«Totalement dépassé», «artisan du chaos» : de LFI au RN, la classe politique étrille l’allocution d’Emmanuel Macron, jugée pas à la hauteur de la crise
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Lors d'une allocution télévisée le 18 octobre, Emmanuel Macron a condamné les violences mais n'a annoncé aucune mesure pour répondre aux revendications des manifestants contre la vie chère et le manque de moyens dans l'Éducation nationale, provoquant des critiques unanimes de la classe politique française, de la gauche à la droite.
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Why It Matters
Des manifestations contre la vie chère et le manque de moyens dans l'Éducation nationale ont eu lieu dans les rues de Paris ces dernières semaines, rassemblant lycéens, travailleurs et autres citoyens mécontents.
La prise de parole d’Emmanuel Macron était très attendue par les lycéens, les travailleurs et autres manifestants qui ont défilé dans les rues de Paris ces dernières semaines contre la vie chère et le manque de moyens dans l’Éducation nationale. L’allocution du président d’une petite dizaine de minutes, prononcée à la télévision dimanche 18 octobre, n’a pas été à la hauteur des événements, déplore en chœur toute la classe politique française.
Le chef de l’État a fermement condamné une «violence débridée» et a réclamé que «toutes les leçons» soient tirées pour ne pas que de tels débordements se reproduisent. En revanche, le dirigeant n’a pas annoncé de mesure pour répondre aux revendications : aucun déblocage de fonds pour calmer la colère des jeunes, aucune annonce non plus sur le prix du carburant.
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«Qu’il s’en aille vite»
Cette absence de réponse concrète au mouvement social exaspère la gauche française. C’est «absolument irresponsable», a fustigé Manuel Bompard, le coordinateur de LFI. Pourtant, «les revendications demeurent ce soir», a déploré le député des Bouches-du-Rhône sur LCI, jugeant que «sur tous les aspects du problème», le chef de l’État «n’annonce strictement rien». «Quand on n’a rien à dire, on se tait», a simplement réagi l’eurodéputée LFI Manon Aubry. Sa consœur Mathilde Panot, patronne des députés LFI à l’Assemblée, va plus loin. Elle qualifie Emmanuel Macron d’«artisan du chaos (qui) remet directement de l’huile sur le feu». Elle fustige que la seule annonce soit «l’interdiction possible des manifestations». Le président a, en effet, autorisé les préfets, pour «protéger nos villes», à «interdire» certains rassemblements. «Qu’il s’en aille vite !», s’est-elle emportée.
Appel à «amplifier» la mobilisation
Plus à gauche encore, le candidat communiste Fabien Roussel a aussi regretté l’absence d’annonces. Il a donc appelé à «continuer» la mobilisation, «dans le calme et avec détermination». Même chose du côté de la candidate Lutte Ouvrière à la présidentielle, Nathalie Arthaud, qui a invité les manifestants à «amplifier la mobilisation contre la vie chère, pour l’avenir de la jeunesse !». Sur X, elle a précisé qu’elle n’«attendait rien» du président, mais qu’elle était «quand même en colère».
La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, a aussi déclaré être «en colère» ce soir. La candidate à la présidentielle aurait préféré que le chef de l’État fasse son «mea culpa» plutôt que de convoquer les organisations syndicales et politiques «à Matignon comme des enfants au tableau à l’école». «Si nous allons à Matignon, ce sera pour travailler à des solutions aux crises sociales, environnementales et démocratiques. Pas pour un conseil de discipline», a-t-elle prévenu. Natacha Polony, aussi candidate à la présidentielle, a expliqué sur X que la répétition du mot «responsabilité» dans l’allocation révèle la volonté du président de «mieux nous expliquer qu’il n’est responsable de rien».
«Notre pays a besoin d’être commandé»
À droite, on réclame plutôt une réponse ferme aux violences. Édouard Philippe a affirmé sur X qu’il «aurai(t) préféré» des «décisions et des initiatives permettant le retour à l’ordre et le rétablissement de l’autorité de l’État». «Notre pays a besoin d’être commandé», a taclé l’ancien premier ministre, même s’il a reconnu «une volonté louable de rétablir le dialogue». Bruno Retailleau, candidat LR, a qualifié le discours du président d’«inquiétant». «Le président de la République apparaît totalement dépassé, incapable d’opposer la force de l’État à la chienlit qui menace la République», a-t-il analysé sur X. L’ex-ministre de l’Intérieur l’appelle à «décréter l’état d’urgence pour protéger les Français».
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a lui aussi estimé que le pouvoir en place avait perdu le contrôle de la situation. «Ce pouvoir lâche et désorienté n’a plus rien à dire aux Français, plus rien à leur proposer. Il n’a même plus la force de les protéger», a-t-il écrit sur X.
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What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
La mobilisation sociale va se poursuivre et possiblement s'amplifier dans les semaines à venir
Likely · Within weeks
Le gouvernement organisera une réunion à Matignon avec les organisations syndicales et politiques
Very likely · Within days
Open Questions
- Quelles mesures concrètes le gouvernement prévoit-il pour répondre aux revendications sociales ?
- Le dialogue annoncé à Matignon permettra-t-il d'aboutir à des solutions ?
- La mobilisation sociale va-t-elle s'amplifier dans les semaines à venir ?







