Mirra Andreeva : une jeune prodige déjà au sommet de Roland-Garros
C'est devenu un rituel : au début de chaque conférence de presse, Mirra Andreeva arbore fièrement son nouveau pin's, offert aux joueuses depuis cette année par le tournoi à chaque fois qu'elles passent un tour supplémentaire. "Je montre que j'ai du galon", sourit la Russe. A lire son CV, la numéro 8 mondiale fait effectivement bien plus que ses 19 ans : une médaille d'argent olympique en double à Paris – avec Diana Shnaider, qui affrontera la qualifiée Maja Chwalinska dans l'autre demi-finale –, cinq titres en WTA (dont deux de catégorie 1000), et désormais deux apparitions dans le dernier carré de Roland-Garros.
"J'ai le sentiment que ça fait un bout de temps que je viens, confiait Mirra Andreeva avant son entrée en lice. C'est ma quatrième année à Paris. En fait, avec 2022 en juniors, c'est même ma cinquième année." De quatre ans son aînée, son adversaire en demi-finales, Marta Kostyuk, n'a pourtant jamais été aussi loin qu'elle dans un tournoi du Grand Chelem – comme les deux joueuses encore en lice de l'autre côté du tableau – et n'avait pas la moitié de son palmarès avant de la battre en finale du WTA 1000 de Madrid, il y a un mois (6-3, 7-5).
Un mental perfectible
Si Roland-Garros est le Majeur qui lui réussit le mieux, Mirra Andreeva a pris la mauvaise habitude de sortir contre le tube de chaque édition. Déjà éliminée en demies par la finaliste surprise Jasmine Paolini en 2024, elle avait déraillé l'an dernier contre Loïs Boisson en quarts, multipliant les signes d'agacement jusqu'à sortir de son match.
Perturbée par le fervent soutien du public à son adversaire à l'époque, elle a vu ressurgir ces démons quand elle a de nouveau été programmée sur le court Philippe-Chatrier au premier tour, pour affronter la Française Fiona Ferro. "La chose qui me faisait peur, c’est que j'espérais que les gradins ne seraient pas trop pleins aujourd'hui, parce que ça aurait été un peu plus difficile", a admis la 8e mondiale après avoir obtenu une victoire finalement très tranquille (6-3, 6-3).
"Tactiquement, elle joue très juste, on sait qu'elle est très maline", complimentait d'ailleurs la Française à propos de sa jeune adversaire, qui a aussi fait d'énormes progrès au service depuis son éclosion. La Russe promet surtout être "un peu plus préparée pour certaines situations qui ne vont pas dans le sens des plans prévus".
"Si mon jeu ne va pas, ou si mon adversaire commence à mieux jouer, ou si le public pose problème, je sais maintenant quoi faire dans ces moments-là."
Mirra Andreeva
en conférence de presse à Roland-Garros
Souvent friable mentalement par le passé, elle a effectivement avalé les obstacles avec facilité, ne cédant qu'une manche au deuxième tour pendant que les autres favorites trébuchaient une à une : la numéro 2 mondiale Elena Rybakina dès le deuxième tour, la tenante du titre Coco Gauff au tour suivant, la triple lauréate Iga Swiatek en huitièmes, puis la vainqueure du tournoi de Rome Elina Svitolina ainsi que la numéro 1 mondiale Aryna Sabalenka en quarts.
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