Soutien massif à Yuval Abraham et Rachel Szor après la polémique autour de leur documentaire « NAZA »
Plus de 1500 personnalités du cinéma signent une pétition pour défendre les réalisateurs israéliens menacés dans leur pays.
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Plus de 1500 personnalités du cinéma soutiennent les réalisateurs israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, menacés de perdre leur nationalité après la présentation de leur documentaire « NAZA » à la Mostra de Venise.
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Why It Matters
Le documentaire NAZA, présenté à la Mostra de Venise, recueille des témoignages sur les mécanismes de ciblage de Tsahal à Gaza.
Le monde du cinéma prend la défense de NAZA . Depuis sa consécration à la Mostra de Venise le 12 septembre, le documentaire fait l’objet d’une vive polémique en Israël, où le ministre de la Culture Miki Zohar a annoncé vouloir retirer la nationalité de ses auteurs, les journalistes et cinéastes Yuval Abraham et Rachel Szor. « Leur haine de soi brûlante constitue une trahison envers l’État », s’est offusqué le ministre, qui les accuse de vouloir remettre en cause les actions de l’armée à Gaza. Après ces déclarations virulentes, plus de 1500 personnalités du milieu ont signé une pétition lundi pour exprimer leur solidarité aux deux réalisateurs. Parmi eux figurent de grands noms du cinéma israélien, à l’instar des cinéastes Nadav Lapid, Ari Folman, Orna Ben-Dor Niv, Hagai Levi et Shlomi Elkabetz.
Dans cette lettre, consultée par la presse locale et relayée par le magazine américain Variety, ils appellent « tous ceux qui luttent encore pour la liberté d’expression et de création à se joindre à eux ». « Le rôle essentiel de l’art et du journalisme est de refléter la société dans laquelle nous évoluons, de susciter un dialogue et un débat sans préjugés, même lorsque la réalité est difficile », ajoutent les auteurs. Ces derniers estiment que Rachel Szor et Yuval Abraham subissent actuellement une « campagne d’incitation et de harcèlement sans précédent ». « La frontière entre cette campagne et l’incitation à la violence ainsi que les menaces physiques contre leur vie se réduit comme peau de chagrin », enchérissent-ils.
La pétition exprime aussi l’espoir que le documentaire soit diffusé en Israël, rapport de média Haaretz, et « que chacun puisse le visionner, se forger sa propre opinion et engager un véritable débat initial sur la guerre à Gaza et ses conséquences ». « Le discours incendiaire et violent contre les créateurs du film, qui ont osé exprimer leur opinion, devrait nous préoccuper tous, quelles que soient nos opinions », est-il indiqué.
A Venise, le documentaire a séduit l’ensemble des festivaliers, au point de recevoir le prix spécial du jury et une ovation record de 25 minutes. Dans cette œuvre, les deux cinéastes israéliens oscarisés en 2024 pour No Other Land - un documentaire traitant des crimes de la colonisation en Cisjordanie - recueillent les témoignages anonymisés de 24 soldats, officiers et membres de renseignement ayant participé à la guerre à Gaza. Ces derniers y racontent les mécanismes de ciblage de Tsahal pour évaluer les « dommages collatéraux », dits « naza » en hébreu. Un ancien soldat affirme dans le documentaire que pour atteindre un membre subalterne du Hamas, l’armée israélienne s’autorise jusqu’à vingt pertes humaines.
Tsahal a rejeté catégoriquement ces accusations. Elle questionne surtout l’identité des témoins anonymes dont elle ne peut vérifier ni l’identité ni les fonctions. Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major devenu l’un des principaux rivaux de Benyamin Netanyahou, a condamné le récit de NAZA qui, selon lui, « salit le nom de nos soldats qui mènent une guerre juste face à un ennemi cruel qui a massacré, violé et enlevé pour récolter des applaudissements dans des festivals à l’étranger ». Naftali Bennett, candidat au poste de Premier ministre en cette période d’élections législatives en Israël, estime que NAZA est une « terrible accusation ». « La guerre à Gaza est terrible, a-t-il ajouté. La mort de chaque enfant est une tragédie. Mais une guerre terrible n’est pas un génocide. »
De son côté, le chef d’état-major des Forces de défense israéliennes, le lieutenant général Eyal Zamir, a chargé lundi le plus haut responsable juridique de l’armée d’engager des poursuites pour « diffamation » contre le documentaire. Malgré les menaces des autorités israéliennes, Yuval Abraham et Rachel Szor espèrent pouvoir retourner dans leur pays. « Nous y vivons, nos vies, nos familles, nos amis sont là-bas », ont-ils déclaré lors de leur voyage à Venise. Avant d’ajouter : « Nous pensons qu’il existe une solution politique et une vie meilleure pour les Palestiniens et les Israéliens. »
What to Watch
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Poursuites judiciaires pour diffamation contre le documentaire
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Open Questions
- Quelles seront les mesures concrètes prises contre les réalisateurs ?
- Le documentaire sera-t-il diffusé en Israël ?







