Jon Fosse's "Blancheur" Leads "Le Monde des livres" Selections
LA LISTE DE LA MATINALE
Le Prix Nobel de littérature 2023, Jon Fosse, ouvre la sélection de la semaine du « Monde des livres », avec son nouveau roman, Blancheur, entre conte et métaphysique. Il est accompagné par le chanteur, parolier et écrivain David McNeil, pour un merveilleux livre de voyage à travers la mémoire ; par l’historienne Ludivine Bantigny, qui s’est plongée dans les archives du Front populaire, et en a rapporté du nouveau ; par George Sand, dont on célèbre les 150 ans de la mort, et que ressuscite brillamment la biographe Brigitte Krulic ; et par Sigolène Vinson, qui revient pour la première fois sur l’attentat contre Charlie Hebdo, dont elle est rescapée, dans un bouleversant récit sur le retour à la vie.
ROMAN. « Blancheur », de Jon Fosse
Blancheur date de 2023. Fosse a composé ce court texte quelques mois avant de recevoir le prix Nobel de littérature. Empruntant autant au conte qu’à la parabole, il semble concentrer, sous une forme cristalline, quelques-unes des grandes interrogations de son œuvre.
La trame narrative tient à peu de chose. Un homme prend sa voiture pour échapper à l’ennui. Il roule au hasard. A force d’errer, il s’engage dans une forêt de plus en plus dense. Sa voiture s’enlise. Il descend. Et, à pied, achève de se perdre. Nous suivons son monologue intérieur, hésitant, inquiet, porté par une langue d’une simplicité presque nue.
Le ressassement est typique de la prose fossienne, de même que les variations incessantes qui font imperceptiblement progresser le texte. Une fois ce mouvement installé, quelque chose se produit. Le récit s’entrouvre. Et sur le « noir compact » de la nuit surgit une « silhouette blanche », « phosphorescente », qui semble avancer vers le narrateur. Est-ce une hallucination ? Bientôt, la vision disparaît. Mais d’autres prennent le relais. Dès lors, le livre cesse d’être le récit d’un homme perdu dans la forêt. Il devient une méditation ouverte sur la mort et l’indicible.



