Témoignage : "Les équipages appelaient à l'aide et demandaient des provisions", raconte un capitaine indien
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Un capitaine indien, Aditya Singh, raconte son calvaire à bord d'un méthanier dans le détroit d'Ormuz, confronté à des conditions de vie terribles et à la menace constante de frappes militaires, craignant pour sa vie et celle de son équipage majoritairement indien.
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Why It Matters
Le détroit d'Ormuz est une zone stratégique où les navires marchands naviguent sous la menace permanente de frappes militaires, affectant particulièrement les marins indiens.
Témoignage "Les équipages appelaient à l'aide et demandaient des provisions" : un capitaine indien raconte son calvaire à bord d'un navire sur le détroit d'Ormuz
Malgré sa réouverture complète prévue vendredi, la menace plane toujours sur le détroit. Aditya Singh fait le récit de sa vie à bord, entre conditions terribles et la crainte de mourir chaque jour.
Radio France
Dans le détroit d’Ormuz, l’apaisement ne tient qu'à un fil. Si les navires circulent de nouveau depuis la signature de l'accord de paix entre l'Iran et les États-Unis mercredi 17 juin, les tensions persistent et le trafic maritime demeure sous surveillance. L'épreuve semble loin d'être achevée pour les marins. Parmi eux, des milliers d’Indiens. Ils sont près de 18 000 à travailler à bord de navires dans la région.
Leur parole se fait rare puisqu'ils sont soumis à de strictes consignes de confidentialité. Un capitaine, tout juste rentré, a toutefois accepté de se confier à franceinfo. Il y a cinq jours, le capitaine Aditya Singh a quitté son navire pour rentrer au Tamil Nadu, région au sud-est de l'Inde.
"Risques d'explosion"
À la tête d'un méthanier battant pavillon mozambicain, il naviguait pour un armateur du Golfe. En profitant d'une escale à Shinas, dans le nord d’Oman, il a demandé à être débarqué. La pression était devenue trop forte. "À cause de cela, j’ai demandé à être débarqué, à cause de la tension psychologique. Et puis, j’ai ma petite famille, je veux me mettre à l’abri", raconte le marin.
Le capitaine a en effet traversé plusieurs semaines de confrontation militaire dans le détroit d'Ormuz. Dans cette zone stratégique, les navires marchands naviguaient sous la menace permanente de frappes. Il se rappelle de "la US Navy [marine américaine qui] nous frappe très dur. On ne peut pas nous attaquer comme ça quand il y a un équipage à bord. Beaucoup de navires sont chargés, avec des risques d'explosion. La plupart des marins sont des Indiens, Asiatiques et étrangers."
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Le risque a bien eu un coût lorsque le 10 juin, trois marins indiens sont tués lors d'une attaque contre un pétrolier dans la région. Pris entre les opérations militaires, Aditya Singh passait ses nuits à l'écoute de la radio de bord : "Les conditions de vie des marins sont terribles. J’entendais tout sur la radio VHF. J’ai échangé avec beaucoup de navires tout autour. Les équipages appelaient à l'aide et demandaient des provisions." Aujourd'hui à l'abri, Aditya Singh risque de ne plus reprendre la mer. Les armateurs pourraient ainsi lui reprocher d'avoir quitté son navire en pleine crise.
Open Questions
- Quelles seront les conséquences pour le capitaine Singh ?
- Les armateurs vont-ils le sanctionner ?





