
Le diplomate pro-européen met fin à plusieurs mois d'impasse politique en obtenant la confiance du Parlement.
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La Roumanie était en crise politique depuis la chute de la coalition dirigée par Ilie Bolojan en mai 2026. Le pays a également été marqué par l'annulation de l'élection présidentielle de décembre 2024.
Le Parlement roumain a approuvé mardi 20 octobre le gouvernement du premier ministre désigné pro-européen Luca Niculescu, mettant fin à plusieurs mois d'impasse politique. Quatrième candidat à briguer l'investiture depuis la chute de la précédente coalition en mai, le diplomate de 55 ans, soutenu par trois partis pro-européens, a obtenu 280 voix, bien au-delà des 233 nécessaires pour être investi.
Sans appartenance politique, Luca Niculescu a proposé une équipe composée de ministres issus du Parti social-démocrate (PSD), principale formation du pays, ainsi que de technocrates. «La Roumanie a besoin d’un gouvernement doté de pleins pouvoirs après tant de mois de crise politique», a-t-il déclaré mardi devant le Parlement.
«Nous vivons dans un monde de plus en plus incertain. Il y a une guerre aux frontières de la Roumanie, et les menaces pesant sur la sécurité européenne sont plus grandes qu’il y a quelques années», a-t-il ajouté. Le pays était plongé dans la crise politique depuis la chute, il y a cinq mois, d’une coalition pro-européenne de quatre partis, dirigée par le premier ministre libéral Ilie Bolojan.
Depuis lors, le parti d’extrême droite Alliance pour l’union des Roumains (AUR) caracolait en tête des sondages avec près de 40% des intentions de vote et réclamait des élections anticipées. Une perspective écartée par le président centriste Nicusor Dan, selon qui un nouveau scrutin n’aurait fait que prolonger l’instabilité politique tout en aggravant la situation des finances publiques. Il a également exclu toute participation de l’extrême droite au gouvernement.
Le chef de l’État a désigné Luca Niculescu au début du mois pour former un gouvernement, estimant que son expérience diplomatique lui donnerait les meilleures chances de réunir une majorité parlementaire. Actuel secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères, où il supervise le processus d’adhésion de la Roumanie à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Luca Niculescu, a auparavant occupé plusieurs postes diplomatiques, notamment en France.
Ancien journaliste, il a été rédacteur en chef de Radio France internationale (RFI) Roumanie et correspondant pour plusieurs médias français. Membre de l’Union européenne (UE) et de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), la Roumanie, qui partage une frontière avec l’Ukraine, connaît une forte instabilité politique depuis l’annulation de l’élection présidentielle de décembre 2024, sur fond d’accusations d’ingérence russe.
Les élections législatives organisées le même mois ont débouché sur un Parlement fragmenté, les partis d’extrême droite remportant environ un tiers des sièges. En mai 2026, le PSD a quitté la coalition au pouvoir à la suite de désaccords avec Ilie Bolojan sur la politique budgétaire et les mesures d’austérité. Il s’est ensuite allié à l’extrême droite pour faire adopter une motion de censure qui a entraîné la chute du gouvernement.
«Nous votons pour la possibilité de modifier une ligne de conduite qui a fait beaucoup de tort aux Roumains et à l’économie», a déclaré mardi le chef du PSD, Sorin Grindeanu. Bien que passés dans l’opposition, les libéraux ont également voté en faveur du gouvernement de Luca Niculescu. «La Roumanie a besoin d’un gouvernement opérationnel pour éviter l’effondrement de certaines institutions publiques et de services de base», a déclaré Ilie Bolojan durant le week-end.
Outre le PSD et les libéraux, Luca Niculescu a bénéficié du soutien du parti de la minorité hongroise, l’UDMR. Reste à savoir combien de temps ce cabinet de circonstance pourra tenir. Le PSD a indiqué qu’il réévaluerait la situation dans six mois, tandis que les libéraux se sont pour l’instant engagés à l’appuyer le temps de faire adopter le budget 2027.
Pour l’analyste politique Sergiu Miscoiu, des tensions pourraient rapidement apparaître entre les ministres social-démocrates et les technocrates. «Nous risquons d’assister à une nouvelle série d’hostilités dès ce printemps», a-t-il estimé auprès de l’AFP. «Le Premier ministre devra en grande partie jouer les pompiers, éteindre les incendies et tenter de faire avancer les choses dans les circonstances actuelles», a-t-il ajouté.
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Réévaluation de la situation politique par le PSD dans six mois.
Likely · Within months

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