Accord de dernière minute pour la diffusion des matchs de handball européen en France
Quick Look
- Un accord in extremis entre la FFHB, l'EHF et beIN Sports permet la diffusion des matchs européens des clubs français, évitant un écran noir.
- Les rencontres seront réparties entre beIN Sports et HandballTV, avec un contrat de deux saisons couvrant également les matchs masculins.
- La FFHB mise sur sa plateforme OTT pour réduire sa dépendance au marché des droits TV, malgré un nombre limité d'abonnés payants.
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Why It Matters
Depuis 2020, Eurosport détenait les droits exclusifs de diffusion des compétitions européennes de clubs (Ligue des champions et Ligue européenne EHF), masculines et féminines, pour six saisons. Ce contrat arrivait à échéance à la fin de la saison 2025/2026, laissant la FFHB sans diffuseur identifié à l'approche de la nouvelle saison.
Metz, champion d'Europe en titre, et les onze autres clubs français engagés cette saison en Ligue des champions et en Ligue européenne ont bien failli se retrouver sans diffuseur à quelques jours du début des compétitions européennes. Mais ils ont finalement échappé à ce scénario catastrophe à la dernière minute.
Le match des Messines à Storhamar sera finalement diffusé sur beIN Sports, samedi (18h00). Celui des Brestoises le sera sur HandballTV, la plateforme de streaming de la Fédération française de handball. Un accord conclu in extremis entre la FFHB, l'EHF et beIN Sports, "diffuseur historique du handball" français d'après Philippe Bana — le patron du hand tricolore —, a finalement permis d'éviter l'écran noir. Cet accord pour deux saisons vaut également pour les matchs masculins. La semaine prochaine, Nantes et le PSG disposeront de leur créneau sur la chaîne payante, quand le déplacement de Montpellier à Bucarest sera diffusé sur HandballTV.
Depuis 2020, Eurosport détenait les droits exclusifs de diffusion des compétitions européennes de clubs (Ligue des champions et Ligue européenne EHF), masculines et féminines, pour six saisons. Ce contrat arrivait à échéance à la fin de la saison 2025/2026, laissant la FFHB sans diffuseur identifié à l'approche de la nouvelle saison. Les clubs français avaient pourtant joué les premiers rôles sur la scène européenne la saison passée, surtout chez les femmes, avec deux clubs dans le Final Four de la Ligue des champions — Metz et Brest —, et un autre, Dijon, vainqueur de la Ligue européenne.
La FFHB mise gros sur HandballTV
L'inquiétude était encore réelle il y a quelques jours. "Ca fait chier, c'est nul ! C'est encore un pas en arrière pour le handball féminin", avait lâché l'internationale française Chloé Valentini, capitaine de Metz Handball, lors de la journée de rentrée à la Maison du handball à Créteil. Elle avait alors reçu le soutien total de son président Thierry Weizman, dont la position a changé depuis l'annonce de l'accord de diffusion. "Je suis très satisfait de cette issue", a-t-il assuré à franceinfo: sport.
Philippe Bana refuse pourtant de présenter cet accord comme une solution improvisée. "C'est un plan A sur lequel on travaille avec la LNH (Ligue nationale de handball) et la LFH (Ligue féminine de handball) depuis plus de six mois", affirme-t-il à franceinfo: sport. La Fédération entend se poser "en garant de la diffusion et de la notoriété de nos clubs de handball qui gagnent".
"C'est aujourd'hui très commun que les diffuseurs ne souhaitent plus payer de droits ou alors avec des montants très très bas", développe Christophe Lepetit, économiste du sport au CDES (Centre de droit et d'économie du sport) de Limoges. "D'autant plus sur des produits de complément comme la Ligue des champions de handball et certaines compétitions féminines domestiques, comme La Boulangère Wonder League en basket".
