Réviser la Constitution par référendum : pour Le Pen, Ferrand «doit quitter la tête du Conseil constitutionnel» après ses critiques sur sa proposition
Quick Look
- Marine Le Pen et Jordan Bardella accusent Richard Ferrand, président du Conseil constitutionnel, de manquer à son devoir de réserve après ses critiques contre leur projet de révision constitutionnelle par référendum via l'article 11.
- Ferrand réplique en défendant l'article 89 comme seule voie légale pour réformer la Constitution, rappelant l'avis défavorable du Conseil en 1962 sur l'élection présidentielle au suffrage universel.
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Why It Matters
Le débat porte sur la possibilité de réviser la Constitution par référendum via l'article 11, proposé par Marine Le Pen, ou par la procédure classique de l'article 89 nécessitant un vote du Parlement et un référendum ou un congrès. Le RN cite le précédent de 1962 sur l'élection présidentielle au suffrage universel, contesté par Richard Ferrand qui rappelle l'avis défavorable du Conseil constitutionnel à l'époque.
Signe que la tension monte à l’approche de la présidentielle, la contre-attaque n’a pas tardé. Après que le patron du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, a publiquement balayé la proposition phare de Marine Le Pen de réviser la Constitution par référendum, sans passer par le Parlement, via l’article 11 du texte fondamental, la candidate RN à l’Élysée l’a appelé à «quitter la tête» de l'institution. En cause ? Un manquement, selon elle, à son devoir de réserve. «En ayant prononcé ces propos, il a rompu avec l'obligation qui est la sienne de neutralité, et avec l'interdiction, qui est dans les textes, de se prononcer sur une affaire qui n'a pas encore été soumise au Conseil constitutionnel», a accusé mercredi la figure nationaliste lors d'une conférence de presse à Bruxelles.
Dès mardi, Jordan Bardella est monté au créneau. En marge d’un déplacement à Madrid, le président du RN a estimé que Richard Ferrand se comportait en «chef de clan socialiste». Une pique en référence au passé de l’ancien député socialiste, devenu l’un des fidèles de la première heure d’Emmanuel Macron, embarqué dès 2016 dans l’aventure En Marche (aujourd’hui Renaissance). «Si les Français nous accordent leur confiance, les Français seront consultés par référendum» pour modifier la Constitution, et «M. Ferrand ne pourra pas empêcher cette consultation», a martelé l’eurodéputé.
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Au vu de cet affrontement politico-juridique, un point de droit s’impose. Alors que le RN entend soumettre directement sa réforme aux Français, l’article 89 de la loi fondamentale - qui encadre toute révision - prévoit qu’un projet soit d’abord voté en «termes identiques» par l’Assemblée nationale et le Sénat, avant d’être approuvé par référendum ou par une majorité des trois cinquièmes du Parlement réuni en Congrès à Versailles. Or, l’équation n’est pas si simple pour le RN. S’il espère décrocher une majorité à l’Assemblée à la faveur d’une dissolution actionnée après la présidentielle qu’il aurait remportée, la chambre haute restera dominée par la droite et le centre, susceptibles de faire barrage à une telle réforme.
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D’où la volonté du parti à la flamme d’écarter ce fameux article 89 au profit de l’article 11, censé servir à organiser des référendums «sur l’organisation des pouvoirs publics», et non à réviser la loi fondamentale. Qu’importe pour le RN, qui invoque le précédent de 1962, lorsque le général de Gaulle avait soumis aux Français l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Un argument que conteste Richard Ferrand. «Le Conseil constitutionnel - qui avait à peine quatre ans, c’était un bébé en croissance - avait rendu ce qu’on disait à l’époque un avis officieux, pour dire au général de Gaulle que ce n’était pas conforme à la Constitution», rappelle-t-il. Mais «n’est pas de Gaulle qui veut» et, depuis, «la vie a changé», tranche l’ex-président de l’Assemblée nationale.
Ferrand : l’article 89, seule «voie» pour réformer la constitution
Et pour cause : «Le Conseil constitutionnel, au fur et à mesure de son existence, s’est reconnu la compétence de juger les décrets de convocation d’un référendum», prévient-il encore, laissant entendre que les Sages annuleraient la convocation d’un tel scrutin. «L’article 89 est la seule voie pour réformer la Constitution. Tous mes prédécesseurs l’ont affirmé (...) Qu’on ne vienne pas me dire que c’est impossible, il y a eu 25 révisions. Cela nécessite un vrai travail de fond de nos représentants», plaide-t-il.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le Conseil constitutionnel sera saisi pour statuer sur la constitutionnalité d'un référendum sous l'article 11 pour réviser la Constitution
Likely · Within weeks
Si le RN remporte la présidentielle et obtient une majorité à l'Assemblée, le Sénat restera un obstacle majeur à leur projet de révision constitutionnelle
Possible · Within months
Open Questions
- Le RN obtiendra-t-il une majorité à l'Assemblée nationale après la présidentielle ?
- Le Sénat bloquera-t-il effectivement une réforme constitutionnelle proposée par le RN ?
- Le Conseil constitutionnel validerait-il un référendum organisé sous l'article 11 pour une révision constitutionnelle ?






