
Face aux violences et pillages lors des manifestations du 17 octobre contre la vie chère, Emmanuel Macron a prononcé une allocution solennelle dimanche soir, condamnant les factieux d'ultragauche et les délinquants, tout en appelant à entendre la colère légitime des jeunes et à agir sur les causes sociales, tout en promettant fermeté et transparence.
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Les manifestations du 17 octobre contre la vie chère ont dégénéré en violences urbaines généralisées, avec des pillages, des attaques contre des bâtiments publics et des centaines de forces de l'ordre blessées, suscitant une forte émotion nationale et internationale.
Emmanuel Macron pouvait-il réagir autrement ? Sans doute pas. Face aux scènes de saccages d’une rare ampleur survenues en marge des manifestations du 17 octobre contre la vie chère, qui ont sidéré l’opinion et fait le tour du monde, le président de la République, garant de l’unité du pays, s’est adressé solennellement à la nation, ce dimanche soir à 20 heures. Signe qu’au vu de la gravité du moment, un simple message de fermeté, publié dès samedi soir sur X, ne pouvait plus suffire. Et ce, alors que des heurts sporadiques ont encore éclaté dimanche à Paris.
Une intervention précédée d’une réunion de crise à l’Élysée avec le premier ministre, Sébastien Lecornu - monté au créneau dès la veille - ainsi que les ministres concernés, et destinée à répondre à deux colères. Celle des oppositions et de certains maires, qui dénoncent tantôt l’excès, tantôt l’insuffisance du maintien de l’ordre, voire réclament des démissions, à l’instar du RN. Celle des Français, excédés eux aussi devant les images de magasins pillés, de vitrines et de mobilier urbain fracassés, et d’hôtels de ville mis à sac, quand ils n’ont pas été incendiés, comme à Limoges (Haute-Vienne).
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Un exercice d’autant plus périlleux pour Emmanuel Macron que le contexte politique est inflammable, à six mois d’une présidentielle qui sonnera la fin de son décennat. Car plus que la réponse à l’attente d’un retour de l’autorité, l’enjeu est peut-être le souvenir que l’opinion gardera de ses années au pouvoir. C’est donc sans surprise que le président a d’emblée évoqué un «moment d’une extrême gravité», marqué par une «violence débridée», dont il a imputé la responsabilité à «des factieux issus de groupuscules d’ultragauche rejoints par de nombreux délinquants». Le Figaro vous résume ce qu’il faut retenir de son allocution.
«Colère et honte»
Commerces pillés, bâtiments publics et mairies attaqués, des centaines de policiers et gendarmes blessés… «En regardant ces images, nous nous sommes tous demandé comment des Français peuvent faire cela à la France. Comment peuvent-ils en arriver là ? Rien ne le justifie, rien ne l’explique», s’est indigné Emmanuel Macron, partageant avec les Français sa «colère» et sa «honte» de «voir les rues de nos villes ainsi saccagées».
L’occasion d’«exprimer le soutien de la nation à nos forces de l’ordre et à nos forces de sécurité intérieure. Elles ont tenu et ont fait de leur mieux.» Mais aussi aux maires et élus, ainsi qu’aux artisans et commerçants en «désarroi», qui ne seront pas «laissés seuls face à ces difficultés». Pour accompagner les personnes touchées par les violences, le premier ministre tiendra lundi une cellule de crise afin de mobiliser «les aides les plus rapides possible».
L’exécutif doit tirer «toutes les leçons», Macron attend de la «transparence»
Y a-t-il eu des failles des services de renseignement ou des manques de moyens pour assurer un maintien de l’ordre efficace ? Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de tirer «toutes les leçons» afin que ces violences «ne puissent pas se reproduire». «J’attends des réponses claires et toute la transparence sera faite», a-t-il tonné, à l’adresse notamment du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. De même, les enquêtes contre les fauteurs de troubles doivent, selon lui, être menées «avec toute la diligence nécessaire, le plus rapidement possible». «Ceux qui ont détruit doivent payer. Ceux qui ont pillé doivent rembourser (…) Ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre», a-t-il martelé. Avant d’ajouter : «Nous serons intraitables. L’écoute et le dialogue ne signifient ni la faiblesse ni l’impunité».
La «double responsabilité» du gouvernement
Reste que le chef de l’État a pris soin de différencier les manifestants venus défiler avec leurs revendications et les délinquants. «Jamais nous ne devons confondre» ces derniers «avec ceux qui ont détruit, cassé, pillé», a déclaré Emmanuel Macron, tout en disant comprendre «l’angoisse profonde» exprimée par les jeunes depuis plusieurs semaines. «Leur parole doit être entendue sans a priori et sans minimiser les difficultés», a-t-il précisé à ce sujet. Et d’insister : «Notre responsabilité est donc double : entendre la colère et agir sur ces causes, et faire respecter fermement l’ordre républicain.» «Les préfets prendront les décisions en lien avec les maires pour protéger nos villes, nos bâtiments publics et nos commerces», a-t-il indiqué, avec en toile de fond les violences toujours à l’œuvre dimanche soir à Paris.
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À cet égard, le gouvernement va travailler avec les organisations compétentes pour répondre aux inquiétudes de la jeunesse. «Nous ne pouvons pas demander à notre jeunesse de croire en l’avenir sans lui donner la possibilité de construire les réponses et d’être autour de la table», a-t-il affirmé.
Une pique envoyée à La France Insoumise
Emmanuel Macron n’a pas hésité à décocher une flèche, sans la nommer, à La France insoumise, accusée de souffler sur les braises de la colère. «Tous ceux qui aujourd’hui vous expliquent que l’urgence est d’aller dans la rue, de manifester, de créer le désordre n’ont qu’un but : abîmer la République et voler le débat», a chargé le président, estimant que «notre pays mérite une belle présidentielle dans six mois». Et d’appeler toutes les organisations syndicales et politiques à «condamner sans ambiguïté toutes les violences et à appeler au calme». «Le pays a besoin d’ordre, d’apaisement et pas d’une escalade», a-t-il plaidé. En ce sens, Sébastien Lecornu réunira les formations politiques «dans les prochains jours pour obtenir des positions claires et publiques».
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Le gouvernement annoncera de nouvelles mesures de soutien aux commerçants touchés par les pillages.
Likely · Within days
Des réunions seront organisées avec les formations politiques dans les prochains jours pour obtenir des condamnations publiques des violences.
Certain · Within days

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