L'adjoint au maire de Marseille a témoigné lors du procès concernant le meurtre de son frère Brahim, appelant à la justice plutôt qu'à la vengeance.
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Le procès juge cinq accusés pour un triple assassinat lié au narcotrafic à Marseille entre fin 2020 et début 2021. Amine Kessaci est un élu local dont deux frères ont été victimes de la violence liée à la drogue.
«Je ne suis pas là pour la vengeance mais pour la justice ». En pantalon marron, tee-shirt et veste blanche, Amine Kessaci s’avance à la barre pour son premier témoignage dans ce procès qui juge cinq accusés d’un triple assassinat sur fonds de narcotrafic commis dans la nuit du 28 au 29 décembre 2020 et le 5 janvier 2021 à Marseille. Un témoignage précipité dans cette audience par l’absence ce mercredi matin d’une témoin clé, ex-compagne d’Amine Oualane, qui s’est fait porter pâle et contre qui la cour a requis un mandat d’amener.
Et c’est d’une voix sereine, dans une élocution calme et avec des idées posées stylo en main peu avant mais certainement formulées des milliers de fois dans sa tête ces sept dernières années, qu’Amine Kessaci a d’abord raconté ce qu'« était ce frère qui à la fois aimait sa famille et était conscient de ce qu’il était, de ce qu’il faisait. Mais il était surtout dans une optique de dire à ses frères d’aller à l’école, de travailler. Que l’école était le seul moyen de nous sortir de Frais-Vallon, d’en sortir la tête haute ».
« Dans la famille, la fête n’existe plus, il y a des chaises vides à table »
L’adjoint au maire de Marseille et étudiant en droit est ensuite revenu sur le soir de ce 28 décembre, le départ de son frère Brahim accompagné de Réda du domicile familiale « sans avoir pu l’embrasser une dernière fois » et alors qu’Amine était déjà occupé par une visioconférence en lien avec ses engagements associatifs et politiques.
« Pour nous, ce 28 décembre, qui vient dans la période de fêtes où partout on célèbre la famille et la joie, est une condamnation à perpétuité. La fête dans la famille n’existe plus, il y a des chaises vides à table », décrit le jeune homme, qui a également perdu en novembre 2025 sous les balles des narcotueurs son petit frère Mehdi. Une affaire encore en instruction dans ce qui pourrait être une erreur de cible, puisque Amine Kessaci se trouvait menacé depuis la publication de son livre Marseille, essuie tes larmes.
À la morgue devant le corps de son frère, abattu par balles puis incendié dans un véhicule, Amine Kessaci raconte avoir « fait la promesse à mon frère Brahim que je ne me tairais pas […] Je me suis engagé pour dénoncer non pas des personnes ou une organisation, mais pour raconter ce système ». Et le jeune élu en charge de la jeunesse, de la citoyenneté et de l’engagement d’évoquer sa quête : « Celle de raconter, d’expliquer, d’accompagner, de ne pas laisser les gens comme nous seuls, sans accompagnement psychologique. Car dans ces moments-là, personne ne vient vous demander si vous allez bien ». Et c’est ainsi qu’est née son association « Conscience », qui vient en aide aux familles de victimes du narcotrafic, gangrène des quartiers paupérisés marseillais qui a fait un nouveau mort pas plus tard que ce mardi soir.
« Mais mon frère, lui, n’a pas eu le droit à la défense »
Un engagement pour lequel Amine Oualane, présenté comme un cadre fondateur de la DZ Mafia, accusé dans la mort de Brahim mais aussi commanditaire suspecté de l’assassinat de Mehdi, a tenu à remercier Amine Kessaci par la voix de son avocate Inès Médioune. « Amine Oualane a souhaité dire par ma voix qu’il comprend votre douleur, il a perdu sa mère et sa sœur tuée dans un féminicide. Il tenait à vous remercier pour votre engagement car vous avez énormément aidé la mère d’un certain « Pichou » assassiné, et il a souhaité saluer votre engagement ».
Peu avant, Amine Kessaci avait pu dire qu’il « n’avait pas de haine ». « Jamais je ne permettrai qu’on vienne m’arracher mon humanité. Lorsqu’on voulait faire de ce procès un duel Kessaci contre l’un des accusés, j’ai toujours dit qu’il y avait 5 accusés, présumés innocents ; Mais mon frère, lui, n’a pas eu le droit à la défense », a ajouté celui qui vit depuis un an sous protection policière permanente.

Amine Kessaci testified on Wednesday October 28 at the trial of the alleged murderers of his brother Brahim, murdered in 2020. The Marseille activist spoke of the memory of his elder before the Aix-en-Provence Assize Court. The verdict is expected on November 6.

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