Pour Christophe Lepetit, c'est un projet qui contente la majorité : "l'EHF a intérêt à ce que ses compétitions soient visibles", "la Fédé s'associe avec un média premium de référence" et "les fans de handball ont la possibilité de voir tous les matchs qui les intéressent". Reste que le montant de l'opération n'a pas été communiqué, même si Philippe Bana affirme qu'il se chiffre "en millions d'euros".
Moins dépendre du marché des droits TV
La plateforme, qui n'est pour l'instant disponible qu'en ligne (OTT), compte environ 100 000 comptes mais seulement 20 000 abonnés payants. Le patron de la FFHB espère multiplier le nombre d'abonnés à HandballTV par cinq. Un tarif spécial de 47 euros par an est disponible pour les licenciés. De quoi "récupérer de la donnée monétisable", estime le spécialiste de l'économie du sport. "Le hic éventuel, c'est que la Fédé va devoir faire une grosse communication, ainsi que l'ensemble des clubs pour préciser que les matchs sont visibles sur HandballTV et expliquer comment y accéder", détaille Christophe Lepetit.
"L'avantage de la télévision est que c'est un produit d'habitude. Là où les fans de handball vont devoir chercher et payer en plus pour voir leurs équipes."
Christophe Lepetit
à franceinfo: sport
Un obstacle qui n'en est pas un pour Philippe Bana puisqu'il assure à franceinfo: sport que "des discussions sont en cours à ce sujet". HandballTV, qui existe depuis 2022, a vocation à s'installer durablement dans la diffusion des matchs de handball français. La plateforme dispose déjà des droits de tous les championnats nationaux professionnels, ainsi que de ceux des équipes de France, co-détenus avec des médias grand public. "Aujourd'hui, notre plateforme est aussi un bon observatoire de la consommation média de notre sport. Nous avons de belles locomotives comme Brest, Metz, le PSG, Nantes, Montpellier, ainsi que l'équipe de France", se satisfait Philippe Bana.
La production est assurée par la fédération européenne, "ce qui a fait l'objet de très très longues négociations avec l'EHF et beIN car c'est un fonctionnement nouveau", précise Philippe Bana. Cela permet de limiter les coûts du côté des deux co-diffuseurs et de se concentrer sur les commentaires, les sujets inside dans les clubs et les interviews de joueurs et de joueuses. "Cela permet aussi aux ayants droit que sont les fédérations et les ligues de prendre leur destin en main sur leur diffusion et donc d'être moins tributaires des aléas du marché des droits TV", précise Christophe Lepetit. Au point d'ériger ce projet en modèle pour l'avenir ?
"Il reste quand même le problème de la monétisation", pour l'économiste du sport. Lui le voit plutôt en complément d'une diffusion grand public gratuite ou payante. "Quand un championnat comme la Ligue 1 n'a pas de diffuseur aux Etats-Unis par exemple, je vois l'intérêt de lancer une plateforme OTT, dans une logique de complément sur les marchés émergents, développe-t-il. Pour les sports qui n'ont pas de couverture TV, ça permet d'éviter l'écran noir et d'avoir une forme d'accessibilité que la technologie aujourd'hui rend possible. Attention à la qualité de la production, les acteurs ont tous intérêt à y mettre des moyens".
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
HandballTV multipliera son nombre d'abonnés payants par cinq grâce au tarif spécial de 47 euros par an pour les licenciés et à la diffusion des matchs européens.
Possible · Within months
La FFHB continuera à développer HandballTV comme plateforme principale de diffusion des matchs de handball français, réduisant sa dépendance aux diffuseurs traditionnels.
Likely · Within years
Open Questions
- Quel est le montant exact de l'accord entre la FFHB, l'EHF et beIN Sports ?
- HandballTV parviendra-t-elle à multiplier son nombre d'abonnés payants par cinq comme espéré par Philippe Bana ?
- Quel sera l'impact à long terme de ce modèle de diffusion sur la dépendance des fédérations sportives aux diffuseurs traditionnels ?





