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L'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire en France permet à de nouveaux opérateurs privés comme Trenitalia et Renfe de proposer des services TGV. Velvet, entreprise française cofondée en 2024 par une ancienne cadre de la SNCF, vient d'obtenir sa licence d'exploitation, une étape nécessaire pour lancer des services commerciaux.
Après Trenitalia et Renfe, la SNCF pourrait être concurrencée par un nouvel opérateur privé : l'entreprise française Velvet a annoncé, mardi 1er septembre, avoir obtenu sa licence d'exploitation pour des lignes de TGV. Ce "premier sésame réglementaire", délivré par le ministère des Transports, s'inscrit dans le cadre de l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire. Velvet prévoit d'opérer entre Paris et quatre destinations de l'ouest de la France à partir de 2028. Franceinfo vous en dit plus.
1 Que propose cette entreprise ?
Cet opérateur privé, cofondé en 2024 par une ancienne cadre dirigeante de la SNCF, veut concurrencer la SNCF sur quatre liaisons à grande vitesse de l'Ouest (Paris-Bordeaux, Paris-Nantes, Paris-Angers et Paris-Rennes), en commençant par Paris-Bordeaux dès 2028. Velvet proposera 10 millions de places par an, contre 130 millions pour la SNCF, grâce aux douze trains qu'elle a déjà commandés.
Sur son site, la jeune entreprise dit vouloir "répondre à la demande de voyages en forte croissance sur la façade atlantique (...) sur des trajets directs de deux heures en moyenne". En avril, la cofondatrice Rachel Picard évoquait auprès du Monde "un manque de trains par rapport à la demande", avec "15% des voyageurs [qui] n'arrivent pas à trouver une place", selon elle. Les tarifs ne sont pas encore connus, mais Rachel Picard a prévenu que l'opérateur ne pourrait "pas faire de folies", en citant le prix des péages dont Velvet devra s'acquitter auprès du gestionnaire d'infrastructure SNCF Réseau, mais aussi le coût de l'énergie, les salaires ou le matériel.
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"On pourrait passer de 90 à 70 euros pour le prix d'un Paris-Bordeaux", anticipe Patricia Pérennes, économiste des transports et consultante au sein de la société de conseil Trans-Missions. En prenant l'exemple de l'arrivée de Trenitalia dans le Sud-Est, elle explique que les nouveaux arrivants ont tendance à baisser les prix de "20 à 30%", ce qui incite aussi l'entreprise historique à (souvent) revoir ses prix à la baisse. "Le taux de remplissage est très haut en France, et notamment sur la façade atlantique, alors [cette arrivée] pourrait créer des nouveaux trains pour contrer la rareté."
2 Quel est le calendrier ?
Velvet vient d'obtenir sa licence d'exploitation. Cet agrément est l'une des deux autorisations obligatoires pour pouvoir exercer une activité de transport ferroviaire en France. Elle garantit que l'entreprise remplit les conditions financières et juridiques nécessaires afin de lancer des services de trains de voyageurs en exploitation commerciale. Velvet doit maintenant obtenir un certificat de sécurité unique attestant qu'elle maîtrise les risques et son système de gestion de la sécurité.
"Ce premier sésame réglementaire permet à la compagnie d'entrer réellement dans la préparation de ses futures circulations, notamment en commandant des 'sillons' [les créneaux horaires pour faire circuler les trains]" auprès de SNCF Réseau, a commenté Velvet. Pour Rachel Picard, l'obtention de cette licence constitue "une étape importante : elle nous autorise à aller plus loin dans la préparation de nos trains, de nos équipes et de nos procédures".
En septembre 2024, et après avoir levé un milliard d'euros auprès du fonds d'investissement français Antin Infrastructure Partners, Velvet avait acquis pour 850 millions d'euros 12 trains auprès du constructeur Alstom. Ces trains dernière génération, en cours de fabrication, sont les mêmes que ceux que la SNCF doit mettre en service en cette rentrée. Après avoir "baptisé" son premier train sur le site d'Alstom à La Rochelle en avril, Velvet évoque des "tests statiques puis dynamiques avant le lancement commercial en 2028".
3 Y a-t-il d'autres opérateurs privés en France ?
L'entreprise italienne Trenitalia opère en France depuis fin 2021. Plusieurs liaisons (Paris-Lyon, Paris-Marseille et Paris-Milan) desservent chaque jour le territoire, mais l'opérateur appartenant au groupe public Ferrovie dello Stato Italiane (FS) n'est pas encore rentable. Il prévoit néanmoins de continuer à se développer avec le lancement d'un Paris-Londres en 2029. L'entreprise espagnole Renfe propose, elle, deux liaisons quotidiennes entre la France et l'Espagne, avec un Marseille-Madrid et un Lyon-Barcelone. En revanche, elle a reporté son projet de relier Barcelone à Toulouse.
Plusieurs autres projets sont portés par des acteurs français. La société Le Train, basée à Bordeaux, veut se lancer sur des liaisons à grande vitesse inexploitées par la SNCF (Bordeaux-Nantes et Bordeaux-Rennes), mais aucune levée de fonds n'a été annoncée et la production des dix rames commandées au constructeur espagnol Talgo n'a pas commencé. Quant à Kevin Speed, elle veut lancer un train à grande vitesse omnibus, sorte de "RER à 300 km/h" s'arrêtant dans chaque ville entre Paris et Lille et Strasbourg et Lyon, selon son fondateur. La compagnie, qui dit s'inspirer du Shinkansen japonais, a signé un protocole d'accord avec Alstom pour l'achat de 20 rames grande vitesse, mais aucune levée de fonds n'a encore été annoncée.
4 Velvet pourrait-elle menacer la SNCF ?
"Il y a une question qui se pose : ces nouveaux trains vont-ils ramener plus de monde ou absorber [une partie du] chiffre d'affaires de la SNCF ?" expose l'économiste Patricia Pérennes. Elle estime malgré tout qu'il "y a de la place pour tout le monde" si les trains continuent d'être si fréquentés (168 millions de passagers transportés par la SNCF en 2025, un record). Dans ce débat, la SNCF fait campagne pour que ses concurrents desservent aussi les gares intermédiaires, dites "d'aménagement du territoire", dont l'exploitation est moins rentable. Ce que Velvet refuse pour le moment.
L'arrivée d'un nouvel acteur a en tout cas été bien accueillie par la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut). Face au manque de trains, "l'arrivée de nouveaux opérateurs, qu'ils soient des filiales de sociétés publiques ou des sociétés purement privées et françaises comme Velvet, est une bonne nouvelle", a expliqué son président, Michel Quidort, sur franceinfo.
AI outlook — possibilities, not facts
Velvet lancera ses services commerciaux sur la ligne Paris-Bordeaux en 2028, comme annoncé
Likely · Within years
L'arrivée de Velvet sur le marché ferroviaire français entraînera une baisse des tarifs de 20 à 30% sur les lignes concernées, comme l'anticipe l'économiste Patricia Pérennes en s'appuyant sur l'exemple de Trenitalia dans le Sud-Est
Possible · Within years

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