
De Paris à Milan, en passant par Bruxelles, Tirana, Lisbonne et Athènes, des incidents et des mobilisations ont éclaté pour dénoncer le coût de la vie, la cherté du logement et la corruption.
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Des mouvements de contestation sociale et des heurts éclatent dans plusieurs pays européens, motivés par la cherté de la vie et les difficultés de logement.
Des heurts à Paris, où de nouveaux magasins ont été pillés, des tentatives d’intrusion à Lyon, Marseille et près de Nantes... Au lendemain de violences massives, des incidents ont de nouveau éclaté dimanche, notamment dans la capitale.
Une situation qui fait écho aux mobilisations observées ailleurs en Europe, où la colère s’exprime autour de préoccupations diverses, du coût de la vie aux difficultés de logement, en passant par la corruption et les revendications politiques.
Le Figaro fait le point sur la situation.
«Des villes entières prises en otage», affirme Giorgia Meloni
En Italie, des affrontements ont eu lieu entre des jeunes et la police pour le deuxième jour consécutif dimanche à Milan, le poumon économique de l’Italie, où des vandales ont lancé des bouteilles et saccagé des magasins dans le quartier central de la cathédrale. Les violences ont commencé la veille en marge d’une manifestation contre la vie chère. Au total, la police de la métropole lombarde a arrêté plus de 200 personnes depuis samedi, selon l’agence de presse Ansa.
Le maire de Milan Giuseppe Sala (centre gauche) a déclaré avoir vu «des vitrines brisées, des magasins pillés et des citoyens effrayés». «Ce qui s’est passé ici, c’est ce que nous voyons dans de nombreuses villes dans le monde », a-t-il déclaré dimanche à l’agence de presse italienne Ansa. «Je suis très inquiet parce qu’il s’agit d’un nouveau phénomène, qui trouve aussi son origine dans un contexte international et se nourrit donc de lui-même».
Giorgia Meloni, a qualifié samedi les émeutiers de «voyous qui exploitent les manifestations pour semer le chaos, attaquer ceux qui garantissent la sécurité et prendre des villes entières en otage». «Manifester est un droit. Ravager nos villes ne l’est pas», a-t-elle écrit sur X.
«De la violence pure et simple (…) pour déstabiliser notre société», selon le ministre de l’Intérieur belge
En Belgique, des centaines de personnes ont manifesté samedi à Bruxelles et à Liège, des rassemblements marqués par des débordements imputés à des «casseurs» par les autorités. À Bruxelles, la police a dû faire usage de gaz lacrymogènes en fin d’après-midi, devant la Bourse en plein centre-ville, pour disperser des jeunes gens dont certains lançaient des projectiles, selon un journaliste de l’AFPTV.
Il y a eu une dizaine d’arrestations pour trouble à l’ordre public, selon la police de la capitale belge. Le siège de la fédération du PS bruxellois a été vandalisé, ce que la figure locale du parti Ahmed Laaouej a imputé à «une minorité d’écervelés» se mêlant à la jeunesse qui manifeste. Le ministre belge de l’Intérieur Bernard Quintin a dénoncé «de la violence pure et simple, organisée et répétée pour déstabiliser notre société».
En Albanie, de violentes manifestations pour pousser le chef du gouvernement à démissionner
En Albanie, des centaines de manifestants se sont regroupés dimanche à la mi-journée devant le ministère de l’Éducation à Tirana, appelant le chef du gouvernement à démissionner. Alors que la capitale albanaise est depuis mardi le théâtre de violentes manifestations auxquelles ont participé des milliers de personnes protestant contre les conditions d’étude dans les universités, les frais d’inscription élevés et la corruption.
Les heurts se sont étendus aux principaux boulevards et places où des manifestants ont lancé des pierres, des cocktails Molotov et tiré des feux d’artifice, tandis que la police a répliqué avec des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène, selon un journaliste de l’AFP.
Depuis mardi, 272 personnes ont été blessées, dont 169 policiers, précise le gouvernement. L’ambassade des États-Unis a appelé samedi soir sur X au «calme» et à la «retenue des deux côtés», exhortant les citoyens à «exercer leur droit de protester de manière pacifique, sans violentes émeutes».
«La classe sociale portugaise est attaquée, notamment son droit au logement»
Au Portugal, des dizaines de tentes ont été dressées samedi par des manifestants dans le centre de Lisbonne pour réclamer des mesures afin de freiner les coûts du logement et de la vie, un écho des protestations qui agitent l’Espagne voisine depuis des semaines. Les participants, en majorité des jeunes, avaient promis de rester toute la nuit, des centaines d’entre eux chantant des chansons assis autour de la statue du roi Pedro IV, qui domine la place, ont constaté des journalistes de l’AFP.
«La classe sociale portugaise qui paie des impôts, celle qui fait tourner ce pays, est attaquée et perd ses droits, notamment son droit au logement», a déploré Elena Costa, une assistante sociale de 46 ans. «Nous sommes donc tous ici ensemble pour essayer d’expliquer que nous suffoquons», a-t-elle ajouté. Les prix du logement au Portugal ont augmenté de 124 % entre 2015 et 2024, soit environ deux fois plus vite que la moyenne de l’UE, selon des données officielles.
La hausse du coût de la vie dénoncée en Grèce
Enfin, en Grèce, des manifestations étudiantes ont éclaté à Athènes le 13 octobre pour dénoncer les difficultés d’accès au logement et la hausse du coût de la vie.
«L’argent n’est pas suffisant pour tenir jusqu’à la fin du mois», déplore auprès de Reuters Eleftheria Giannoula, 21 ans, présidente de l’Union des étudiants de l’Université agricole d’Athènes, qui pointe également le coût élevé des loyers, de l’alimentation et de l’éducation. L’étudiante exprime également sa solidarité avec «les jeunes étudiants d’Espagne et de France».

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