
Olivier Christen dresse un constat sur RTL après l'attentat raciste de Trappes et La Verrière, tandis que le Pnat recense neuf enquêtes ces deux dernières années, dont quatre en 2026.
Le procureur national antiterroriste Olivier Christen alerte sur la croissance des procédures liées à l'ultradroite radicale violente en France, avec neuf enquêtes ouvertes ces deux dernières années dont quatre en 2026, après l'attentat raciste de Trappes et La Verrière qui a tué un homme de 26 ans et blessé sept autres personnes.
AI-generated summary
Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a été créé en 2019. Depuis sa création, 14 procédures relatives à l'ultradroite radicale violente ont été jugées, dont le procès Waffenkraft en juin 2023 où quatre hommes néonazis ont été condamnés. L'attentat raciste de Trappes et La Verrière du 23 octobre a tué un homme de 26 ans et blessé sept autres personnes.
Le nombre de procédures liées à l'ultradroite radicale violente est en croissance depuis quelques années. C'est le constat que le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a dressé, mardi 3 novembre, sur RTL. Le magistrat est revenu sur l'attentat raciste du 23 octobre, à Trappes et à La Verrière (Yvelines), qui a tué un Français noir de 26 ans, Pengo Bossio Wangi, et blessé sept autres personnes, dont quatre grièvement. Le procureur antiterroriste a aussi comptabilisé 22 victimes n'ayant pas été touchées physiquement, mais dont le "véhicule a été touché par des balles" ou qui "ont été visées sans être atteintes".
Si "la menace principale" en matière de terrorisme en France reste "jihadiste", celle liée à "l'ultradroite radicale violente" est en augmentation, a affirmé Olivier Christen. Entre 2019, date de la création du Parquet national antiterroriste (Pnat), et 2024, "nous avions une à deux procédures par an", a-t-il exposé. Ces deux dernières années, neuf enquêtes en lien avec cette mouvance ont été ouvertes, dont quatre en 2026, un nombre encore jamais atteint jusqu'ici pour l'ultradroite radicale violente, a appris franceinfo auprès du Pnat, qui n'a pas souhaité détailler les affaires concernées.
Le Pnat précise en revanche que, depuis sa création, 14 procédures relatives à l'ultradroite radicale violente ont été jugées, dont une affaire devant une cour d'assises spéciale des mineurs. A l'issue de ce premier procès de terrorisme d'ultradroite, baptisé "Waffenkraft", quatre hommes appartenant à la mouvance néonazie ont été condamnés, en juin 2023, pour avoir cherché à s'en prendre à plusieurs cibles souvent visées par l'ultradroite, telles que des institutions, des mosquées, une synagogue, des organismes comme la Licra ou le Crif, ou encore des figures de partis politiques, par exemple l'insoumis Jean-Luc Mélenchon. Le principal accusé, Alexandre Gilet, ex-gendarme volontaire de 27 ans, a écopé de 18 ans de réclusion criminelle.
Une frange "violente de l'extrême droite"
"Il y a depuis longtemps un terrorisme d'ultradroite, dont non seulement les autorités ont conscience, mais qui fait l'objet de multiples poursuites", a souligné sur France Inter, au lendemain de l'attentat de Trappes et de La Verrière, l'ancien procureur du parquet national antiterroriste Jean-François Ricard, qui a exercé entre 2019 et 2024. "Nous avions réussi à cette époque à empêcher les actions terroristes" et à "procéder à des arrestations de ces petits groupes avant qu'ils agissent", a-t-il appuyé.
Aujourd'hui, la situation a changé. "Il y a un climat de discussions qui crée une tension (...). Cela peut, évidemment, créer une situation générale qui peut amener certaines personnes à se dire que c'est le bon moment pour passer à l'acte", "parce que la situation, à un moment donné, leur permet de le faire", a déclaré mardi Olivier Christen. Les terroristes, "quel que soit le segment idéologique", sont des "opportunistes", a-t-il ajouté. Le procureur antiterroriste a expliqué que le principal suspect de l'attentat de Trappes et La Verrière, Kévin Tessier, "avait largement préparé et prémédité les faits, probablement depuis la fin de l'été, début septembre".
En garde à vue, l'homme de 39 ans, depuis mis en examen et placé en détention provisoire, a reconnu le caractère raciste de son attaque et avoir choisi de cibler Trappes, qui constitue à ses yeux un "repaire d'islamistes", reprenant des termes proches de ceux employés par Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), en 2021. Kévin Tessier avait aussi chez lui des objets et des autocollants glorifiant le RN, sans pour autant adhérer au parti d'extrême droite, a annoncé le procureur antiterroriste, lors d'une conférence de presse, le 29 octobre.
Autant d'éléments qui permettent au Pnat de classer Kévin Tessier parmi les profils de "l'ultradroite radicale violente". "C'est en effet la terminologie que nous employons", a confirmé sur RTL le procureur antiterroriste. Il s'agit d'une classification des contentieux en matière de terrorisme, propre à la justice française. Elle désigne les personnes empreintes de l'idéologie d'ultradroite qui décident de passer à l'acte, ou qui l'envisagent, dans le but d'asseoir leurs positions.
Des discours racistes et identitaires qui infusent
"En 1994, la direction centrale des renseignements généraux (DCRG) construit cette catégorie pour clarifier son secteur d'intervention", rappelle Nicolas Lebourg, historien spécialiste de l'extrême droite, dans Le Monde. Ainsi, souligne-t-il, "l'ultradroite désigne le segment violent ou potentiellement violent de l'extrême droite, sur lequel la DCRG poursuivrait donc son travail de surveillance".
"Il est clair que la vie politique de notre pays peut avoir une influence sur la propension de certains à passer à l'acte", analysait, en juillet 2023, l'ancien directeur de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Nicolas Lerner, dans Le Monde. "La violence de l'ultradroite est un continuum depuis les années 1970, avec des périodes plus ou moins fastes", selon le chercheur indépendant Jacques Leclercq, auteur du livre La Menace de l'ultradroite en France. Entre nationalistes, révolutionnaristes, néonazis, conspirationnistes, ou encore suprémacistes, "l'ultradroite est un terme un peu générique et pratique pour faire simple, mais qui recouvre plusieurs réalités", exposait-il en juin 2025 sur franceinfo.
Après les attentats terroristes islamistes en France en 2015, une partie des militants du groupe Action des forces opérationnelles (AFO), par exemple, ont "commencé à se dire que parler, ça ne suffit pas, qu'il faut agir", expliquait Nicolas Lebourg, en 2021, dans "Complément d'enquête". La pandémie mondiale de Covid-19 a ensuite été le catalyseur, pour l'ultradroite, de sentiments de haine. Depuis, la mouvance connaît une résurgence via les réseaux sociaux, où infusent les thèses identitaires, tels les concepts racistes de la "remigration" et du "grand remplacement", idée complotiste portée par l'écrivain Renaud Camus sur la prétendue substitution des populations européennes par des immigrés non européens. Des discours parfois repris sur les plateaux de certaines chaînes d'information en continu.
L'attentat raciste de Puget-sur-Argens, un tournant
C'est de ces discours racistes qu'était imprégné Kévin Tessier. Cet homme célibataire, qui vivait seul, a vraisemblablement basculé en un peu moins de dix ans. "Des individus un peu isolés, qui sont nourris d'idéologie raciste, qui s'abreuvent des discours ambiants et qui soudainement passent à l'action" sont "ceux qui nous inquiètent le plus", et sont difficiles "à détecter", avait relevé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez trois jours après l'attentat. Au contraire, les groupuscules identitaires sont plus identifiés, et même quantifiés : en France, ils se sont toujours comptés par centaines, selon l'historien Nicolas Lebourg, qui en dénombre actuellement autour de 350. Ces dernières semaines, leur présence a parfois été détectée en marge des manifestations liées au mouvement social contre la politique du gouvernement, sans qu'un risque terroriste ne soit identifié, ce qui n'empêche pas de constater la violence de ces groupuscules.
Le passage à l'acte de Kévin Tessier s'inscrit davantage dans la lignée de celui de Christophe B., le principal suspect de l'attentat perpétré le 1er juin 2025 à Puget-sur-Argens (Var). Il avait annoncé son intention de tuer des personnes d'origine maghrébine et de confession musulmane dans des vidéos postées sur les réseaux sociaux, avant de commettre le meurtre d'Hichem Miraoui, un Tunisien de 46 ans. Un attentat raciste qui a marqué un tournant. Pour la première fois, le Pnat s'est saisi dans une affaire d'homicide lié à l'extrême droite.
AI outlook — possibilities, not facts
De nouvelles procédures liées à l'ultradroite radicale violente seront ouvertes en 2026 et au-delà.
Very likely · Within months
Kévin Tessier sera jugé pour l'attentat raciste de Trappes et La Verrière.
Likely · Within months

