Sénégal ou Maroc vainqueur de la CAN 2025 ? Après la «finale de la honte», le TAS s’empare du dossier pour une inédite bataille juridique
Quick Look
Le Tribunal arbitral du sport examine jeudi à Lausanne le recours du Sénégal contre la défaite par forfait infligée par la CAF après la finale controversée de la CAN 2025, où le Maroc avait été déclaré vainqueur sur tapis vert suite au retrait temporaire des Sénégalais du terrain.
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Why It Matters
Le Sénégal avait initialement remporté la finale de la CAN 2025 contre le Maroc (1-0) après prolongation, mais avait perdu le titre sur décision de la CAF qui avait déclaré une défaite par forfait (3-0) pour avoir quitté le terrain pendant le match, une décision contestée par le Sénégal qui estime que l'arbitre avait autorisé la reprise du jeu.
Suspense. Roulement de tambour. Et fumée blanche. Des Lions de l'Atlas ou de la Téranga, qui sera le champion d'Afrique ? Dix mois après la finale de la CAN 2025, le Tribunal arbitral du sport examine jeudi le recours sénégalais contre la victoire du Maroc sur tapis vert.
À partir de 9H30 à Lausanne, sur les rives suisses du Léman, la juridiction suprême du sport tentera de démêler un litige inédit, aucune sélection n'ayant jamais perdu de cette manière un titre conquis sur le terrain. Il faudra s'armer de patience pour connaître à la fois les arguments échangés et le dénouement, puisque l'audience se tiendra à huis clos, à la demande des parties, sans que la date de décision ne soit pour l'heure connue. La décision sera rendue d’ici plusieurs semaines.
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Mais après une finale au scénario fou, se dessine déjà un débat mêlant bataille juridique autour des principes fondamentaux du sport et de l'arbitrage, et questions sur la gouvernance du football.
«Il faut lire l'affaire dans un cadre plus large», rappelle à l'AFP Thibault Ulrich, chercheur en droit du sport à l'Université de Lausanne: au-delà du continent africain, la levée sans motif de la suspension de l'Américain Folarin Balogun en plein Mondial-2026 a accentué les soupçons de «décisions politiques» par les instances disciplinaires.
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Le trophée est toujours sénégalais
Le 18 janvier dernier à Rabat, le Sénégal avait été sacré champion d'Afrique en dominant le Maroc (1-0) au bout de la prolongation et du chaos: contestant un penalty accordé aux Marocains dans le temps additionnel, finalement manqué par Brahim Diaz, une grande partie des Sénégalais avaient quitté le terrain, et n'y étaient revenus qu'un quart d'heure plus tard.
Saisi par la fédération marocaine, le jury d'appel de la CAF avait prononcé le 17 mars la défaite par forfait du Sénégal, sur un score de 3-0, en se référant aux articles 82 et 84 du règlement de la CAN qui interdisent de «quitter le terrain avant la fin réglementaire du match sans l'autorisation de l'arbitre».
La FSF avait dénoncé «le braquage administratif le plus grossier de l'histoire de notre sport», présentant même le trophée aux supporters de sa diaspora, fin mars au Stade de France, avant de se tourner vers le TAS.
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Selon Thibault Ulrich, le jury d'appel de la CAF a fait une «lecture extrêmement stricte» du règlement de la CAN, qui ne tient aucun compte du fait que l'officiel congolais de la finale, Jean-Jacques Ndala, a laissé la rencontre reprendre après le retour des Sénégalais.
«Préserver l'intérêt des compétitions»
Or la «Loi du jeu» n°5.2 de l'International Board, qui s'impose à tous les acteurs du football, prévoit que «les décisions de l'arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont définitives, y compris la validation d'un but et le résultat du match». Echo encore plus direct au scénario de la finale, «l'arbitre ne peut pas changer une reprise du jeu» même s'il réalise «qu'elle est incorrecte», ajoute l'IFAB.
Cette règle est renforcée par la «doctrine du terrain de jeu», consacrée de longue date par la jurisprudence du TAS: à moins de prouver que l'arbitre est corrompu ou de mauvaise foi, ses décisions sportives ne peuvent être remises en cause.
«L'objectif est de préserver l'intérêt des compétitions, décrypte Thibault Ulrich. Leur résultat doit être décidé sur le terrain et sur le moment, pas par des juges a posteriori, sinon on va perdre tous les supporters.»
Parallèlement, le gouvernement sénégalais avait réclamé le 18 mars l'ouverture d'une enquête internationale «pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes» de la CAF. En réponse, l'institution panafricaine avait loué «l'indépendance» de ses instances disciplinaires.
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Sans jamais en expliquer la raison, la confédération a néanmoins limogé, quinze jours avant la décision d'appel, le juriste djiboutien Yassin Osman Robleh, chargé depuis six ans de garantir l'intégrité de ses procédures.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le TAS annulera la décision de la CAF et rétablira la victoire sénégalaise sur le terrain
Possible · Within weeks
La CAF réformera ses procédures d'appel suite à cette controverse, indépendamment de la décision du TAS
Likely · Within months
Open Questions
- Quand le TAS rendra-t-il sa décision ?
- Quels arguments précis seront présentés par chaque partie lors de l'audience à huis clos ?
- La décision du TAS pourra-t-elle être contestée devant une autre juridiction ?
- Quel impact cette affaire aura-t-elle sur les futures éditions de la CAN ?



