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Des tensions étaient présentes devant le lycée Leclerc-Navarre ce matin-là, liées à un incendie nécessitant l'intervention des pompiers, ce qui a entraîné une intervention des forces de l'ordre pour dégager la zone.
Les vidéos de la scène ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. Mardi 29 septembre 2026, une lycéenne de 14 ans a été interpellée devant le lycée Leclerc-Navarre, à Alençon (Orne). Elle affirme avoir été prise au cou par un policier, avant d’être emmenée au commissariat et placée en garde à vue, et raconte cette journée.
Elle n’était pas venue manifester. Elle s’est pourtant retrouvée en garde à vue.
Mardi 29 septembre 2026 au matin, une lycéenne de 14 ans est sortie de l’internat pour retrouver ses amies devant le lycée Leclerc-Navarre, à Alençon (Orne). Elle est restée sur place pour regarder ce qui se passait lorsque les forces de l’ordre sont intervenues pour permettre aux pompiers d’éteindre un feu. Elle raconte alors avoir été violemment prise au cou par un policier et étranglée.
Depuis, l’adolescente, qui souhaite rester anonyme, dit repenser régulièrement à la scène, notamment en voyant les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux. Elle témoigne.
Comment allez-vous aujourd'hui ?
"Je vais bien. Ça reste un traumatisme, un peu mental. Se faire étrangler par une personne qui est censée, de base, nous protéger, c’est sûr que c’est traumatisant.
J’y repense beaucoup, surtout avec les vidéos qui circulent sur les réseaux. Je n’ai pas vraiment de blessures, mais j’ai de grosses douleurs au cou, des courbatures et mal à la mâchoire."
Que s’est-il passé devant le lycée ?
"Les pompiers sont arrivés pour éteindre le feu. Certains manifestants essayaient de les en empêcher en créant une grande foule. C’est à ce moment-là que les policiers ont commencé à pousser les élèves pour dégager autour du feu et permettre aux pompiers de l’éteindre.
Il y a un policier qui m’a poussée violemment. Je suis à moitié tombée et je me suis retournée pour voir qui c’était. J’ai vu que c’était un policier. J’ai trébuché et je suis tombée les deux mains sur son torse, donc ça l’a bousculé. Il a fait un pas en arrière et, par réflexe, il m’a directement prise par le cou, sans même savoir ce qui se passait.
C’est là que je me suis fait étrangler. Je le suppliais de me lâcher parce que je n’arrivais plus à respirer. Il y avait de la panique, j’entendais des cris derrière moi. J’appelais à l’aide, mais le policier n’en avait rien à faire.
Il m’a plaquée contre le grillage. Il m’a lâché le cou pendant quelques secondes, ce qui m’a permis de reprendre ma respiration. Puis il m’a reprise violemment par le cou pour m’emmener un peu plus loin et me mettre au sol.
Je suis restée seule pendant environ cinq secondes. Ensuite, un de ses collègues m’a donné la permission de me relever. J’ai commencé à me relever, mais le policier qui m’avait prise par le cou n’était pas d’accord. Il m’a replaquée violemment au sol. Son collègue m’a de nouveau donné la permission de me relever, mais le policier n’était toujours pas d’accord et m’a une nouvelle fois replaquée au sol. J’ai finalement pu me relever.
J’avais mal à la gorge et mes yeux piquaient parce qu’un garçon à côté de moi s’était fait gazer en voulant me défendre. Le gaz est arrivé jusqu’à moi et, comme je criais, j’en ai reçu dans la bouche."
Après cet incident, vous avez été interpellée. Que s’est-il passé ensuite ?
"Un gendarme a pris mon identité : mon nom, mon prénom, mon adresse. Puis ils m’ont emmenée dans une voiture de police au commissariat pour être placée en garde à vue.
On m’a menotté les mains. J’ai pu appeler ma mère pendant cinq minutes. C’était un peu la panique, je pleurais.
Ils m’ont interrogée et m’ont demandé ce qui s’était passé. Ils n’avaient pas vu les vidéos de la scène sur le moment, donc ils m’ont posé des questions : où j’étais, dans quel lycée, mes informations personnelles.
J’ai pu m’entretenir avec une avocate. Ensuite, on m’a filmée et j’ai dû raconter dans les détails tout ce qui s’était passé. Je suis arrivée au commissariat vers 10h, après l’interpellation, et je suis sortie vers 17h30. L’interrogatoire a duré à peu près 20 minutes.
L’affaire a été classée sans suite."
Êtes-vous retournée au lycée depuis les faits ?
"Je ne suis pas retournée en cours. Je suis simplement passée au lycée après ma garde à vue pour aller chercher mes affaires, parce que je suis à l’internat. Je n’y retournerai pas de la semaine et je reprendrai seulement lundi.
Je sais qu’il y a encore des manifestations. Je sais très bien que les gens vont venir me voir en me disant : "Ça va ?" Je sais que ce n’est pas méchant, mais je préfère rester chez moi pour l’instant et y retourner quand ce sera plus calme."
Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?
"Je suis un peu en colère parce que j’ai une part de moi qui me dit que le policier va pouvoir s’en sortir parce que, c’est toujours les policiers qui ont raison. C’est les adultes qui décident, c’est eux qui font leur travail.
Je suis encore un peu traumatisée. Ça fait bizarre de voir toutes ces vidéos de moi qui passent partout, en train de me faire immobiliser par un policier."
Pourquoi étiez-vous devant le lycée ce jour-là ? Manifestiez-vous ?
"Je ne manifestais pas, j’étais juste là pour regarder. Je suis à l’internat et on n’a pas le droit au téléphone. Mes copines sont donc sorties pour utiliser le leur. En l’occurrence, je n’avais pas le mien parce que je l’avais laissé dans mon casier. Je suis donc sortie vers 7h30.
Il y avait déjà deux voitures de police dehors. C’est lorsque les bus de nos copines sont arrivés et que tout le monde est descendu que ça a commencé à dégénérer.
Les portes du lycée ont été fermées, on ne pouvait plus rentrer. Je suis restée sur place et je regardais ce qui se passait."
AI outlook — possibilities, not facts
Une enquête interne sera ouverte par la police nationale sur les faits d'étranglement
Likely · Within weeks
La lycéenne ou sa famille envisageront une plainte civile pour violences volontaires
Possible · Within months

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