
Un collégien de 14 ans a tiré dans son établissement à Aubagne, blessant le principal et une professeure. Il est soupçonné d'être lié à la "True Crime Community", une mouvance qui glorifie les tueries de masse.
AI-generated summary
Un collégien de 14 ans a tiré dans son établissement à Aubagne, blessant le principal et une professeure, avant d'être interpellé.
Une mouvance qui glorifie les tueries de masse. Selon les premières investigations, le collégien de 14 ans soupçonné d'avoir tiré à plusieurs reprises dans son établissement à Aubagne (Bouches-du-Rhône) est sans doute lié à la True Crime Community (TCC), a annoncé, mardi 13 octobre, le Parquet national antiterroriste (Pnat). Il s'est saisi de l'enquête, après l'attaque dans laquelle le principal du collège et une professeure ont été blessés.
Mercredi, le Pnat a confirmé que l'adolescent a admis, en garde à vue, "avoir été influencé" par "cette communauté" et "avoir mûri son projet depuis plusieurs mois". Le collégien a toutefois contesté avoir inscrit son action au nom de la True Crime Community, niant également toute intention de "tuer les personnes ciblées", a ajouté le parquet.
Les faits se sont produits lundi, aux alentours de 9h25, dans l'enceinte du collège Joseph-Lakanal. Le pronostic vital des victimes n'est pas engagé. Neutralisé par le conseiller principal d'éducation (CPE) du collège, l'adolescent a été interpellé dans la foulée. Il a été mis en examen mercredi soir pour "tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste", et placé en détention provisoire dans la foulée, les faits étant de nature criminelle.
Une idéologie caractérisée par sa fascination pour l'ultraviolence
Le parquet antiterroriste avait révélé, mardi après-midi, que c'est "notamment l'exploitation des supports numériques" de l'adolescent qui "mettent en évidence" sa "probable adhésion" à la TCC. Pour le Pnat, l'"action criminelle" du collégien s'inscrit "dans cette idéologie" qui se développe sur internet et les réseaux sociaux et "glorifie les auteurs de tuerie de masse et incite, dans certaines formes, au recours à la violence extrême".
Le Pnat a décrit mercredi la True Crime Community comme "un réseau virtuel, fondé sur le partage de podcasts, articles, sites internet, réseaux sociaux alternatifs et publications, dont les membres sont fascinés par des meurtres et leurs auteurs" et qu'elle "promeut le passage à l’acte par imitation". Les personnes qui y adhèrent y voient également une manière de prendre une revanche sur leur existence. Le collégien d'Aubagne a ainsi déclaré pendant sa garde à vue avoir agi par "une volonté de vengeance, en raison d'un harcèlement par ses professeurs et ses camarades, dont il ne s’était ouvert à personne", selon le Pnat, qui précise cependant qu'à ce stade de l’enquête, cette motivation n'"apparaissait pas corroborée".
Une "proximité" avec les réseaux masculinistes
Les membres de cette mouvance expriment aussi une forme de mal-être, en particulier dans la scolarité, constate une source au sein du renseignement, qui a vu la True Crime Community émerger comme une menace au cours de l'année 2025. Elle ajoute que le mouvement se rajeunit, avec une augmentation significative de nouveaux profils. Ce n'est cependant pas une première pour le Pnat, qui s'est déjà saisi par le passé pour des actions liées à la TCC. Cette communauté a été identifiée par les enquêteurs, "il y a un peu plus d'une dizaine d'années maintenant", a souligné sur franceinfo le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, jeudi matin. Mais c'est la première fois qu'une enquête est ouverte après un passage à l'acte en lien avec cette mouvance. Cette menace TCC représente "une véritable préoccupation", a exposé Olivier Christen.
Sur les plateformes utilisées par les adeptes de cette communauté, une multitude de communautés s'agrègent dans la True Crime Community, selon nos informations. Dans un rapport d'information sur la montée en puissance des réseaux et mouvements masculinistes publié en juin, trois sénatrices rapportent que la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) évoque "une réelle proximité" avec les mouvances d'ultradroite mais également avec la True Crime Community. "Fermement inscrits dans une logique réactionnaire", ces "deux univers" entretiennent "une adhésion commune à des théories racialistes", et valorisent "les membres de la mouvance morts lors de passages à l'acte violents à travers le monde", expose la DGSI, citée dans le rapport.
"Cette glorification de la violence constitue l'un des marqueurs les plus préoccupants de leur proximité", est-il précisé. Dès lors, les services de sécurité intérieure estiment que les réseaux masculinistes, irrigués par le racisme et l'antisémitisme, l'esthétique nazie, les valeurs ultraconservatrices, la haine contre les féministes et la communauté LGBT+, représentent "un excellent marchepied à la mouvance d'ultradroite, mais également à des courants plus spécifiques" tels que la TCC. En revanche, la religion, quelle qu'elle soit, n'est pas prégnante dans cette mouvance.
"Une menace sécuritaire en France"
Cette communauté est aussi particulièrement active aux Etats-Unis, où les fusillades dans les établissements scolaires sont fréquentes. Le massacre de Columbine, dans le Colorado, où, en 1999, deux adolescents américains ont tué douze élèves et un professeur dans leur lycée, avant de se suicider, continue de fasciner au sein de la TCC, voire d'inspirer d'autres actes. Dans un rapport publié le 2 octobre 2025, un think tank anglais, l'Institute for Strategic Dialogue, a recensé au moins 15 fusillades en milieu scolaire ou projets d'attentats déjoués liés à la True Crime Community.
"La tuerie de Columbine, c'est la plus identifiée. Mais c'est surtout la fascination pour le crime violent qui prend le dessus et caractérise cette communauté", résume à franceinfo Alejandra Mariscal Lopez, coautrice d'un rapport dévoilé en mai par Numerama sur les mouvances extrémistes sur internet – dont la True Crime Community – et directrice de l'association Point de contact. Créée en 1998, l'organisation reçoit au quotidien des signalements, notamment liés à des contenus violents et pédocriminels, qu'elle peut transmettre aux autorités et aux forces de l'ordre.
AI outlook — possibilities, not facts
Poursuite des investigations judiciaires sur les réseaux de la TCC en France
Very likely · Within months

The principal of a college and a teacher were injured by gunfire in front of their establishment in Aubagne in Bouches-du-Rhône. A 14-year-old student was subsequently arrested.
Rémy Daillet, instigator of the kidnapping of little Mia in 2021, was sentenced Thursday to six years in prison by the Paris criminal court. Thirteen other defendants were also sentenced to mostly flexible sentences.

The National Anti-Terrorism Prosecutor's Office is taking up the case of the shooting in a college in Aubagne involving a 14-year-old shooter fascinated by mass killings. Furthermore, two stolen Renoir paintings were found in Clermont-l’Hérault.

The 14-year-old schoolboy suspected of having shot in Aubagne claimed to be part of the TCC movement on TikTok. He shared numerous videos glorifying mass killings before his action.

A “Supplementary Investigation” investigation reveals vast fraud involving fictitious sales and false receipts in Carrefour hypermarkets, aimed at diverting promotional reimbursements paid by suppliers.

A 14-year-old teenager opened fire with a shotgun in his college in Aubagne, injuring the principal and a teacher. Indicted, he was placed in pre-trial detention.