Visite controversée du groupe religieux hindou BAPS à la tour Eiffel : des employées écartées selon un témoignage
Quick Look
- Lors d'une visite de la délégation hindoue BAPS à la tour Eiffel, des employées féminines auraient été écartées de leur poste selon le témoignage d'une conductrice d'ascenseur.
- Un mail interne confirme un dispositif sur mesure demandé par les religieux, tandis que le groupe dément toute demande de mise à l'écart des femmes.
- La mairie de Paris a annoncé l'ouverture de deux enquêtes.
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Why It Matters
Le groupe religieux hindou BAPS, lié au Premier ministre indien Narendra Modī, a organisé une visite à la tour Eiffel qui a suscité une polémique après des témoignages faisant état de l'écartement de employées féminines lors de leur passage.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Le week-end dernier en plein Paris, difficile de rater leur char bariolé : un groupe religieux hindou, et une escapade à la tour Eiffel qui tourne au scandale. Lors de la visite, des employées féminines auraient été écartées. Alors, que s'est-il passé ? "L'Œil du 20 Heures" a mené l'enquête.
C'est un témoignage inédit. Celui de la conductrice d'un ascenseur de la tour. Samedi dernier, elle reçoit l'ordre de céder son poste à un homme au moment où la délégation indienne arrive. Voici sa lettre, que l'on nous a fait parvenir : "Le matin, les filles, on leur a demandé de se cacher lors de leur montée. J'étais en cabine. Au talkie, j'ai entendu que la délégation redescendait par l'ascenseur. Arrivée au sol, on m'a demandé de sortir et c'est un homme qui a piloté l'ascenseur. Je me suis sentie insultée", raconte-t-elle.
Un mail interne évoque un dispositif sur mesure
D'où vient l'ordre ? Qui a donné les consignes ? Depuis deux jours, c'est silence radio à la tour Eiffel. Mais dans un mail interne que nous nous sommes procuré, le directeur général de la société d'exploitation de la tour, Patrick Branco-Ruivo, évoque bien un dispositif sur-mesure réclamé par les religieux. "Il est exact que face aux demandes formulées par les organisateurs de cette délégation particulièrement exceptionnelle, nous avons tenté d'adapter le dispositif au niveau des points de contact directs prévus sur le parcours", écrit-il. Selon nos informations, c'est ce même directeur qui aurait accueilli la délégation. Contacté, il n'a pas répondu à nos questions.
Alors, quelles ont été exactement les consignes de ce groupe religieux au nom très compliqué, aussi appelé le BAPS ? Pour le savoir, nous sommes allés à leur rencontre à Bussy-Saint-Georges, en Seine-et-Marne, dans un temple tout juste inauguré. Eux affirment ne jamais avoir demandé la mise à l'écart des femmes. Pour preuve, ils nous ont confié une photo prise lors de leur visite. Au deuxième étage de la tour Eiffel, on y voit bien les moines de la délégation, et en effet, des touristes femmes, mais à bonne distance du gourou et loin de son champ de vision. Car en réalité, les moines ne doivent jamais toucher les femmes, ni leur parler ou les regarder. Pas simple, donc, dans un ascenseur.
"Un instrument du pouvoir" en Inde
Et ce n'est pas la première fois que cela fait polémique. Lors d'une conférence en juillet 2024 à Calcutta (Inde), avant l'arrivée d'un moine de BAPS, un organisateur avait demandé aux femmes de sortir. "Pas de femmes, pas de filles, pas de bénévole féminine", peut-on entendre l'un d'eux réclamer dans une vidéo. Mais pourquoi avoir déroulé le tapis rouge à ce groupe religieux, pourtant minoritaire en Inde ? En réalité, il existe des liens privilégiés entre le BAPS et le Premier ministre indien, Narendra Modī. Il a même enregistré une vidéo pour saluer leur visite à Paris.
"On explique l'influence de BAPS en France par le pouvoir qu'ils ont auprès du gouvernement indien lui-même. C'est un instrument du pouvoir qui, du coup, a l'oreille du pouvoir", explique Christophe Jaffrelot, directeur de recherche au CNRS, spécialiste des religions en Inde.
Face au tollé, la mairie de Paris a annoncé l'ouverture de deux enquêtes pour faire la lumière sur cette affaire.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Les enquêtes de la mairie de Paris établiront des responsabilités dans l'application des consignes d'écartement des femmes
Likely · Within weeks
Le groupe BAPS continuera de nier toute demande de mise à l'écart des femmes malgré les témoignages
Very likely · Within days
Open Questions
- Qui a exactement donné l'ordre d'écarter les employées féminines ?
- Quel était le contenu précis du dispositif sur mesure demandé par le BAPS ?
- La mairie de Paris va-t-elle sanctionner la SETE ou le groupe BAPS suite aux enquêtes ?






