À Principe, un «dividende naturel» pour protéger l'environnement
Quick Look
- Depuis février 2026, la fondation Faya verse un «dividende naturel» aux habitants adultes de l'île de Principe qui s'engagent à préserver leur environnement.
- Financé par l'entrepreneur Mark Shuttleworth, le programme a distribué près de 200 000 euros cet été et doit être testé pendant trois ans avec un engagement de 15 millions d'euros.
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Why It Matters
Principe fait partie de l'archipel de São Tomé-et-Príncipe dans le golfe de Guinée. L'île est classée réserve de biosphère par l'Unesco depuis 2012 et dépend fortement du tourisme lié à sa biodiversité.
À Principe, protéger la nature peut désormais rapporter de l’argent. Sur cette petite île volcanique du golfe de Guinée, connue pour ses forêts tropicales, ses plages désertes et sa biodiversité exceptionnelle, plusieurs milliers d’habitants participent depuis février 2026 à une expérimentation pour le moins originale : recevoir un «dividende naturel» en échange d’engagements destinés à préserver leur environnement.
Le programme est porté par la fondation Faya, créée par l’entrepreneur sud-africain Mark Shuttleworth, fondateur du groupe HBD Príncipe. Présent sur l’île depuis 2010, ce dernier y a développé plusieurs hôtels haut de gamme et un modèle d’écotourisme destiné à une clientèle internationale fortunée. HBD exploite aujourd’hui trois établissements à Principe — Sundy Praia, Roça Sundy et Bom Bom — ainsi qu’un hôtel à São Tomé.
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Le principe du «Natural Dividend» est simple : les habitants adultes qui adhèrent au dispositif s’engagent notamment à ne pas participer à certaines activités jugées destructrices pour l’environnement, comme l’abattage non réglementé du bois ou l’extraction de sable. Le premier paiement a été effectué le 23 février 2026. Selon la fondation, 3558 adultes sont aujourd’hui inscrits au programme, soit environ 70% de la population adulte de l’île. Quelque 3,5 millions de dobras avaient alors été distribués.
Près de 200.000 euros distribués cet été
Un deuxième versement a commencé le 31 août. Il représente 4,75 millions de dobras, soit environ 194.000 euros, selon Faya. La fondation estime que cette seule somme équivaut à près de 1% de l’économie annuelle de Principe.
Le dispositif doit être expérimenté pendant trois ans et bénéficie d’un engagement financier annoncé de 15 millions d’euros. Les montants reçus sont liés au respect d’engagements de protection de l’environnement et à l’état des écosystèmes. Leur suivi repose notamment sur des observations de terrain et des images prises par drone.
L’enjeu est d’autant plus important que la nature constitue le principal argument touristique de cette île d’à peine 140 km². Principe est classée réserve de biosphère par l’Unesco depuis 2012. Depuis septembre 2025, São Tomé-et-Príncipe est même devenu le premier État au monde dont l’intégralité du territoire est couverte par des réserves de biosphère.
Un modèle qui suscite aussi des réserves
L’expérience ne fait pourtant pas l’unanimité. Certains responsables locaux redoutent qu’un dispositif financé par un acteur privé ne crée une forme de dépendance, alors que l’île reste confrontée à d’importantes difficultés économiques et à des infrastructures limitées.
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La fondation insiste de son côté sur le fait que ce dividende ne constitue ni un salaire ni une aide sociale. Elle affirme travailler avec le gouvernement régional de Principe et présente le dispositif comme un outil destiné à faire bénéficier directement les habitants de la valeur économique créée par la conservation de leur environnement.
L’expérimentation doit désormais permettre de vérifier si cette incitation financière produit des effets mesurables sur les forêts, les cours d’eau et le littoral. Faya ne cache pas son ambition : si le modèle fait ses preuves sur Principe, il pourrait à terme être testé ailleurs.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Si les résultats sont positifs, le modèle du dividende naturel pourrait être testé dans d'autres réserves de biosphère.
Possible · Within years
Open Questions
- Quel sera l'impact écologique mesurable du programme après trois ans ?
- Le modèle pourra-t-il être reproduit dans d'autres régions sans financement privé similaire ?
- Comment les habitants utiliseront-ils les sommes reçues à long terme ?