A gynecologist from Eure was sentenced Thursday evening to five years in prison for a rape and sexual assault committed in 2018 and 2020 on two patients, including an “unnecessary” examination during a renewal of contraceptive pills. The attorney general had requested six to eight years of imprisonment.

On October 1, a trainee police officer was attacked by young people during high school demonstrations in Paris. Three minors were taken into custody, convicted at first instance, then released. The prosecutor's appeal has changed nothing: they remain free under judicial supervision and educational measures while awaiting the hearing on February 23, 2027.
An arsenal including an assault rifle, three submachine guns, around fifteen handguns, nearly a hundred magazines, silencers and several kilograms of ammunition was discovered on Monday in a clandestine workshop in Cornebarrieu, near Toulouse. Six people aged 24 to 32 were taken into custody, including three presented to the investigating judge on Thursday. The investigation follows the discovery of 3D printed pistols in Pau and Toulouse in early 2026.

Six people aged 24 to 32 were taken into police custody after the dismantling of a clandestine arms manufacturing workshop in Cornebarrieu, near Toulouse, on Monday. The police discovered an assault rifle, three submachine guns, around fifteen handguns, nearly a hundred magazines and several kilograms of ammunition. Three suspects were presented to an investigating judge on Thursday.

Peruvian authorities seized more than 3,000 tarantulas hidden in used socks in three suitcases at Lima airport, before their illegal transport to Germany. Two German citizens and a Pole were arrested. This wildlife trafficking generates around $20 billion per year worldwide, according to Interpol.

Laëtitia Vincent, commander of the CRS 40 stationed in Nice, supervises around sixty men for a union demonstration against the high cost of living planned for November 5, after incidents including looted businesses on October 17, clashes with the ultra-right the following weekend and arrests on Halloween night.