
L'économiste critique un impôt jugé injuste et propose un impôt de solidarité nationale pour les fortunes de plus de 100 millions d'euros.
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L'économiste Thomas Piketty formule des propositions de réforme fiscale face à la situation économique de la France.
Faut-il sabrer la taxe foncière ? L’économiste Thomas Piketty a appelé à une réforme de cet «un impôt extrêmement injuste» que «les gouvernements ont laissé tranquillement augmenter» ces dernières années. «Souvent, vous ne possédez rien, vous remboursez un emprunt», a-t-il souligné ce jeudi 15 octobre sur BFMTV, appelant à «passer à un impôt progressif sur le patrimoine net d’emprunt». De fait, cela reviendrait à «une baisse de la taxe foncière pour 90% des Français».
À l’heure où le gouvernement et la droite balaient régulièrement la proposition d’une taxe Zucman sur les hauts patrimoines portée par la gauche, Thomas Piketty s’est étonné que «tout le monde trouve normale [la taxe foncière] mais que dès qu’il s’agit de taxer 2% les hauts patrimoines on se met à paniquer».
Face à la situation économique critique de la France, l’économiste propose aussi un «impôt de solidarité nationale» inspiré de celui mis en place en 1945 pour reconstruire l’économie d’après-guerre. Il comprendrait notamment «une contribution exceptionnelle de 50%» sur l’enrichissement des hauts patrimoines (plus de 100 millions d’euros) accumulé entre 2017 et 2026. «Ce n’est pas invraisemblable vu ce que paie le Français moyen comme impôt sur le revenu», a-t-il martelé.
Thomas Piketty appelle aussi à une «composante permanente» avec un impôt à 10% par an au-delà de 100 millions d’euros de patrimoine. Beaucoup d’entrepreneurs ayant une fortune virtuelle reposant sur la valeur de leur entreprise, l’économiste propose qu’ils paient cet impôt en versant des actions dans un fonds souverain.
Car l’objectif, plus que de lever des impôts pour rembourser la dette, doit être de «reprendre le contrôle de notre économie» avec un fonds souverain qui investirait pour préparer le futur. Pas foncièrement contre les milliardaires, Thomas Piketty assure toutefois constater que «quand on avait moins de concentration des richesses, on avait plus de prospérité». «Les résultats économiques» de cet enrichissement «ne sont pas à la hauteur et ne préparent pas un avenir durable».
Reste que face à un impôt si massif, les plus riches pourraient être tentés de fuir à l’étranger. Plutôt qu’un impôt obligatoire pour les citoyens de nationalité française où qu’ils soient (comme le font les États-Unis), Thomas Piketty propose de «faire payer des impôts au prorata du nombre d’années passées dans le pays». Ainsi, «une personne qui a vécu 60 ans en France et s’est enrichie en profitant des infrastructures de la France, si elle déménage en Suisse à 61 ans, elle est taxée en France à 60/61» de son patrimoine, puis 60/62 l’année suivante.

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