requis trois ans de prison contre l'accusé, dont un ferme sous bracelet électronique, pour des faits concernant trois enfants.
Le parquet a annoncé mercredi à l'AFP faire appel de la décision de relaxe pour ces mineurs.
La crainte d'autres relaxes
Dimitri*, le père d'une petite fille de l'école Alphonse-Baudin, juge ce procès "honteux".
"Le tribunal n'a pas pris en compte la parole des enfants, sauf pour la retourner contre eux", lâche-t-il, soulignant que sa fille a décrit de façon très précise, auprès de lui-même mais aussi d'une psychologue, des attouchements de la part de l'animateur, autant d'éléments versés au dossier.
Mais elle a peiné à trouver les mots dans les locaux de la BPM.
Selon lui, le président du tribunal "a utilisé le fait que [s]a fille a confondu le ventre et les parties intimes" alors qu'elle "était dans une période de fort trauma".
"Il n'y a pas eu un mot de compassion de la part du juge à l'égard des parents et des parties civiles."
Dimitri, père d'une petite fille de l'école Alphonse-Baudin
à franceinfo
La fille de Dimitri n'est pas concernée par la procédure d'appel.
"Pour nous, c'est le coup de grâce", se désespère le père de famille.
Eléonore, représentante d'un collectif de parents d'élèves du 11e arrondissement, rapporte qu'un "sentiment de peur se répand" chez les familles.
Elles craignent que des relaxes soient prononcées dans les autres procès à venir à Paris.
Depuis début 2026, le parquet a ouvert des enquêtes dans 84 écoles maternelles de la capitale, ainsi que dans une vingtaine d'établissements élémentaires et une dizaine de crèches.
Vendredi, le tribunal correctionnel doit rendre sa décision dans une troisième affaire, celle de l'école Aqueduc, dans le 10e arrondissement.
L'AFP précise que Souleymane D., placé sous contrôle judiciaire, est acccusé d'"atteinte sexuelle par violence, contrainte, menace ou surprise" sur une enfant née en mars 2020, victime d'"attouchements au niveau du cou, du dos, du sexe et des fesses".
*Le prénom a été modifié




