Violences urbaines : Bally Bagayoko insiste sur la «logique de mimétisme» qui pousse des adolescents à participer aux pillages
Bally Bagayoko évoque des « logiques d’opportunité » chez les mineurs impliqués, tout en estimant que la prison ferme ne résout pas le problème de fond.
Quick Look
- Le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko a attribué jeudi les pillages de magasins par des mineurs à un effet de mimétisme amplifié par les réseaux sociaux.
- Il a distingué ces actes opportunistes des mobilisations sociales contre la vie chère.
AI-generated summary
Why It Matters
Des violences et pillages ont eu lieu en marge de manifestations contre la vie chère en France.
Le maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko (LFI), a insisté jeudi sur «la logique de mimétisme» poussant des adolescents, sous l'effet des réseaux sociaux, à participer aux pillages de commerces, tel un magasin de sports de sa ville dimanche.
Le procureur de Bobigny, Alexandre de Bosschère, avait fait valoir mercredi que des mineurs étaient soupçonnés d'avoir participé aux «saccage et pillage» d'un magasin dimanche soir à Saint-Denis et que l'enquête avait a mis en évidence que «ces faits résultaient directement d'appels diffusés sur les réseaux à venir piller les magasins du centre-ville».
«Des logiques d’opportunités»
Interrogé jeudi sur France Inter sur les raisons profondes qui poussent ces jeunes à agir, Bally Bagayoko a fait un distinguo entre les jeunes «conscientisés» qui manifestent, soucieux qu’il y ait une réponse politique à la question de «l’urgence sociale», et des adolescents qui agissent par mimétisme, dans «des logiques d’opportunité», se donnant rendez-vous dans des centres-villes, comme à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ou ailleurs.
«S'agissant de mineurs, parce que là, c'est quand même des jeunes qui ont entre 14 et 17 ans, leur sujet principal à eux, c'est bien sûr, à un moment donné, pour certains, la logique de mimétisme par rapport à ce qu'ils ont observé, notamment sur la région parisienne», a estimé M. Bagayoko. Il a relevé qu'heureusement, à Saint-Denis, le phénomène de pillage n'avait touché qu'un seul commerce, tout en concédant que c'était «déjà scandaleux».
Les peines de prison ferme ne répondent «en rien» au «problème de fond posé», selon Bagayoko
Au journaliste lui demandant si «les peines de prison ferme pour ceux qui ont commis des violences» ne le choquaient pas par principe, il a répondu : «Non, mais à partir du moment où les faits sont avérés». L'édile a cependant aussitôt jugé que les peines de prison ferme ne répondent «en rien» au «problème de fond posé, notamment l'attente de ces lycéens et étudiants qui demandent dix milliards (d'euros) notamment pour apporter des réponses concrètes, et la question du pouvoir d'achat».
Des violences, saccages et pillages ont éclaté samedi dans plusieurs villes de France, dont Paris, Lyon et Marseille, en marge de la forte mobilisation sociale contre «la vie chère», qui a rassemblé dans tout le pays 550.000 personnes, selon les chiffres officiels. Ils se sont reproduits dimanche dans une moindre mesure à Paris et Lyon notamment.
Open Questions
- Quelles suites judiciaires seront données aux mineurs interpellés ?
- Quelles mesures locales pour contrer les appels aux pillages en ligne ?





