Scandale du périscolaire à Paris : 17 nouvelles familles portent plainte contre des élus
Le collectif #MeTooÉcole et des familles visent Anne Hidalgo, Patrick Bloche et Emmanuel Grégoire pour leur gestion des signalements de violences sur mineurs.
Quick Look
Dix-sept familles parisiennes ont déposé plainte contre Anne Hidalgo, Patrick Bloche et Emmanuel Grégoire pour mise en danger délibérée et non-assistance à personne en danger, dénonçant un système de silence face aux violences dans le périscolaire.
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Why It Matters
Le parquet de Paris mène actuellement 203 enquêtes pénales liées à des violences dans le périscolaire. Des familles reprochent aux élus parisiens une inaction prolongée malgré des signalements.
«Il y en aura d’autres», avaient prévenu les collectifs de parents d’élèves. Après les trois premières plaintes déposées par des familles parisiennes à l’encontre de l’ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo, et de son ex-adjoint Patrick Bloche - chargé de l’éducation, de la petite enfance et des familles, d’octobre 2017 à mars 2026 -, pour non-assistance à personne en danger sur mineurs de 15 ans les 24 et 25 août dernier, un nouvel épisode judiciaire s’ouvre.
À l’occasion d’une conférence de presse vendredi, le collectif #MeTooÉcole a annoncé le dépôt d’une plainte par 17 familles dont les enfants sont scolarisés dans des écoles des 9e, 11e et 15e arrondissements. Cette plainte vise des cadres de la mairie de Paris, actuels ou anciens, mais aussi Anne Hidalgo, Patrick Bloche ou encore l’actuel maire Emmanuel Grégoire (adjoint chargé des ressources humaines de 2014 à 2017 et premier adjoint de 2018 à 2024), pour «mise en danger délibérée de la vie d’autrui», «non-dénonciation d’agression ou d’atteinte à des personnes mineures» et «non-assistance à personne en danger».
Près d’un an après le début du scandale du périscolaire à Paris, le combat des familles se poursuit pour obtenir réparation. D’abord envers les animateurs soupçonnés de violences physiques ou sexuelles. Selon les derniers chiffres énoncés par le parquet de Paris ce 31 août, 203 enquêtes pénales concernant le périscolaire et des écoles sont en cours.
Cette plainte «ne vise pas uniquement des personnes, mais aussi un système»
Parmi ces enquêtes - dont les suspects sont en majorité des animateurs -, 143 concernent des écoles maternelles, 36 des écoles élémentaires et 24 des crèches. Dans certains cas, plusieurs enquêtes concernent un seul et même établissement. Mais les relaxes des deux animateurs des écoles Titon et Alphonse Baudin, dans le 11e arrondissement, les 16 juin et 7 juillet derniers, ont poussé les familles à aller plus loin.
Trois premières familles de l’école Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement, qui avaient déjà déposé plainte contre des animateurs pour violences, agressions sexuelles, et pour l’une d’entre elles, viols, ont choisi de s’attaquer nommément aux élus de la mairie de Paris, employeurs des animateurs périscolaires. «Il ne s’agit pas là d’un problème de gestion politique de la Ville. Nous avons des éléments probants qui montrent que Madame Hidalgo et Monsieur Bloche étaient au courant de l’affaire, et n’ont rien fait», assurait Me Lise-Honorine Bornes dans nos colonnes le 27 août dernier.
Même son de cloche pour les clients de Mes Maxime Delacarte, Élise Le Gall, Kathleen Taieb et Julia Basile. Si Me Maxime Delacarte souligne que la mairie a mis en place ces derniers mois différentes actions pour que les choses changent - Emmanuel Grégoire a annoncé un plan d’action de 20 millions d’euros de lutte contre les violences sexuelles dans le périscolaire en avril dernier -, «cela ne nous empêche pas de réclamer justice pour ce qui s’est passé avant», note l’avocat, représentant de l’Alliance des avocats pour les Droits de l’Homme (AADH). Pour lui, cette plainte «ne vise pas uniquement des personnes, mais aussi un système», alors que «la Ville de Paris savait [ce qui se passait dans ses écoles], mais n’a pas agi depuis 2015». «C’est une plainte qui vise à briser le silence», a-t-il assuré ensuite.
Un avis partagé par sa consœur Me Kathleen Taieb : «On ne doit plus pouvoir entendre qu’on n’a pas vérifié les antécédents judiciaires, qu’on a ignoré des signalements, qu’on n’a pas fait d’enquête administrative, qu’on n’a pas suspendu un animateur ou qu’on l’a simplement déplacé, et faire comme si on n’était pas informé. On ne doit plus pouvoir dire qu’on n’a pas informé les parents et qu’on organise un système d’omerta et de déni», a-t-elle déclaré à son tour.
Hidalgo, Bloche et Grégoire bientôt auditionnés au Sénat
Un combat judiciaire soutenu par le collectif #MeTooÉcole, qui accompagne des dizaines de familles, en particulier parisiennes, depuis bientôt un an. «Un enfant doit être en sécurité à l’école. Nous avons recueilli des témoignages, alerté, accompagné», a indiqué Barka Zerouali, porte-parole du collectif, en introduction de la conférence de presse. «Les écoles, les arrondissements et les faits ne sont pas les mêmes», a-t-elle ajouté. Avant de poursuivre : «Mais quand la chaîne casse, il faut comprendre où et à quel niveau.» Pour elle, il est urgent de lever le voile sur ce scandale national. «Paris est au cœur de cette plainte, mais ce combat ne s’arrête pas au cœur du périphérique», a-t-elle conclu.
What to Watch
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Auditions d'Anne Hidalgo, Patrick Bloche et Emmanuel Grégoire au Sénat.
Very likely · Within months
Open Questions
- Quelle sera la réponse judiciaire du parquet face à ces plaintes contre les élus ?
- Quelles preuves spécifiques les familles détiennent-elles contre les élus ?




